‹ Les campagnes des armées françaises (1792-1815) [microform]Chapitre 31 sur 73 · LONATO - CASTIGLIONE · texte numérisé non relu

LONATO - CASTIGLIONE

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Carie n° 4. — Tourcoing, Flcurus, Monlcnollc-Mondovi, Lonalo-Casli-^liont

Mouscron; aux xVnglais du duc d'York de se porter sur Roubaix et Croix; à Tarchiduc Charles de se dirio^er de

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Saint-Am-uid sur Lille, et de masquer la division Bonneau, postée à Lille. Dans le même temps, Clerfayt devait passer la Lys à Werwick et tomber sur les derrières des républicains. Ce plan, disait Mack, était combiné la carte a la main : mais il reposait sur une double hypothèse fort périlleuse, celle de l'immobilité de l'ennenii, et celle de l'arrivée exacte de tous les corps au point de rendezvous. Or, les deux hypothèses se trouvèrent fausses, comme les Autrichiens auraient pu s'v attendre.

Du coté français, la direction était énergique et éclairée. Pichegru planait sur les opérations plutôt qu'il ne les conduisait ; il était absent le jour de la bataille de Tourcoing, mais ses divisionnaires, Souham et Moreau, le remplacèrent avec avantage. Ils avaient cru d'abord que la principale menace était du côté de Clerfayt, sur la Lys ; à la nouvelle de la marche des alliés sur l'Escaut, ils prirent rapidement leurs dispositions. Moreau se chargea de contenir Clerfayt derrière la Lys; Souham, homme d'action ardente, résolut de tomber, le 18 au matin, sur les Hanovriens qui avaient occupé, le 17 au soir, Tourcoing et Watrelos ; mission fut donnée à Bonneau, à Lille, de prendre ses sûretés vers sa droite contre Tarchiduc Charles, et d'attaquer le duc d'York à Roubaix et à Croix : si bien que pour la bataille du 18 mai, les alliés aventurés au cœur des positions françaises étaient presque cernés.

Dès le petit jour, Souham attaqua avec impétuosité Tourcoing et Watrelos, où il rencontra une énergique résistance chez les Hanovriens et les Hessois. Sa supériorité numérique et la dispersion des alliés lui assurèrent la victoire. Bonneau, après avoir laissé vers Fiers une division pour contenir Farchiduc Charles, se précipita avec 18,000 hommes vers Lannov, Croix et Roubaix sur les Anglais du duc d'York, dont la surprise fut extrême, car ils se croyaient couverts du côté de Lille. Eux aussi résistèrent longtemps : mais les progrès de Souham vers Tourcoing leur firent craindre d'être enveloppés; la

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(lomoralisntiori Ips guo-na, leurs raiios flottèrent, et ils s enfuirent vers Tournav en jetant leurs armes. Dès onze heures du matin, tout le centre des alliés pliait : leurs affaires ne pouvaient être réparées que par l'arrivée de leur extrême droite, sous Clerfayt, et de leur extrême gauche, sous Charles : ni l'une ni l'autre ne parurent. Clerfayt, dont la position était trop excentrique, ne put passer la Lvs, à Werwick, que le matin du 18 mai, et Moreau le tint énergiquement en bride ; Charles, posté a Cheraing, demeura dans la plus étrange immobilité jnsqii a quatre heures après midi, et «c se mit en marche que lorsque la bataille était perdue sans retour. Ainsi échoua le plan savamment médité par Cobourg et par Mack : la bataille de lourcoing coûtait aux alliés 3,000 hommes et 00 pièces de canon ; elle coûta h Mack son poste de chef d'état-major, et habitua le gouvernement de Vienne à considérer les affaires de Belgique comme désespérées.

Cependant Tarmée française du Nord ne tira aucun profit immédiat de son succès. Pichegru perdit même une partie de 1 avantage moral, en engageant imprudemment le corps de Macdonald à Pont-a-Chin (22 mai) ; les alliés profitèrent de l'attaque décousue des Français et les battirent. Pichegru renonça dès lors à entamer la grande armée des alliés, et, fidèle au programme de Carnot se retourna vers la Flandre maritime. Il mit le siège devant ;ipres En vain Clerfayt lutta pour dégager cette place : Il fut battu le 13 et le 14 juin à Iloogfède ; le 17, Ypres capitulait, le généralissime autrichien n'avait fait aucun eflort pour la sauver. Convaincu qu'il n'y avait plus rien a faire vers la Flandre, Cobourg se détermina, après la prise d \pres, à se porter sur la Sambre.

Sur les bords de cette rivière les Français continuaient

a lutte sans relâche et sans découragement, comme sur

le Khin en décembre 1793, aguerrissant leurs troupes à

chaque nouvel échec, sûrs de réparer leurs pertes au

décuple par la continuelle arrivée des renforts. Jourdan

avec l'armée de la Moselle, après avoir fait en avril une tentative sur le Luxembourg belge, arriva le 30 mai à Dinant sur la Meuse. Là il reçut l'ordre de Carnot, du 27 mai, de se joindre à l'armée des Ardennes pour assiéger Charleroi. Cette jonction porta à 70,000 combattants le chiffre des troupes opérant sur la Sambre. Le comité les réunit sous les ordres de Jourdan, et leur donna le nom d'armée de Sambre-et-Meuse (4 juin]. Du reste, le plan de campagne ne changea pas et Jourdan, toujours assisté ou plutôt surveillé par Saint-Just, dut, comme ses prédécesseurs, passer la rivière et s'emparer de Charleroi, après l'intervalle strictement nécessaire au repos de ses troupes et à l'organisation de la nouvelle armée.

Le 12 juin, les Français franchirent donc la Sambre sans plus de difficulté qu'à l'ordinaire, et Jourdan, après avoir investi Charleroi, disposa ses troupes en un vaste cordon défensif de Trazégnies à Lambusart, sans se dissimuler la fragilité de cette longue ligne partout trop faible pour résister à un ennemi déterminé. Aussi voulutil prendre les devants contre les Impériaux du prince d'Orange, successeur de Kaunitz. Ces derniers sentaient de leur côté la nécessité de l'attaque, et les deux armées prirent une offensive presque simultanée (16 juin). Les Français, qui avaient marché les premiers, eurent quelques succès à la faveur du brouillard. Mais lorsque celui-ci se leva. Orange vit la faiblesse de la ligne française et résolut de l'enfoncer sur un point. Il choisit Lambusart et s'y logea malgré l'opiniâtre résistance de Lefebvre. Le reste de l'armée française, menacé d'être coupé, était hors d'état de se maintenir sur la rive gauche de la Sambre : Jourdan se retira par le pont de Marchienne, sans poursuite sérieuse de la part des Autrichiens.

Saint-Just ne donna pas à Jourdan un instant de répit : il le somma de repasser la Sambre tout de suite. C'était la sixième fois (18 juin); les Français reprirent aisément leurs positions du IG, car le prince d'Orange, cruelle-

ment éprouvé, s'était replié pour attendre la grande armée de Cobourg. De Trazégnies à Gosselies et de Gosselies h Fleurus, l'horizon était vide d'ennemis, ce qui fit croire à Saint-Jiist que tout danger était écarté, et lui donna l'idée d'envoyer au secours de Pichegru la division de Kleber. Il y renonça heureusement sur l'avis de Jourdan. Il tourna son attention vers Charleroi, pressa avec vivacité la reddition de la place et menaça la garnison de la passer au fd de Tépée, si elle ne se hâtait de capituler. Le commandant de Charleroi voulait discuter et poser ses conditions : « Ce n'est pas un chidon de papier qu'il nous faut, dit Saint-Just avec hauteur, c'est la place )) ; le commandant ellVayé se rendit à discrétion, le soir du 25 juin, lorsque paraissaient vers Fleurus les têtes de colonne de la grande armée de Cobourg, qui venait enfin, un jour trop tard, au secours de Charleroi. La prise de cette ville permit à Jourdan d'utiliser le corps de siège pour la bataille du 26 juin. 11 prit à peu près les mêmes positions que le 16, formant une demicirconférence d'un développement immense, appuyée sur les deux extrémités à la Sambre : la réserve à Fontaine-l'Evèque, Montaigu et Kleber vers Trazégnies et en avant de Jumet, Morlot à Gosselies, Championnet à Heppignies, Lefebvre de Wagné à Campinaire avec des avant-postes vers Fleurus, Marceau a Lambusart. De son côté Cobourg, suivant ses errements ordinaires, résolut d'attaquer partout à la fois : il forma cinq colonnes olleiisives ; cependant il renforça surtout celle de Beaulieu, chargée d'opérer à la droite des Français, sur ce point de Lambusart où l'armée de Jourdan s'était vue le 16 forcée de plier ^

C'est ainsi que la journée de Fleurus fut une série de combats singuliers entre colonnes françaises et autrichiennes, ces dernières donnant leur maximum d'efl'orts aux deux extrémités de la ligne française, pour se glis-

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