‹ Les campagnes des armées françaises (1792-1815) [microform]Chapitre 29 sur 73 · LYON, TOULON ET LA VENDÉE · texte numérisé non relu

LYON, TOULON ET LA VENDÉE

ville. Pendant qu'ils se morfondaient devant la place, l'avant-garde des Mayençais, avec Marigny, les inquiétait et menaçait de leur couper toute retraite. Alors commença Tagonie de l'armée royale. Sans autre but que de fuir les coups des républicains, les Vendéens se précipitèrent vers La Flèche (8 décembre) ; ils faillirent y rester ; le pont sur le Loir était coupé ; les républicains les canonnaient et les fusillaient sans relâche. ^Enfin cette foule elïarée parvint à traverser la rivière ; La Rochejaquelein la conduisit rapidement vers LeMans,dansrespoir de lui donner du repos et de la remettre en ordre (10 décembre}. Mais la crise dernière approchait. Marceau, Kleber et Westermann suivaient à la piste l'armée vendéenne ; ils entourèrent Le Mans ; les Vendéens épuisés ne se gardaient guère ; le 12, trois colonnes républicaines fondirent sur eux. A peine La Rochejaquelein putil défendre les abords de la ville; les républicains y pénétrèrent de toutes parts ; les royalistes s'enfuirent vers Laval; mais la foule errante qui suivait l'armée ne put sortir si vite du Mans: elle y tomba presque tout entière sous les coups des républicains (13 décembre); 15,000 morts remplirent les rues et les places. Les lamentables débris de l'armée royaliste, suivis de près et sabrés par Westermann, gagnèrent Laval. Los chefs résolurent de tout faire pour repasser la Loire : ils n'avaient plus, disait La Hochejaquelein, « que cette ressource, ou la guillotine ». Ce fut la guillotine, ou la noyade, ou la fusillade, pour le plus grand nombre de ces malheureux. Suivis de près par Marceau et Kleber, ils vinrent s'échouer sur les bords de la Loire à Ancenis ; quelques-uns seulement et parmi eux La Rochejacquelein, purent traverser le fleuve ; les autres furent encore rejetés sur Xort et Blain. Fleuriot commandait ces bandes désespérées, diminuées chaque jour par les rafles de prisonniers que faisait Westermann. Fort peu s'échappèrent sous des déguisements ; le reste, environ 15,000 individus, finit par errer dans l'impasse entre la Loire et la Vilaine, au milieu des

marais de Savenay (21 décembre). C'est là que, traqués de toutes parts, ils furent rejoints par Marceau et Kleber. Le surlendemain commençait une lutte sans pitié, dont l'issue ne fut pas longtemps douteuse. Les débris de l'armée royale furent exterminés. 2,000 hommes seulement périrent les armes à la main ; les autres, chassés dans les forets et dans les marécages, pris comme au filet, périrent sous le feu des pelotons d'exécution, ou à Nantes sur les échafauds de Carrier et dans les noyades de la Loire. Ainsi finit la grande guerre de la Vendée. Elle avait été souillée chez les deux partis par des traits d'abominable cruauté ; elle avait aussi révélé de part et d'autre, c4^ez les brigands comme chez les patriotes, un courage et une abnégation sans exemple. C'était bien « une guerre de géants », non par la grandeur des conceptions stratégiques, mais par l'héroïsme individuel des combattants.

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