CHAPITRE XV
LA litteraturp: populaire.
Origines de la chanson populaire. — La Claire Fontaine. — La Bibournoise, — Complaintes religieuses. — La légende d'Adam et Eve. — Chansons des Voyageurs et (les Bûcherons. — « C'est dans la ville de Bailletonne ». — Un barde populaire : Pierriche Falcon. — Chansons de danse. — Réjouissances d'hiver. — La danse ronde. — a Le nicque du lièvre ».
Il fut un temps, en France, sous Charles IX, où la chanson populaire était fort de mode à la cour. Montaigne en prit thème pour la louer et lui donner sa vraie valeur : c( La poésie populaire et purement naturelle a des naïvetés et grâces, par où elle se compare à la principale beauté de la poésie parfaite selon l'art. )) Ce jugement équitable peut être invoqué aujourd'hui qu'il est redevenu fort de mode, non pas guère de chanter, mais d'étudier la chanson populaire.
Le naturahste qui retrouverait en deux pays séparés par la mer la même flore et la même faune terrestre en conclurait nécessairement qu'en des temps plus ou moins éloignés, ces deux pays ont dû n'en former qu'un seul. La même conclusion ressortirait de ce seul fait que les mêmes chansons populaires se chantent au Canada et
clans le nord-ouest de la France : les deux peuples jadis ont été un seul peuple.
Faute d'autres documents, un point historique pourrait ainsi s'éclaircir, du moins d'une certaine lumière. Cela peut encore servir à prouver combien la tradition française est demeurée vivace au Canada, car c'està peine, si, d'un continent à l'autre , apparaissent clans tel couplet de légères variantes. Mais nous nous intéresserons surtout à celles qui sont nées sur le sol canadien, soit que de nouvelles paroles, nécessitées par des usages nouveaux, aient remplacé les couplets primitifs, soit que de simples modifications de détail aient donné à la chanson normande ou bretonne un ton plus spécialement canadien.
Si nous avions cette ambition , nous ferions remarquer qu'une telle étude pourrait contribuer à éclaircir l'origine assez mystérieuse de ces chansons, dont l'auteur est toujours inconnu. Si, en effet, les chansons populaires de l'Europe remontent sans doute à l'époque où l'Europe était romaine, cela ne veut pas dire que d'autres chansons n'aient pu naître depuis cette époque ; celles qui sont purement canadiennes, entre autres, ne sauraient remonter plus haut que le dix-septième siècle. Dans la littérature populaire, comme dans l'autre, serait donc un grand fleuve, dont la source se perd dans la nuit des temps et qui, chaque jour, plus ou moins, se grossit d'affluents nouveaux. Là, non plus, rien ne se perd et rien ne se crée, mais tout se transforme : la chanson entendue aujourd'hui remonte peut-ôtre aux primitives époques, babylonienne ou égyptienne, ou plus haut, mais incessamment, de peu-
pie en peuple et de siècle en siècle, elle s'est modifiée
Fig. 37. — Voyageurs eanadieus.
comme l'humanité môme, dont elle est le miroir le plus fidèle et peut-être le plus ancien.
Il y a peu de chansons populaires plus connues en France et, d'ailleurs, plus délicieuses que la Claire fontaine^ cette mélancolique plainte d'amour. La version qui se chante au Canada semble moins jolie que la version normande ; ce n'est pas une fillette, c'est un jeune homme qui se plaint d'avoir été abandonné, et le tour donné à ses plaintes a quelque chose de moins saisissant. Je voudrais, dit la chanson normande,
Je voudrais que la rose Fût encore au rosier, Et que mon ami Pierre Fût encore à ni'aimer.
et ces vers sont dignes de toutes les anthologies, quoique d'assonances boiteuses. Je voudrais, dit la chanson canadienne,
Je voudrais que la rose Fût encore au rosier, Et que le rosier même Fût à la mer jeté.
Là, le trait final nous plaît moins, malgré son énergie. Mais, en somme, les deux chansons ont la même inspiration, le même sens ; on voit parfaitement que la version canadienne et la version normande ont pu naître chacune de leur côté parallèlement et de génération spontanée.
Voici un exemple de modification bien plus imposante.
Il y a une chanson populaire française, et qui se retrouve également au Canada, dont les paroles se chantent ainsi, pour le premier couplet :
Par derrière,
Chez mon père,
Vole, mon cœur, vole ,
Par deiTière,
Chez mon père
11 y a un pommier doux,
Il y a un pommier doux, doux, doux,
Il y a un pommier doux.
Cette chanson, qui est une sorte de ballade fort belle, a servi, musique et paroles, de cadre pour une autre chanson d'origine purement canadienne, et qui débute par ces vers :
Vive la Canadienne!
Vole, mon cœur, vole.
Vive la Canadienne!
Et ses jolis yeux doux
Et ses jolis yeux doux, doux, doux,
Et ses jolis yeux doux.
Et tout le long des deux chansons , c'est le môme pa-
Fij. 38. — Village canadien.
rallélisme, avec la stricte conservation des assonances en ou pour tous les vers masculins. Remarquons que la chanson faite au Canada est assez inférieure à son modèle, hormis dans le premier couplet, dont on ne saurait dire de mal.
Le Canada, il n'y a pas encore bien des années, n'avait qu'une littérature naissante, à peine lisible. Pays très catholique, il ne pouvait pas toujours sympathiser avec notre littérature moderne; dans ces conditions, le conte et
CANADIEXS DE KltANt'E.
surtout la chanson populaire devaient avoir beaucoup d'amateurs. A vrai dire, ce n'était pas seulement le peuple, c'était la nation entière qui chantait : C^est dans la ville de Batlletonne (1), ou sur le pont de Nantes, ou encore la Bihournoise.
c( Ce dernier refrain était, il y a vingt ans, dit M. Gagnon , une des chansons favorites des élèves du petit séminaire de Québec. J'ai souvent entendu dire que deux Anglais ne peuvent déboucher de concert une bouteille de Champagne sans chanter : God save the Qiteen ! Je crois qu'il était également impossible autrefois à deux élèves du petit séminaire de Québec de se rencontrer en vacances sans chanter la Bibournoise. )) Cette chanson, plus bizarre que jolie, doit à la musique une grande partie de son charme. En canotant, le Canadien chante volontiers cet air assez entraînant, dont les paroles réunissent fraternellement au refrain les airs de Vive le roi et la reine et Vive Napoléon; air et paroles sont fort connus en France, et la politique seule peut les obliger à se dérober présentement.
Qu'il y en a de charmantes de ces chansons, et d'une si simple poésie!
En veut-on une entière ? Celle qui suit a été recueillie dans la petite ville canadienne de Sorel; elle est assez complète, un peu mystérieuse comme toujours et relevée, dans sa naïveté, par des mots et des tournures que l'on ne trouve que dans la chanson populaire :
(1) Prononciation à la française de Bi/town, ancien nom d'Ottawa, capitale politique de la (( Dominion » du Canada.
((. C'était une frégate, Mon joli cœur de rose, Dans la mer a touché Joli cœur d'un rosier.
Y avait une demoiselle, Mon joli cœur de rose, y avait une demoiselle Joli cœur d'un rosier.
Dites-moi donc, la belle, Mon joli cœur de rose, Qu'avez-vons à pleurer?
Joli cœur d'un rosier.
Je pleure mon anneau d'ore.
Mon joli cœur de rose, Dans la mer est tombé, Joli cœur d'un rosier.
Que donneriez-vous, belle, Qu'irait vous le chercher ?
Je suis trop pauvre fille, Je ne puis rien donner.
Que mon cœur en mariage.
Pour mon anneau doré.
Le galant se dépouille, Dans la mer s'est jeté
De la première plonge. L'anneau d'or a touché De la seconde plonge, L'anneau d'or a sonné.
De la troisième plonge.
Le galant s'est noyé.
Allait à la dérive.
Comme un poisson doré.
Fon père sur la fenêtre,
Le vovait dériver.
Faut-il pour une fille, Mon joli cœur de rose, Que mon fils soit noyé !
Joli cœur d'un rosier.
Les chansons ou complaintes religieuses ne sont pas spéciales au Canada; mais en cette colonie, longtemps dominée par des lois purement religieuses, comme un couvent, en ce pays de puritanisme catholique , ce genre de poésie populaire a toujours été très répandu. Bien curieuse est cette longue, longue complainte d^Adam et Ère; M. La Rue, qui l'a recueillie, la donne pour un chefd'œuvre ; elle est, en tout cas, d'une naïveté presque sublime.
Adam était assis tout seul
Sous un tilleul ; Etant couché sur l'herbe tendre.
Tranquillement, Un doux sommeil vint le surprendre,
Dans ce moment.
Pendant qu'il dort, son Créateur,
Et son auteur, Lui prit doucement une côte
De son côté.
En fornia une femme charmante,
lîare en beauté.
Adam, la voyant, s'écria :
« Ah ! la voilà !
Ah! la voilà, celle que jaime,
L'os de mes os !
LA LANGUE , LA LITTERATURE , LES MŒURS. i>21
Donnez-moi-la, bonté suprême, Pour mon repos. »
Adam, père du genre humain
Prit par la main, Eve, cette charmante belle,
Sa tendre épouse, Devant Dieu se jette avec elle,
A deux genoux.
Dieu bénit ce couple charmant
Dans le moment.
Un berceau tissu de verdure
Fut leur Incns...
Puis vient l'histoire du fruit défendu et la malédiction, suite de la désobéissance; alors Dieu prend la parole :
Tu n"as pas écouté ma loi,
Femme, pourquoi ? Mène une vie pénitente..
Adam, tu mangeras ton pain
Avec chagrin ; Va cultiver la terre ingrate.
Sors de ce lieu...
Et le premier pécheur s'écrie :
Je te fais mes derniers adieux,
Les larmes aux yeux, Jardin charmant, heureux parterre !
Quel triste sort!
Je m'en vais cultiver la terre,
Jusqu'à la mort !
Cette complainte, ainsi qu'on le voit à la coupe trop
savante des vers, à des rejets, à des rimes riches, n'est qu'à demi populaire. Le même genre réclame toute une famille de chansons spéciales au Canada, les chansons des Voyageurs.
Nous avons parlé dans un autre volume de ces hommes menant une vie à part, célèbres par leurs lointaines excursions, précieux auxiliaires de la civilisation, dont ils étaient les infatigables pionniers. Sous le nom de Coureurs des hois, des romans d'aventure ont maintes fois peint leurs mœurs à demi sauvages, plus pareilles à celles des Iroquois ou des Esquimaux qu'à celles des Canadiens civilisés. La race de ces hardis voyageurs se perpétue encore de nos jours dans ces hommes vigoureux employés naguère par la Compagnie du Nord-Ouest et celle des postes du Roi, englobées maintenant dans la Compagnie de la Baie d'Hudson.
A cause de leur bravoure à toute épreuve, fait observer M. La Rue, de leur force de résistance au froid, à la chaleur, aux fatigues; à cause surtout de leur habileté à se tirer des plus mauvais pas et de leur honnêteté proverbiale, c'est à des Canadiens français que la puissante Compagnie confie de préférence la garde des postes les plus sauvages et les plus éloignés ; c'est à eux encore qu'échoient les longues excursions en canot d'écorce ou à travers la forêt. Malgré la haine qui semble l'inspirer contre tout ce qui est canadien français, M. Troing, dans son Astoria, n'a pu s'empêcher de rendre justice à ces braves voyageurs.
Il faut mettre à côté d'eux les intrépides bûcherons.
ces hommes de cage, c'est-à-dire conducteurs des cages ou trains de bois, aux travaux desquels le Canada doit une grande partie de sa richesse. Venant surtout des paroisses qui avoisinent les villes, ils quittent leur foyer et s'enfoncent dans les forêts du haut Canada, aux gages de quelques riches spéculateurs. Il est digne de remarque encore que ces spéculateurs, bien que d'origine anglaise, accordent aux Canadiens français, pour ces rudes travaux, la même préférence que la Compagnie de la Baie d'Hudson.
C'est vers la Saint-Michel ou la Toussaint qu'a lieu d'ordinaire leur départ. Bien qu'ils ne doivent revenir au pays qu'au bout de plusieurs mois, néanmoins ce n'est pas eux qui encombrent de leurs bagages les chemins de fer ou les bateaux : tout leur avoir est contenu dans un mouchoir de soie rouge, qu'ils portent à la main avec la plus grande aisance. D'une bonne humeur à toute épreuve, d'une loquacité et d'une verve intarissables, ils chantent, et on les reconnaît au premier coup d'œil , sur le tillac des bateaux à vapeur, vêtus à la légère, mais toujours fidèles à la ceinture rouge qui entoure leurs reins.
Ils chantent :
C'est dans la ville de Bailletonne, Mon capitaine, je rencontrai.
Il a tiré son écritoire Et du papier pour m'engager.
Hélas! j'en eus la promptitude!
Hélas, je me suis-t-engagé !... »
Ou bien :
Parmi les voyageurs, il y a de bons enfants,
Et qui ne mangent guère, mais qui boivent souvent...
Ou bien encore :
Voilà les voyageurs qu'arrivent, Bien mal chaussés, bien mal vêtus ; Pauvre soldat, d'où reviens-tu ?
— Madame, je reviens de la guerre; Madame, tirez-nous du vin blanc, Les voyageurs boivent sans argent.
Les voj'ageurs se mettent à table.
Ils sont à boire et, à chanter.
L'hôtesse s'est mise à pleurer.
— Ah! qu'avez-vous, jolie hôtesse?
Eegrettez-vous votre vin blanc?
Les voyageurs boivent sans argent.
— Ce n'est pas mon vin que je regrette, C'est la: chanson que vous chantez; Mon défunt mari la savait.
J'ai im mari dans le voyage; Y a bien sept ans qu'il est parti, Je crois que c'est lui qu'est ici.
— Ah! taisez-vous, méchante femme.
Je ne vous ai laissé qu'un enfant ;
En voilà deux dès à présent.
— J'ai donc reçu de fausses lettres Que vous étiez mort, enterré ; Alors je me suis remariée.
Nous n'avons pas la fin de cette ballade qui doit se terminer d'une façon tragique.
Ce n'est certes pas à une telle chanson que peut s'ap-
pliquer le terme de semi-pop} ilair e ; elle est au contraire bien populaire et très ancienne : les voyageurs canadiens ont substitué leur nom et leurs mœurs à celles des ma-
Fig. 39.
Départ des trameaux.
rins qui paraissent dans les versions répandues eu France. Cette appellation, en revanche, convient on ne peut mieux à ces chansons composées par un voyageur du nom de Pierriche Falcon, et destinées à célébrer la gloire des Bois- BrCdés qui soutinrent un combat fameux contre les mi-
CANAUIENS DE FlîAXCE.
lices anglaises en 1816. Ce fut une aventure, non sans analogie avec celle de Riel. Les métis culbutèrent les Anglais, comme le dit Pierriclie Falcon :
Si vous aviez vu tous ces Anglais, Tous ces Bois-Biôlés après, De butte en butte les Anglais culbutaient, Les Bois-Brûlés jetaient des cris de joie.
Les chansons de danse et de jeu ont une saison, au Canada : l'hiver, le long, terrible et noir hiver qu'il faut passer enfermé chez soi. L'été est la période active ; l'hiver, le temps du repos. Les Canadiens prétendent que leur hiver a des charmes si réels « qu'ils l'ont choisi, et avec raison, pour l'époque de leurs fêtes et de leurs réjouissances. » Admettons, si vous le voulez, cette version : elle est, au moins, d'une authentique origine. Des plaisirs de l'hiver dans la haute classe, il n'y a guère à dire : ils sont les mêmes sur toute la surface du globe : dans le peuple, et particulièrement chez les paysans, c'est bien différent. M. La Rue, qui a donné, dans le Foyer Canadien, tant de jolies études de mœurs, sous prétexte de chansons, trace un pittoresque tableau des plaisirs de l'hiver, à la campagne :
C'est aujourd'hui dimanche, et de temps immémorial, à chaque dimanche que Dieu amène, tous les enfants se réunissent chez le père François. Il fait un froid à pierre fendre, un temps sec, disent les gens. La bise fouette les grands peupliers du jardin, leurs branches sèches et raidies par les glaçons font entendre un sifflement aigu. Les
traîneaux glissent avec rapidité sur la neige durcie, et de l'acier de leurs lisses s'échappe un grincement particulier : c'est la neige qui crie, disent les gens. »
Un mugissement vague, sourd, indéfinissable dans sa grandiose splendeur, s'élève du fleuve, sur lequel roulent en s'entreclioquant d'énormes glaçons. La lune répand à flots une clarté brillante dont nos nuits lunaires ne peuvent, paraît-il, donner qu'une très faible idée. Ce n'est pas le terne éclat de la lune dans les climats tempérés ; c'est un demi-jour, plutôt que la nuit.
Les uns après les autres les invités arrivent : ceux qui sont en retard n'ont aucune excuse, car les chemins sont bons, les bahses sont à leur place, et il fait clair comme à midi, disent les gens.
Ils entrent, les uns, les hommes, enveloppés dans ce long capuchon de peau de buffle qui s'appelle, en canadien, capot de peau de cariole ; une ceinture rouge le serre autour de la taille. Sur la tête, ils portent un épais casque d'astrakan ou de mouton ; les pieds sont chaussés de bottes en drap ou de souliers de peau d'original, article indispensable pour compléter une toilette soignée.
Les femmes disparaissent entièrement dans le manteau de drap qui les enveloppe de la tête aux pieds; pour bonnet elles portent une de ces coiffures antiques désignées sous le nom de grosse tête ou de tarese.
Quand on a bien causé, on joue aux cartes, on dresse les tables, en les recouvrant d'un tapis (car il ne faut pas jouer sur son cercueil, disent les gens ) ; tout en jouant, on mange des pommes et on croque des noisettes. Pen-
dant cela, les enfants, après les premiers ébats, commencent à avoir besoin que l'on s'occupe d'eux : les aïeux s'en mêlent et organisent la danse ronde. Les enfjagés et les engagères, c'est-à-dire les j^rowzs et les j9?'om2*ses se mettent de la partie, et l'on commence.
La plus jeune des petites filles est placée au centre du cercle et tous, se tenant par la main, tournent alternativement à gauche ou à droite, et dansent en chantant :
Dans ma main droite, je tiens rosier, Dans ma main droite, je tiens rosier, Et qui flemit, ma Ion Ion la.
Et qui fleurit au mois de mai.
Entrez en danse, joli rosier, Entrez en danse, joli rosier.
Et embrassez, ma Ion Ion la.
Et embrassez qui vous plaira.
Il y en a très long ainsi ; ce qui fait qu'à la fin de la chanson l'on est bien aise de se reposer un peu avant de recommencer. Quelqu'un dit un conte ;puis on reprend le jeu, on joue à Calli mailla, à la Belle bergère, à la Chaise honteuse, et à beaucoup d'autres jeux ; on reprend de nouvelles rondes, telle que le Clairon du Boi, ou le Nicque du lièvre, qui commence ainsi :
J'ai trouvé le nicque du lièvre.
Mais le lièvre n'y était pas :
Le matin, quand il se lève.
11 emporte le lit, les draps.
Sautons, dansons, Belle bergère entrez en danse, y.t embrassez qui vous plaira.
Enfin, l'on soupe, et, au dessert, mille occasions se retrouvent de chanter encore ; mais pour nous, qui avons commencé par les chansons, il semble que nous n'avons plus qu'à feriner ce cliapitre, déjà long.
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