‹ Les campagnes des armées françaises (1792-1815) [microform]Chapitre 37 sur 73 · Voir la carte 4, p. 7G · texte numérisé non relu

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crut voir toute rarméc ennemie. Mais rAutrichien Liptay ne parvint pas à s'installer à C.astiglione : Augereau l'en chassa le 3 août, malgré la chaleur écrasante. Wurmser se montra enfin pour soutenir Liptay. De son coté, Bonaparte revenait sur Castiglione. ^^'urmser n'avait plus que 25,000 hommes ; Bonaparte avait réuni tous ses corps et enjoint à la division Serrurier, ({ui venait cFabandonner Mantoue, d'avancer par Guiddizzolo sur la gauche des Autrichiens. L'équilibre des forces était rompu au profit des Français : Wurmser aurait dû le comprendre et se retirer ([uand il était encore temps. Avec son habituelle irrésolution, il ne sut pas mieux reculer que marcher en avant. Il reçut passivement la bataille devant Castiglione, le 5 août. Il s'établit du mont Medolano à Solférino et voulut peser sur la ofauche des Français, pour s ouvrir un chemin vers Quosdanovich. C'est ce que désirait Bonaparte. Tout en fixant Fattention de Wurmser sur la gauche française, il enlevait la redoute de Medolano, se joignait avec la division Serrurier, la faisait filer par (luiddizzolo ; la cavalerie tondja à San Cassiano sur le quartier général autrichien ; à ce moment précis, Bonaparte ordonna la marche en avant sur toute la lione. En vain, Wurmser voulut faire face des deux cotés ; il perdit 3,000 hommes, 20 pièces de canon, et dut repasser le Mincio. Tout le succès de son expédition se réduisit à l'approvisionnement de Mantoue. 11 fut reconduit vers le Tyrol, Fépée dans les reins; les Français réoccupèrent les bords du lac de Carde et le cours de l'Adige ; les Autrichiens reculèrent jusqu'à Trente.

De nouveau, ^lantoue était investie, mais non assiéo-ée, car Bonaparte avait perdu son parc de siège. La place ne devait céder qu'à la famine.

Immédiatement, le cabinet de Vienne, quoique menacé par Jourdan et Moreau en Allemagne, ordonna de faire une nouvelle tentative pour délivrer Mantoue. On élabora encore un plan de marche concentrique vers le bas Adige. Davidovich, lieutenant de Wurmser, resterait en

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Tyrol avec 20,000 hommes massés autour de Roveredo ; Wurmser, avec 26,000 hommes, se jetterait de Trente dans les gorges de la Brenta et se dirigerait rapidement sur Mantoue en tournant le gros de l'armée française. Pour que ce plan s'exécutât sans danger pour Wurmser il fallait garder Trente et le haut Adige.

Mais, au moment où Wurmser partait de Trente, Bonaparte était en marche pour s'en emparer. Pressé par le Directoire, il voulut essayer la jonction avec les armées d'Allemagne, dont il 'ignorait les revers. C'était trop tôt, puisque Mantoue n'était pas tombée. Aussi la marche en avant s'arrêta vite, dès que Bonaparte entrevit les nouveaux projets des Autrichiens.

La division Masséna avait marché le 3 septembre vers le haut Adige. Le 4, elle enleva au pas de charge San Marco et Roveredo. Davidovich se retrancha dans un défilé extrêmement resserré, à Calliano, où cinquante pas seulement séparaient FAdige d'une muraille à pic. Pourtant, Masséna s'empara de Calliano. La nuit suivante, la division Vaubois se joignit à lui après avoir contourné le lac de Garde. Les Autrichiens, réduits à 5,000 hommes, abandonnèrent Trente sans nouveau combat (5 septembre). A Trente, Bonaparte apprit qu'il n'avait combattu que la moitié des forces ennemies, et que Wurmser venait de disparaître par les gorges de la Brenta. Le général français ne savait au juste si son ennemi se dirigerait vers Trieste ou vers Vérone : mais, sans plus ample réflexion, il résolut de se jeter à sa poursuite le long de la Brenta. Avant de partir, il eut soin de rejeter au'^loin Davidovich. Lui ayant ainsi ôté l'envie de le suivre, et ayant laissé Vaubois en observation, Bonaparte se dirigea à marches forcées vers Bassano. Wurmser connut vite tous ces événements, et persista à marcher sur Mantoue. Toutefois, il sentait bien qu'il aurait à se battre avant dy arriver. Partagé entre ces prévisions et le désir d'exécuter son premier plan, il ne sut s'il devait f\ure face en avant ou en arrière. Son armée était dispersée

sur une longue ligne, la tête h Yicence, le gros h Bassano, l'arrière-garde à Primolano. Il négligea de la concentrer, et fut surpris dans cet état par l'attaque des Français.

Bonaparte avait écrasé au passage de Primolano l'arrière-garde de Wurmser (6 septembre) ; il avait fait vingt lieues en deux jours, quand il se présenta devant Bassano. Le 8 septembre, dès deux heures du matin, les Français étaient en marche, débouchaient au petit jour des gorges de la Brenta et attaquaient à la baïonnette le pont de Bassano. En une demi-heure tout était décidé, la ville était enlevée, les bagages pris avec les canons et 2,000 hommes, le reste fuyait sur Yicence, et le corps de Quosdanovich, coupé du gros de l'armée, se retirait dans le Frioul. Wurmser fut obligé de continuer sa marche sur Mantoue, non en libérateur, mais en fugitif, Béduit h 14,000 hommes, il passa en toute hâte l'Adige à Legnago. f^lncore Bonaparte ne voulait-il pas lui permettre d'atteindre la place, son dernier refuge : il faisait marcher Masséna pour couper la route de Legnago à Mantoue. Mais la pensée que Wurmser tenterait peut-être de s'échapper vers Trieste, ralentit les mouvements de Bonaparte. Les soldats de Masséna, extrêmement fatigués, n'arrivèrent pas h temps sur le chemin de Wurmser (Il septembre}. Echappé à ce péril, le général autrichien courait encore le risque d'être arrêté par la division du blocus. Cette division ne sut pas monter la garde autour de Mantoue, où Wurmser put enfin se jeter le 12 septembre. Aussitôt Bonaparte l'y resserra. Les Autrichiens essayèrent de garder les faubourgs de la Favorite et de Saint-Georges. Ils n'y demeurèrent pas longtemps: Bonaparte entendait les renfermer rigoureusement dans la place: le 15, il fit enlever Saint-Georges par Masséna, et força l'ennemi à évacuer la Favorite. Les Autrichiens rentrèrent à Mantoue, sous le canon de la citadelle. Les opérations de Wurmser n'avaient abouti qu'à augmenter la garnison d'une manière inutile et

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niême funeste, car la consommation s'accrut d'autant. Toutes les sorties furent vaines : Bonaparte sépara complètement Wurmser du monde extérieur. Dès le mois d'octobre, l'armée renfermée dans Mantoue commençait à manger ses chevaux.

Tant d'échecs ne découragèrent pas les Autrichiens. Si démontrée que fût la supériorité militaire de Bonaparte, le cabinet de Vienne compta qu'elle céderait devant le choc répété de nouvelles forces. Il savait que les combats d'août et de septembre avaient fort affaibli les Français, que le Directoire ne leur envoyait que d'insignifiants renforts, que les conquérants estaient toujours menacés d'un soulèvement populaire et de l'hostilité des petits Etats italiens. Contre les 37,000 hommes de Bonaparte, l'Autriche réunit sur la Piave les débris échapfpés à Bassano et des recrues tirées de Hongrie ; elle les mit sous les ordres d'Ahvintzy (26 septembre), qui ne tarda pas à disposer de 45,000 hommes. Ce nouveau chef était de la taille des Beaulieu et des Wurmser. Plus actif et plus ferme que ses prédécesseurs, il était aussi inféodé qu'eux aux vieilles règles. Ses projets se traînent dans la même ornière. Lui aussi divisa ses forces. Il décida de marcher sur Vérone par Bassano, tandis que Davidovich descendrait du Tyrol sur Vérone. La jonction opérée, on irait délivrer Mantoue. Quoique dépourvu d'originalité, ce plan pouvait être dangereux pour Bonaparte, à cause de la supériorité numérique d'Ahvintzy et des sorties que ferait sans doute l'armée de Mantoue.

Les premiers mouvements d'Ahvintzy vers la Brenta dévoilèrent à Bonaparte l'étendue du péril. Il opposa à Davidovich, sur l'Adige, la division de Vaubois, et garda avec lui le gros de ses forces pour attaquer Ahvintzy. Mais dès le premier choc, Vaubois était débordé (3 novembre) par les forces de Davidovich, se retirait sur Calliano, et Bonaparte concevait des inquiétudes pour ses communications. Il essaya, d'un choc vigoureux, de rejeter au loin Ahvintzy. Il attaqua son avant-garde qui

avait passé la Brenta (6 novembre) ; il eut ^rand'peine à la repousser vers Bassano. Aussi comprit-il qu'avec les forces réduites qu'il avait sous la main, il lui était difïicile d'écraser les Autrichiens sur leur front : il ordonna la retraite sur Vérone.

Ahvintzy avait l'apparence d'une première victoire. II continua assez lentement sa marche sur Vérone, en s'étudiant à n'\ pas arriver avant son lieutenant Davidovich. Celui-ci de son coté avait triomphé des troupes de Vaubois. Une terreur panique chez ces dernières lui livra le poste important de Calliano (8 novembre), et Vaubois recula jusqu à Rivoli. La jonction des armées autrichiennes semblait très proche. Bonaparte essaya de l'empêcher en attaquant Alwintzy sur le plateau de Caldiero (12 novembre). Mais les Autrichiens étaient trop bien retranchés ; leurs forces étaient trop-6upérieures ; une tempête du Xord-Est contrariait les efforts de l'armée républicaine ; Bonaparte se replia encore sur Vérone. Cette fois, les choses prenaient une tournure très grave. Il semblait impossible d'arrêter la marche des Impériaux. Heureusement, le mauvais état des chemins, une neige épaisse et la préparation de l'escalade de Vérone retinrent sur place Alwintzy pendant deux jours. Ce répit sauva les Français.

Bonaparte laissa à Vérone, sous Kilmaine, un corps de 3,000 hommes chargé de retarder au moins la prise de la place, et se décida à faire efibrt sur les derrières de l'armée d'Ahvintzy, puisque les attaques de front échouaient toujours. 11 sortit de Vérone dans la nuit du 14 au 15 novembre avec les divisions Augereau et Masséna, descendit la rive droite de l'Adige et le passa à Ronco. Pour atteindre les communications d'Ahvintzy, il avait à traverser des marais sur deux étroites chaussées allant l'une de Ronco à Porcil, l'autre de Ronco à San Bonifacio et Villanova. Cette dernière traversait au pont d'Arcole le torrent de l'Alpone. Bonaparte engagea Masséna sur la première, Augereau sur la seconde. H s'ima-

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ginait passer aisément l'Alpone et surprendre presque sans coup férir les parcs et les équipaofes d'Alwintzv. Il

intzy.

Carie n" G. — Arcole, Rivoli, La Trcbbia et Novi, Engcn et Slokach.

n'avait pas songé que dans ces défdés étroits, entre d'impraticables marais, quelques hommes suHisuient à arrêter une armée.

En effet, à la première attaque du pont d'Arcole la rive gauche de l'Alpone n'était défendue que par quelques compagnies croates et hongroises (15 novembre). J.eur fusillade nourrie hahiya hi chaussée d'Arcole. En vain Augereau entraîna les troupes et s'élanca vers le pont sans Tatteindre ; en vain Bonaparte vouh'it enlever ses soldats comme à Lodi ; après de meurtrières attaques les Français furent rejetés et poursuivis sur la chaussée \ Bonaparte roula dans les marais et faillit être pris 11 fit alors hier Guyeux sur le bas Adige, par Albaredo, pour tourner Aréole. Mais entre temps il était obligé de se retirer jusqu'à Ronco pour reformer ses troupes. Quand Guyeux arriva à sept heures du soir par la rive ga^uche, Il entra hicilement dans Aréole, ne vit au delà de l'Alpone aucune trace de la colonne de Bonaparte et se retira dans la crainte d'une surprise. Masséna, de son coté s était emparé de Porcil, lorsque l'échec de la division Augereau le détermina à se replier.

Cependant, Ahvintzy s'était arrêté au bruit du combat ; il faisait hier dans la nuit de gros renforts sur Aréole et Porcil. Le 16 novembre, d'épais bataillons avaient remplace les compagnies éparses de la veille. Bonaparte n en persista pas moins à s'emparer d'Arcole. Le combat recommença sur la chaussée, acharné, meurtrier, sans résultat, toujours funeste aux agresseurs, qu'ils fussent Autrichiens ou Français. Les Français essayèrent vainement de jeter un pont de fascines sur l'Alpone au-dessous cl Arcole. Bonaparte se décida à faire un pont de chevalets en aval, au confluent de l'Alpone et de l'Adige. Enlin, le troisième jour (17 novembre), pendant qu'on se massacrait encore sur les chaussées, Augereau passait 1 Alpone au confluent et marchait sur Arcole. De ce côté aussi, il fut arrêté par des marais. Bonaparte eut recours a une ruse : il envoya un oflicier et vingt-cinq trompettes iaire un immense détour vers les derrières des Autrichiens : le bruit de ces trompettes simula l'attaque d'un corps considérable ; les Autrichiens troublés hésitèrent-

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les Français profitèrent de leur indécision, les attaquèrent à fond et entrèrent enfin dans Arcole. En mémo temps ^lasséna reprenait Porcil. L'armée d'Alwintzy était brisée. Elle avait perdu 8,000 hommes dans ces sanglantes attaques. Elle se retira vers la Brenta, et les Français, fort maltraités eux-mêmes, renoncèrent à la suivre.

La raison de l'acharnement furieux de Bonaparte est dans les craintes que lui inspiraient les efforts de Davidovich sur l'Adige. Il fallait à tout prix repousser Ahvintzy avant la déroute totale de Vaubois. Mais cette déroute n'eut pas lieu, par la fiuite du général autrichien. Après son succès de Calliano, Davidovich demeura huit jours inactif. Le 16 novembre seulement, il repoussait Vaubois à la Corona, et le 18, il s'avançait jusqu'à Vérone. 11 était trop tard : Davidovich attirait sur lui les forces victorieuses de Bonaparte ; il n'eut que le temps de se replier en toute hâte. De son coté, ^Vurmser ne fit pas au monKMit opportun sa sortie de Mantoue. H ne la tenta que le 23, lorsque tout était fini, et n'aboutit qu'à se faire rejeter dans la place. La petite armée de Bonaparte avait triomphé, non sans peine, de forces bien supérieures en nombre, mais conduites avec lenteur et gaucherie.

Après Castiglione, Bassano et Arcole, le sort de Mantoue et de l'Italie semblait décidé. Le tenace cabinet de Vienne n'en jugea pas ainsi. La résistance acharnée d'Arcole lui donna bon espoir. Bonaparte lui-même disait que c'était une victoire à la Pyrrhns. L'Autriche se décida à faire un suprême effort.

Le malheureux Ahvintzy dut encore affronter les troupes victorieuses de Bonaparte, malgré l'hiver et le découragement général de son armée. Il combla tant bien que mal les vides creusés par Arcole ; il reçut des recrues démoralisées à l'avance. H se décida à changer son plan : il projeta de descendre avec le gros de son armée entre l'Adige et le lac de Garde par le Monte-Baldo et le plateau de Rivoli ; Provera, posté sur la Brenta avec 9,000 hommes, reçut l'ordre de se porter par Pa-

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doue et Legnago sur Mantoiie. C'était le plan de Wurmser avant Castiglione, sauf que la diversion du corps cl armée auxiliaire devrait se faire non à l'Ouest, mais à 1 Est : ce qui ne valait pas mieux. De son coté, Bonaparte avait remplacé à Rivoli Vaubois par Joubert, et replacé ses divisions en cordon autour de Mantoue. Lui-même était a Bologne, quand il reçut la nouvelle de l'attaque des Autrichiens.

Ahvintzy groupa ses forces le 7 janvier 1797, à Roveredo, d'où il se porta sur le Monte-Baldo par des chemins de glace et de neige. Le 11, il partagea ses troupes en six colonnes pour attaquer le Monte-Baldo de front et sur les flancs. 11 n'avait devant lui que la division de Joubert, très inférieure en nombre. Joubert dut céder le terrain, malgré tous les avantages défensifs de sa position. 1 repassa le Tasso et se disposait à abandonner aussi le plateau de Rivoli, lorsqu'il reçut l'ordre de Bonaparte d y tenir ferme. Alwintzy suivit Joubert avec lenteur, le U janvier, et résolut pour le \\ d'envelopper Rivoli comme il avait enveloppé le Monte-Baldo. Quosdanovich dut s avancer à gauche sur les hauteurs de San Marco, dont la prise devait assurer celle du plateau de Rivoli • le centre devait attaquer la ligne du Tasso ; Lusignan suivrait a droite le lac de Garde pour se saisir du Monte- Pipolo. Alwintzy comptait écraser ses ennemis. Qu'il savait peu nombreux^

Mais, le 14, à 2 heures du matin, Bonaparte arrivait à Hivoli ; il annonçait à Joubert que les troupes de Massena le suivaient à marches forcées. Il était temps qu'il arrivât : déjà les avant-gardes autrichiennes avaient pris possession de San Marco. Il prescrivit avant tout de reprendre ce point important. Au lever du jour, la lutte com mençait contre Quosdanovich qui s'efforçait de débou cher du ravin dTncanale snr le plateau de Rivoli, contre Koblos qui voulait garder San Marco, et contre Liptay

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