‹ Les campagnes des armées françaises (1792-1815) [microform]Chapitre 7 sur 73 · LA DÉFENSE DES FRONTIÈRES · texte numérisé non relu

LA DÉFENSE DES FRONTIÈRES

fiance due à leurs faciles succès. Les armées de Dumouriez et de Custine, hâtivement organisées, aventurées trop loin de leur base d'opérations, mal vêtues, mal nourries, s'abandonnaient à une indiscipline pillarde et se dissolvaient avec une rapidité effrayante. GO, 000 volontaires avaient repris le chemin de l'intérieur ; les fonds manquaient ; les généraux assiégeaient l'incapable ministre Pache de leurs plaintes et de leurs réclamations ; le comité des achats installé en décembre avait gaspillé 200 millions pour rhabillement, et les troupes étaient en haillons. La Convention s'émut enfin de ce désordre. Dès le commencement de janvier, elle avait établi un comité de défense générale : celui-ci découvrit avec indignation les gaspillages et l'impéritie de Pache. Le 2 février, ce ministre fut destitué et remplacé par Beurnonville. On se procura de l'argent et des hommes : on créa 800 millions d'assignats nouveaux; on prononça, le 20 février, la levée de 300,000 hommes. La Convention chercha à effacer les souvenirs de Fancienne armée, dont elle redoutait l'esprit : le 21 février, elle décréta Va/fia/i^ame des bataillons de ligne et des volontaires nationaux, sur la proposition de Dubois-Crancé. Ces mesures n'eurent pas toutes un eflet immédiat : Vanialgame ne pouvait s'exécuter à fouverture de la campagne; les anciens régiments de ligne subsistèrent donc, mais on soumit leurs cadres h un travail d'épuration continuel, afin d'y extirper tout, germe de royalisme. Les nouvelles troupes se constituèrent dans le feu même du combat. Au début de l'année, les forces françaises ne dépassaient pas 270,000 hommes, répartis en neuf armées.

Les coalisés se préparaient avec leur lenteur habituelle, les Prussiens du coté du Rhin, les Autrichiens du côté de la Roër. Le conseil exécutif français, insoucieux du danger qui le menaçait, ordonna à Dumouriez d'attaquer la Hollande.

Ce général n'avait plus sa foi des premiers jours. De plus en plus s'écaillait le vernis révolutionnaire qu'il

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