DAUMOXT DE SAINT-LUSS0N
traite et réaliser des bénéfices considérables. C'était le temps où les commandants de postes pouvaient s’enrichir en très-peu de temps avec du savoir-faire et de l’habileté. Bougainville nous dit, par exemple, que le poste de la Baie-des-Puants—la Baie-Verte— valut en trois ans 312,000 livres à MM. Rigaud et Marin, et que du temps de M. Marin, père, qui l’avait de société avec MM. de la Jonquière et Bigot, il produisait plus de 150,000 francs par an quitte 2,
Le poste du Saut-Sainte-Marie était surtout fréquenté par les Sauteux. En peu de temps, Cadot réussit à obtenir leur confance et à exercer sur eux une influence étonnante. A l’unanimité, ils le proclamèrent l’un de leurs chefs, lorsqu'il eut acquis un nouveau titre à leur affection, en choisissant pour épouse la fille d’un guerrier de renom, respectée, à juste titre, par toute la tribu.
En l'absence d'un missionnaire au Saut, cette union dut se faire suivant le cérémonial du pays, en attendant qu’elle püt être consacrée par l’église. Au mois d'octobre 1756, Cadot se rendit à Michillimakinac, accompagné d’Anastasie, sa femme, et d’un enfant, Marie-Renée, née au mois d'août précédent. Le quinze octobre, il fit baptiser son enfant, et, le vingt-huit du même mois, son union fut bénie par le P. Lefranc, comme on peut le voir par l'extrait suivant des registres de la mission de Saint-Ignace de Michillimakinac :
«Je, soussigné, prêtre missionnaire de la Compagnie de Jésus, faisant fonction de curé, ai reçu le mutuel consentement de Jean-Baptiste Cadot et de
1 Mémoire sur l’état de la Nouvelle-France à l’époque de la guerre de Sept-Ans,
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Anastasie, néophyte, fille du Nipissing, selon les cérémonies de la Sainte Eglise Romaine, par lequel mariage a été légitimée Marie-Renée, leur fille d’environ deux mois et demi, en présence des témoins soussignés et autres, ce 28 octobre mil sept cent cinquante-six, à Michillimakinak.
«M. L. Lerranc, Miss. de la Comp. de Jésus.