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L'ITALIE. BONAPARTE
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Argenteau vint se heurter (11 avril) contre la redoute de Monte-Legino. Klle n'était encore défendue que par Rampon avec la .*J*2® demi-brigade. La 32^ tint avec énergie : les 10,000 hommes d'Argenteau vinrent se briser contre cet obstacle. Cependant Bonaparte prenait rapidement ses dispositions. Dans la nuit du 11 au 1*2, il masse son armée de (^adibone à Altare : Auoereau, à o-auche. mas(jue les troupes de Provera ; Masséna est chargé d'aborder la droite autrichienne à Montenotte. Le 12 avril, les Français attaquent à leur tour : les Autrichiens sont contenus de front à Monte-Legino, pris en écharpe à Montenotte ; ils perdent 1,200 hommes et s'en- i fuient vers Sasello.
Bonaparte ne perd pas une minute. Il faut assurer la séparation des forces ennemies avant l'arrivée de Beaulieu, ([ui est en marche par Acqui pour soutenir Argenteau. Les divisions Masséna et Laharpe poursuivent Argenteau sur Dego (13 avril), et Augereau est chargé, à gauche, de chasser au loin les Austro-Piémontais de Provera. Provera cède les gorges de ^lillesimo, se retranche avec 1,500 hommes dans le château de Cosseria, d'où il fait rouler des blocs sur Augereau et ses soldats. Ceux-ci sont arrêtés un instant : mais l'ennemi manque de vivres, il est obligé de capituler le malin du 14. Le même jour, sur la droite, Masséna et Laharpe s'emparent de Dego et rejettent au loin les faibles débris d'Argenteau. Cependant arrivent les renforts envoyés en toute hâte par Beaulieu : au matin du 15 avril, les Autrichiens profitent du brouillard et surprennent dans De^ro les Français ivres de vin et de sommeil. La division Masséna, demeurée seule à Dego, est fort endommagée. Mais le retour de Laharpe rétablit le combat : les Autrichiens rompus cèdent définitivement Dego, ils s'enfuient sur Acqui. Même succès le 15 sur la gauche : Augereau s'empare de Monte-Zemolo et replie les Piémontais sur leur camp de Ce va.
La ligne ennemie était rompue. Les divisions austro-
sardes, éparpillées, hors d'état de se soutenir dans ce pays coupé de montagnes, avaient été accablées lune après l'autre par le gros des forces de Bonaparte. L'armée française, victorieuse, débouchait de l'Apennin dans les plaines du Piémont. Klle avait déjii tué ou pris 10,000 hommes à ses ennemis.
Bonaparte résolut de laisser les Autrichiens à leur désordre, et d'accabler tout de suite les Sardes pour les forcer à la paix. Déjà Augereau rejetait sur le camp de Ceva les avant-postes de Colli. Les Français prenaient leurs dispositions pour tourner leurs ennemis, lorsque Colli évacua Ceva (17 avriL, et s'arrêta dans un poste plus fort, derrière la Cursaglia, à Saint-Michel, sur la route de Mondovi. Il n'était pas facile d'aborder de front ce fossé de la Cursaglia grossie par la fonte des neiges. Augereau l'essaya en vain (19 avril). Il fallait pourtant passer coûte que coûte ; il ne fallait à aucun prix laisser l'ennemi revenir de son émoi. Ordre était donné d'attaquer la Cursaglia à outrance, lorsque les Piémontais évacuèrent Saint-Michel, se replièrent sur Mondovi, avec l'espoir de s'y retrancher. Ils n'en eurent pas le temps. Bonaparte les poursuivit sans perdre une heure, écharpa leur arrière-garde, leur tua 1,000 hommes et s'empara de Mondovi (22 avril). Il s'avançait à grands pas sur la route de Turin. Le roi de Sardaigne cfiVayé demanda à poser les armes, fort à temps pour Bonaparte, car Beaulieu faisait mine de sortir d' Acqui. Bonaparte exigea et obtint les places de Coni, Ceva, Tortone et Alexandrie, et des routes d'étapes. A ces conditions fut signé l'armistice de Cherasco (28 avril . Le Piémont devenait une base d'opérations contre Beaulieu.
Libre du coté des Sardes, Bonaparte se jette sur la Lombardie. Son vieux, brave et indécis adversaire. Beaulieu, persuadé que les Français déboucheront de front et passeront le Po vers Valenza, se retranche tout bonnement derrière la Cogna, une des multiples barrières parallèles de la Lombardie. Bonaparte, après une courte
hésitation, le laisse s'y morfondre et se porte rapidement M.adela. 1 débouchera ainsi au cœur de la Lombardie
e 7e.::/V:r'' ''?""■"■"' ■■ •'•"'•••• ^'^ «lances t Fn,». s L: 7^ • '%f- "^^ '''''''^'' '^"'■'^ées porte les crantais le 7 mai a Plaisance. Quoique tous les bateaux
ass'e 'lci:;T"*r'""^"'l''''^' ••^P"-""- -* '■"-é-ne t assez lent. Sur la r.ve gauche, Bonaparte écrase à Fom-
b.o un corps autrichien envoyé en llanqueur par Bea Zu
a m .;ire".'.ux rr-'^"' ""'"' *^" '"'"' ''-'^^^ P-r couper id leticiite aux Autrichiens. ^
Déjà il est trop tard. La lenteur du passao-e du Po -,
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a Lassano et a Lodi ; pour arrêter la marche de Bon-i-
ffid'..' ïr»''"-''-' ^' g-"- ^'artillerie les bo'ls 1 in nânV '""*' «'""tinue la retraite sur Crema les
10,000 hommes laissés à J.odi ne coupent pa ïe pont
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p<utout, s emparent des canons et clouent les Autrichiens sur leurs pièces 10 mai). Beaulieu se replie sui le \ i cio. La Lombardie est conquise ; Bonaparte f-iit n \f;i une entrée triomphale (IG Jnai) il a^;": ^e ' t li^ '" la liberté ; ,1 rançonne le duc de Modène, en a end. nt d en faire autant aux autres princes italiens ; la iS,". tion marche du même pas que l'armée victor euse Cependant Beaulieu n'est pas encore expulsé d'If.lie
ch",sr":r"/,°"n'""'"' '^ P'-'^P^-- >• '-"on 'a Chasse, ,1 reçoit du Directoire l'injonction de partiirer
son commandement avec Kellerniann. Mais es résolu
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choses, il agit en maître. Il réprime avec une énergie inexorable les révoltes des paysans lombards, fait fusiller les chefs de la rébellion de Pavie, brûle le village de Binasco. Puis il marche sur Beaulieu, retranché derrière le Mincio. Le passage de la rivière est forcé à Borghetto (30 mai), et Beaulieu affaibli, presque détruit, repasse l'Adige, rompt les ponts et se retire dans le Tyrol. Avant de partir, il a jeté vingt bataillons dans Mantoue, la clef de l'Italie du nord, forte par sa position dans les marais du Mincio. Bonaparte sent qu'il ne sera jamais maître de l'Italie, si d'abord il n'a pas Mantoue. D'autre part, sa rapide marche en avant l'oblige h partager sou attention et à songer à l'Italie méridionale. Il fait donc investir Mantoue par Serrurier ; il tache de se délivrer provisoirement de toute inquiétude vers le sud de l'Italie : il signe un armistice avec Naples, terrifie la cour de Rome en envoyant la division d'Augereau sur Bologne, et lui impose aussi un armistice (24 juin). Il reporte alors toute son attention sur Mantoue. Mais en vain la fait-il bombarder à boulets rouges : il a peu de moyens de siège, et les assiégés tiennent ferme, soutenus par l'espérance d'un prochain secours.
Le cabinet de Vienne était résolu à tout faire pour garder l'Italie. Tant que Mantoue n'était pas prise, il ne regardait pas l'Italie comme perdue. La conservation de la vallée du Pô était donc attachée à la délivrance de Mantoue. Toute la guerre tournera désormais autour de cette place. Les Autrichiens étaient hypnotisés par Mantoue, qu'ils ne pouvaient délivrer ; Bonaparte était enchaîné par la nécessité de s'emparer de M-uitoue, et il ne pouvait la prendre.
L'Autriche appela en Italie Wurmser pour remplacer Beaulieu. C'était remplacer un vieux général par un autre également vieux, aussi brave dans l'action et aussi mal inspiré dans ses plans. Ces représentants de la vieille stratégie venaient à tour de rôle aider au triomphe de la nouvelle.
Wurmser trouva les débris de Beaiilieii à Trente et à Roveredo, les renforça et les porta à 00,000 hommes. Il projeta de descendre vers Mantoue par les hauteurs du Monte-Baldo et de liivoli, entre l'Adige et le lac de Garde ; son lieutenant Quosdanovich devait suivre la rive opposée du lac et marcher vers Brescia, pour couper les communications des Français avec Mihm. Ce plan faillit réussir, non par sa valeur, mais par la supériorité numérique des Autrichiens sur les Français.
Loisque Wurmser se mit en marche le 29 juillet, l'armée française, airaiblie par le détachement du blocus de Mantoue, était é[)arpillée en un long cordon de Salo h Vérone et à Legnago, car Bonapaite ignorait le point sur lequel rennemi iiait déboucher. Du reste, l'irruption soudaine des Autrichiens le surprit. Le 30, ^^'urmser perça la ligne française partout trop faible ; Masséna évacua Monte-Baldo et llivoli ; à gauche Quosdanovich s'empara de Salo, bhxpia un bataillon français dans une vieille maison, surprit Brescia. Le péril était grand, car la principah' colonne des Autiichiens s'avançait victorieuse sur Mantoue, et leur colonne auxiliaire allait couper la route de Lombaidie.
Pour la premier»' fois, Bonaparte se troubla et hésita. Il passa par des alternatives de découragement et de confiance : tantôt il songeait à reculer derrière l'Adda ; tantôt il croyait pouvoir continuer le siège de Mantoue et garderies d;Mi.\ rives du Mincio, ce qui eut sûrement amenésa ruine. Heuieusement Tennemilui laissa le temps de la réflexion, et il se rassura en voyant la ferme contenance de ses ofliciers et de ses soldats. Auocreau surtout protestait et jurait qu'il ne reculerait pas. Bonaparte se décida à lever le siège de Mantoue, à sacrifier toute la grosse artillerie réunie contre la place, à réunir toutes ses forces et à tomber sur Quosdanovich. Il compta qu'il aurait le temps de l'accabler avant d'être joint par le processionnel Wurmser. Ensuite, il reviendrait écraser ce dernier. 11 fit donc marcher (31 juillet)
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toutes ses divisions au delà du Mincio, sur Quosdanovich \
Comme toujours, le plan de Bonaparte fut servi par ses ennemis. Sur son ordre, la division -française de Sauret s'était glissée le long du lac, vers Desenzano, et avait délivré le bataillon qui s'était maintenu à Salo. Il suffit de ce mince incident pour que Quosdanovich, inquiet sur ses communications, s'arrêtât court au lieu de chercher à joindre Wurmser (31 juillet). 11 recula et fit réoccuper Salo. Ce répit donna de l'air à Bonaparte sur la rive droite du ^lincio. Toutes les minutes étaient précieuses, car Wurmser pouvait arriver. Augereau fut laissé en arrière pour l'arrêter à Castiglione ; avec le reste de ses forces, Bonaparte se porta sur Lonato, s'étendit par sa droite jusqu'au lac de Garde vers Desenzano. Quosdanovich, de son côté, recommençait ii aller de l'avant. Les Français et les Autrichiens se heurtèrent à Lonato (3 août). Masséna rompit l'ennemi et le chassa de Lonato, et Bonaparte lui fit barrer le chemin le long du lac de Garde. Les Autrichiens avaient perdu 3,000 hommes et avaient résisté avec acharnement. Mais ils étaient épuisés et découragés, et Quosdanovich se décida à se retirer, le 4, vers les montagnes du Tyrol. Débarrassé de cet adversaire, Bonaparte fit volte-face du côté de A\ urmser.
Cependant, Wurmser avait laissé passer les heures. Il n'avait pas su résister au plaisir de faite un crochet vers Mantoue et d'y entrer solennellement. Dès le 31 juillet, en descendant sur Mantoue, il était informé de la lutte engagée vers le lac de Garde; il avait pu voir, au loin, la poussière des premiers combats à Salo et à Lonato ; cela ne l'avait pas déterminé à tout faire pour joindre de suite son lieutenant. Le 2 août, il marcha avec prudence vers le Mincio et poussa son avant-gaide au delà de la rivière, jusqu'à Castiglione. Ce poste fut enlevé par la faute d'un poltron qui, en voyant approcher les premières vedettes,