‹ Les Canadiens de l'Ouest [microforme]Chapitre 2 sur 49 · TES · texte numérisé non relu

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mille dangers, toute leur ambition s'est bornte à raconter au coin du feu quelques épisodes de leurs pérégrinations lointaines, souvent plus merveilleux que les contes (le fées.

Il est vrai que leurs récits se sont perpétués dans un certain nombre de familles, où ils sont passés à: l'état légendaire. Mais combien aussi sont tellement défigurés qu’il n’est plus possible de les rattachor à la tradition. C'est un fait regrettable ; car quelle abondante moisson on eût pu y recueillir pour l’histoire du Canada, qui se serait enrichie de drames nouveaux d’un intérêt saisissant. Quel superbe bouquet nos écrivains n’eussent-ils pas formé de toutes ces fleurs vivaces, perdues dans les déserts les plus reculés et sur les bords des grands fleuves de l’Amérique |

Ni les pionniers véritables de l'Ouest, à de rares exceptions près, ni les fondateurs des principaux Etats de cette contrée, ni les premiers habitants de leurs grandes villes n’ont encore été appréciés à leur juste valeur. Cependant, au prix de quels dangers, de quelles privations, de quelle persévérance, n'ont-ils pas accompli leur œuvre civilisatrice ?

Les Américains ne connaissent guère que leur Daniel Boone—devenu pour eux un héros légendaire— et pourtant plus d’un Canadien a fait autant et même beaucoup plus que le pionnier du Kentucky. Nous ne voulons pas attribuer leur ignorance à un parti pris ou à un sentiment d’exclusivisme national, car nos voisins ont trop bien traité quelques-unes de nos gloires pour mériter un jugement aussi évidemment injuste. On les a vus, par exemple, élever des statues à nos célèbres découvreurs du Mississipi,

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exaltér leur courage et leur héroïsme de toutes manières, donner leurs noms à des centres importants, quand ces mêmes héros ne rencontraient sou: vent parmi nous qu’une inexplicable indifférence. Nous croyons d'autant moins à ce parti pris que des sociétés historiques — entre lesquelles il faut mettre au premier rang la société historique du Wisconsin—ont fait de louables efforts depuis quelques années pour tirer de l’oubli plusieurs des premiers pionniers canadiens de l'Ouest. Le manque de renseignements authentiques, voilà ce qui a empêché jusqu’à présent l’historien de décerner des couronnes à ces hommes intrépides qui ont tant fait honneur au nom canadien sur la tefre étrangère.

Les deux volumes que nous offrons aujourd’hni

au public ont pour but de combler en partie cette lacune. Quoique nous n'osions nous flatter d’avoir rempli une tâche aussi considérable et aussi difficile d’une manière complète, nous croyons avoir réussi cependant à répandre quelque lumière sur bien des hommes et des faits injustement ignorés. Nous avons voulu surtout démontrer que lesCanadiens-Français, après avoir découvert l'Ouest, ont encore le plus fait pour son établissement, en fondant la plupart de ses villes, et en devenant, dans bien des cas, les principaux instruments de sa grandeur et de son prodigieux développement. A ceux qui seraient tentés tout d’abord de croire que nous donnons uno part trop large à nos compatriotes, nous les prions de vouloir bien prendre connaissance des pages qui vont suivre, persuadé qu'elles seront notre meilleure justification.

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Cet ouvrage est le fruit de dix années d'études et de recherches multiples. Pour qu'il fùt moins im parfait, nous avons puisé à toutes les sources qui nous ont paru autorisées : anciennes relations, sou venirs de voyages, pièces inédites, notes autobio. graphiques mises complaisamment à notre disposi tion. La p'upart de nos biographies ont déjà été publiées dans des journaux et des revues, mais nous les avons remises sur le métier. Plusieurs ont subi des corrections ou des développements notables, quelques-unes même une trausformation presque complète.

Deux écrivains étrangers ont bien voulu leur reconnaître quelque valeur en mettant sous les yeux du lecteur américain nos études biographiques de Charles de Langlade et de Noël Levasseur. La traduction de la vie du pionnier du Wisconsin ? a été faite par la plume élégante de Mme Fairchild Dean, et celle de la vie du fondateur de Bourbonnais 2, Illinois, par M. l'abbé Fanning, ci-devant de l’Université de Louvain, Belgique.

Dans la disposition de l’ouvrage, l’ordre chronologique n’a été observé que particllement ; autant que possible nous avons réuni ensemble les biographies des personnages qui ont figuré sur le même théâtre. Nous avons d’abord parlé des Canadiens les plus marquants du Wisconsin, du Michigan, du Minnesota, du Dakota, de l’Iiinois, du Missouri, du Texas et du Nouveau-Mexique, puis sont venus ceux de la Californie, de l’Orégon, du Nord-Ouest canadien et du Manitoba.

1 Collections of the Historical Society of Wisconsin, v. VII, p. 128- 3 The Chicago Pilot, juillet 1875.

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Il serait long de mentionner toutes les personnes qui ont bien voulu faciliter notre travail en nous communiquant des renseignements précieux, mais nous ne saurions cependant nous dispenser d'offrir nos sincères remerciments à Sa Grandeur Mgr Lamy, évèque de Santa-Fé, Nouveau-Mexique ; à M. l'abbé Ravoux, vicaire général de Saint-Paul, Minnesota ; au P. Lalumière, S.J., deMilwaukee; au Révd.M. Marsile, de Bourbonnais, Illinois ; à M. l'abbé Bois, curé de Maskinongé ; à M. l'abbé Tanguay, le premier entre nos généalogistes ; au général H-H. Sibley, de Saint-Paul, Minnesota ; à M. Joseph Dubuc, président de l’Assemblée législative du Manitoba. Nous devons faire une mention toute spéciale de notre distingué compatriote, le major Edmond Mallet, qui, durant un long séjour dans la capitale des Etats-

Unis, a exploré, à notre demande et à notre profit, les trésors historiques de la bibliothèque du Congrès.

Ottowa, ce 23 octobre 1877.

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