LA DLFKNSE DES FR(3NTIÈRES
SoMMAiRi:. — I. La situation au coninienceinont de 179.'}. — La coalition générale. — Piemières mesures de défense. — Invasion de Dumouriez en Hollande. — Attaques des Impériaux sur la Beli;ique : eombats d'Aldenhoven et de T(m-res (1"'^— "> mars). — Retour de Dumouriez : défaite de Neerwinden (IS mars). — Evacuation de la Belgique. — Trahison et fuite de Dumouriez {['''-b ayrilî. — Les Prussiens sur Te Rhin ; retraite de Guslinc (lG-30 mars).
— Le Comité de salut public et les représentants en mission, — Lenteur des Autrichiens ; le camp de Famars; mort de Dampierre (mai). — Inertie des Prussiens. — Coup d'État du 1 juin. — Siège et prise de Mayence (avriljuillet). — Prise de Condé et de Valenciennes (l'i-iS juillet) — Exécution de Custin(>. — La guerre aux Alj)es et aux 1*\ rénées.
II. Danger delà France. — Hésitations et divisions des alliés. — Carnet au Comité de salut public (14 août). — La nouvelle tactique et les jeunes généraux. — Siège de Dunkerque par les Anglais. — Houchard et l'armée du Nord : Hondschoote (8 septembre) ; panique de Menin ; exécution de Houchard.
— Siège de Maubeuge par Cobourg. — Carnot et Jourdan : Wattignies (Inlôoctobre); déblocus de Maubeuge. — La guerre sur le Rhin : blocus de Landau; échec des Français à IMrmasens (14 septembre). — Prise des lignes de \\ issembourg (13 octobre). — Hoche à l'armée de la Moselle, Pichegru à l'armée du Rhin. — Ivaiserslautern (\?8-:i0 novembre). — Reichshotten et Nledcrbronn (9 décend)re). — Wœrth ('i-2 décembre). — VVissend)ourg (^(i décend)re). — Déblocus de Landau. — Guerre sur les Alpes. — Défaites sur les Pyrénées. — Vue d'ensemble sur la campagne de lliV-i.
Aux premiers jours de 93, la situation se dessine, nette et menaçante. Par l'exécution deLouisXVl, la Révolution «jette en défia toutes les nations une tête de roi ». Elle se met hors la loi européenne, elle prend même l'initiative des ruptures : le i"'' février, guerre à l'Angleterre, le même jour, guerre à la Hollande; le 7 mars, guerre à r Espagne, le tout voté par la Convention sans déhat ni fièvre, comme une conséquence prévue de la situation anormale oii l'on était placé. A la guerre continentale s'ajoutait la guerre maritime.
Sur le continent, les seuls adversaires capables de porter à la Révolution le coup de mort étaient ceux de 92, l'Autriche et la Prusse. I/Autriclie avait été surprise aux Pays-Bas par l'invasion de Dumouriez, parce qu'elle avait cru la Révolution incapable d'attacjner ; la Prusse avait subi sa déconvenue de Champag-ne, parce ([u'elle avait cru la Révolution incapable de se défendre, f/uneet Tautre, assaefies par l'expérience, se proposaient de recommencer la guerre avec des ressources supérieures, hlles visèrent h concerter leurs eftorts, ce cpii était le vrai moyen de dompter la France : mais heureusement pour cette dernière, leur accord, des les premiers jouis, fut plus apparent que réel. Rrunswick s'entendit à Fiancfort avec le généralissime autrichien, leprinced(;(]ol)()urgi 1 \ février). Celui-ci avait pour mentor le colonel Mack : ils étaient tous deux des stratégistes de tradition h la manière autrichienne; prudents jusqu'il Thésitation, attentifs jusqu'à la minutie, ils avaient pour objectif, non d'anéantir l'ennemi, mais de le déloger de ses positions ; leur horizon militaire était étroit, et leur guerre n'était qu'un puéril jeu d'échecs où ils semblaient craindre de s'engager à fond : défauts (jui furent ceux de la coalition entière. A Francfort, Cobourg et Brunswick convinrent seulement, le premier de reprendre les Pays-Bas, le second de reprendre Mayence. Cependant, malgré leur circonspection routinière, les Autrichiens et les Prussiens allaient être, pour les Français, de rudes adversaires. Leurs armées étaient braves, solides, et non découragées : les Prussiens n'avaient pas été vaincus ; les Autrichiens n'avaient cédé qu'au nombre. Les maladresses révolutionnaires devaient assurer aux uns et aux autres, aux Pavs-Bas et sur les bords du Rhin, la bienveillance ou la neutralité' des pcq^ulations. L'or de l'Angleterre payerait les frais de la guerre. Tout s'organisait pour une lutte à mort contre les sans-culottes étourdiment aventurés sur le Rhin et sur la Meuse.
Ceux-ci avaient vite perdu leur élan de 92 et la con-