Voir la carte 4, p. 7G
Yallalx. 7
Wurmser trouva les débris de Beaiilieu à Trente et h Roveredo, les renforça et les porta à GO, 000 hommes. Il projeta de descendre vers Mantoue par les hauteurs du Monte-Baldo et de Uivoli, entre 1 Adige et le lac de Garde ; son lieutenant Quosdanovich devait suivre la rive opposée du lac et marcher vers Brescia, pour couper les communications des Français avec Milan. Ce plan faillit réussir, non par sa valeur, mais par la supériorité numérique des Autrichiens sur les Fiançais.
Lorsque Wurmser se mit en marche le 29 juillet, Tarmée française, affaiblie par le détachement du blocus de Mantoue, était éparpillée en un long cordon de Salo à Vérone et à Legnago, car Bonaparte ignorait le point sur lequel Tennemi irait déboucher. Du reste, l'irruption soudaine des Autrichiens le surprit. Le 30, Wurmser perça la ligne française partout trop faible ; Masséna évacua Monte-Baldo et liivoli ; à gauche Quosdanovich s'empara de Salo, bhnpia un bataillon français dans une vieille maison, surprit Brescia. Le péril était grand, car la principale colonne des Autrichiens s'avançait victorieuse sui' Mantoue, et leur colonne auxiliaire allait couper la route de Lombaidic.
Pour la piemièrc fois, Bonaparte se troubla et hésita. Il passa par des alternatives de découragement et de confiance : tantôt il songeait à reculer derrière FAdda ; tantôt il croyait pouvoir continuer le siège de Mantoue et gardci' les d:'u\ rivos du Mincio, ce cpii eut sûrement amené sa ruine. Heureusement renncmi lui laissais temps de la réflexion, et il se rassura en voyant la ferme cont<'nanee de ses ollieieis et de ses soldats. Ano-i^-eau surtout protestait et jurait qu'il ne reculei'ait pas. Bonapai'te se décida à lever le siège de Mantoue, i\ sacrifier toute la grosse artillerie réunie contre la place, h réunir toutes ses forces et à tomber sur (Quosdanovich. Il compta qu'il aurait le temps de l'accabler avant d'être joint par le processionnel Wurmser. Ensuite, il reviendrait écraser ce dernier. Il fit donc marcher (31 juillet)
L'ITALIE. BONAPARTE
toutes ses divisions au delà du Mincio, sur Quosdanovich*.
Comme toujours, le plan de Bonaparte fut servi par ses ennemis. Sur son ordre, la division -française de Sauret s'était glissée le long du lac, vers Desenzano, et avait délivré le bataillon qui s'était maintenu à Salo. II suffit de ce mince incident pour que Quosdanovich, inquiet sur ses communications, s'arrêtât court au lieu de chercher à joindre Wurmser (31 juillet). Il recula et fit réoccuper Salo. Ce répit donna de l'air à Bonaparte sur la rive droite du Mincio. Toutes les minutes étaient précieuses, car Wurmser pouvait arriver. Augereau fut laissé en arrière pour l'arrêter à Castiglione ; avec le reste de ses forces, Bonaparte se porta sur Lonato, s'étendit par sa droite jusqu'au lac de Garde vers Desenzano. Quosdanovich, de son côté, recommençait à aller de l'avant. Les Français et les Autrichiens se heurtèrent h Lonato (3 août). Masséna. rompit l'ennemi et le chassa de Lonato, et Bonaparte lui fit barrer le chemin le long du lac de Garde. Les Autrichiens avaient perdu 3,000 hommes et avaient résisté avec acharnement. Mais ils étaient épuisés et découragés, et Quosdanovich se décida à se retirer, le 4, vers les montagnes du Tyrol. Débarrassé de cet adversaire, Bonaparte fit volte-face du côté de Wurmser.
Cependant, Wurmser avait laissé passer les heures. Il n'avait pas su résister au plaisir de faire un crochet vers Mantoue et d'y entrer solennellement. Dès le 31 juillet, en descendant sur Mantoue, il était informé de la lutte engagée vers le lac de Garde; il avait pu voir, au loin, la poussière des premiers combats à Salo et à Lonato ; cela ne l'avait pas déterminé à tout faire pour joindre de suite son lieutenant. Le 2 août, il marcha avec prudence vers le Mincio et poussa son avant-garde au delii de la rivière, jusqu'à Castiglione. Ce poste fut enlevé par la faute d'un poltron qui, en voyant approcher les premières vedettes,