‹ Les campagnes des armées françaises (1792-1815) [microform]Chapitre 8 sur 73 · LA DÉFENSE DES FRONTIÈRES · texte numérisé non relu

LA DÉFENSE DES FRONTIÈRES

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s'était donné, et Tancien agent de F.oiiisXV se retrouvait homme d'ancien régime. Ulcéré par les prétentions et les insolences des Jacobins en Belgique, par la mort de Louis XVI et par les désordres de Paris, il était résolu à profiter de sa popularité et de sa gloire fraîchement acquise pour rétablir l'ordre à l'intérieur. Cependant il sentait que de nouveaux succès lui étaient nécessaires. Il tenta d'abord, avec une armée délabrée, de renouveler en Hollande la foudroyante offensive de Jemappes.

Il résolut de suivre la côte et de protéger sa droite en faisant assiéger Maestriclît par Miranda. Le gros de son armée demeura dans ses cantonnements dispersés de Liège et d'Aix-Ia-dhapelle. Lui-même pénétra en Hollande avec 18,000 hommes, près de Berg op Zoom (17 février). Il prit Bréda, le fort de Klundert, Gertruvdenberg. Il se voyait déjà dans Amsterdam. Au fond, il sentait bien que sa situation n'était point assurée, car, avant son départ, il avait recommandé au ministre Beurnonville de fortifier les places du Xord, dans la double pensée de résister aux Autrichiens et de se ménager une base future contre les démagogues de Paris.

Les événements ne tardèrent pas à prouver combien cette précaution était fondée.

Pendant que Dumouriez était arrêté dans sa course téméraire par le bras de mer du Biesboch, et que ses soldats maugréaient, les pieds dans la boue, au Camp des Castors, les Autrichiens attaquaient l'armée française entre Roër et Meuse. 50,000 Impériaux étaient réunis autour de Juliers sous les ordres de Cobourg; ils avaient devant eux les corps français disséminés, commandés par Valence. Le 1°'*mars, les Autrichiens tombèrent sur les avant-postes français d'xVldenhoven, les mirent en déroute et s'emparèrent d'Aix-la-Chapelle. Tout de suite la panique se mit chez les Français affaiblis par les désertions et les misères de l'hivernage. Leurs détachements furent repliés ou taillés en pièces. Miranda leva en toute hâte le siège de Maestricht et se replia sur Saint-Trond.

Le 3 et le 4, les Impériaux passaient la Meuse et s'emparaient de Tongres. Les Français désorganisés- se réunirent autour de Louvain. La Belgique entière s'agitait, la ligne de retraite de l'armée de Hollande était menacée.

Aux premières mauvaises nouvelles, Dumouriez se cramponnait encore h ses plans, avec une audace désespérée. Mais à la nouvellede l'abandon de Tongres, il jugea son retour nécessaire. Le 11, il était à Anvers, destituait les commissaires Jacobins, rétablissait la discipline et essayait de se concilier les Belges. Le 12, il écrivait à la Convention une lettre pleine de récriminations, auxquelles il espérait donner sous peu la sanction menaçante d'une grande victoire sur les Autrichiens. Puis il réunit 45,000 hommes à Louvain et leur remonta le moral en reprenant Tirlemont, occupé le 15 par les Impériaux. Ceux-ci lui avaient fait la partie belle, car, après la prise de Tongres, ils n'avaient pas bougé pendant dix jours. Dumouriez les vit plus tâtonnants et plus hésitants que jamais, crut pouvoir les accabler, et livra bataille le 18 mars à Neerwinden.

Cobourg était établi sur la rive droite de la Cette, d'Overwinden à Dormael. Dumouriez résolut de déloger sa gauche, à Owerwinden et à Xeerwinden, en maintenant sa droite en respect. Huit colonnes d'attaque se formèrent, dont cinq, commandées par Valence et le duc de Chartres, prirent pour objectif la gauche et le centre de Cobourg. Les trois autres, sous les ordres de Miranda, devaient maintenir vers Léau les Autrichiens du jeune archiduc Charles. De son côté, Cobourg résolut déporter son effort précisément vers Léau \

Sur la droite française, les bataillons de Dumouriez ne purent enlever les hauteurs, et les Autrichiens, de leur côté, ne purent leur faire repasser la Cette. La lutte demeura indécise jusqu'au soir. Les Français gardaient

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