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Porlier fut aussi nommé juge de paix et commissaire de comté, en 1820, puis juge des plaids communs deux ans plus tard. Il était incontestablement à cette époque l’homme le pius important de la Baie- Verte 1.
M. Henry S. Baird vint s’établir à la Baiïe-Verte, en 1824, et il nous fait Le tableau suivant des habitants de cette localité : « La population se composait pour la plupart de Canadiens-Français et de Métis, à l'exception des Sauvages. En 1824, il n’y avait à la Baiïe-Verte, à part les familles des officiers qui logeaient au fort Howard, que sept ou huit familles américaines. Le caractère des habitants était un mélange de civilisation et de simplicité primitive ; ils alliaient la politesse et la gaieté des Français à l’insouciance et à l’imprévoyance des indigènes. Hospitaliers, jouissant du présent sans se préoccuper de l'avenir, se contentant de peu, sachant trouver d’agréables amusements dans la danse et les courses de chevaux, ils éprouvaient certainement plus de bonheur et de satisfaction que la génération actuelle, si affairée, si préoccupée des moyens de faire de l'argent de tout. Ces colons formaient une classe d'hommes, aujourd’hui entièrement disparus, mais qui méritent d’être inscrits sur les pages de l’histoire comme les véritables et premiers pionniers du Wisconsin. Plusieurs d’entre eux ont laissé des descendants, et les noms des Lawe, des Juneau, des Grignon, des Porlier et autres, rappelleront cette ancienne race de colons, longtemps après que la génération actuelle aura disparu 2.»
Portier s’éteignit après deux ou tr'is jonrs de
Voir History of Minnesota by Edward Duffieid Neill, p. 227. * Recollections of the early History of Northern Wisconsin.
En, ef es Le 5 mn
SACQUES PORLIER A4
maladie, à la Baie-Verte, le douze juillet 1839. Sa femme le suivit, cinq ans plus tard, au tombeau, lais sant plusieurs enfants, dont trois vivent encore.
Le juge Porlier était de taille moyenne, et ses manières affables le faisaient aimer de tous ceux qui le eonnaissaient. Il laissa un nom intact et une mémoire respectée. Il sut remplir tous les postes de confiance auxquels il fut appelé, avec intelligence, avec intégrité et à la satisfaction du public. Tel était son désir de bien interprèter la loi, qu'il traduisit patiemment de l'anglais en français les Statuts refondus du territoire du Michigan.
La Société historique du Wisconsin conserve soi gneusement ce manuscrit, ainsi que beaucoup d’autres documents, et une grande partie de sa correspondance, qui était presque toute écrite en français. Les Papiers Porlier, disait le rapport du comité exé cutif de cette société pour l’année 1858, une fois mis en ordre et reliés, formeront plusieurs volumes etseront une partie précieuse de nos archives.
Jean-Jacques Porlier, dont il a déjà été question, demeura plusieurs années à la Baïe-Verte, éleva une nombreuse famille, et mourut, en 1838, à Grand- Kau-kau-lin.. L'un de ses frères, Louis B. Porlier, résida à la Butte-des-Morts, sur la rivière des Renards ; il avait épousé l’une des filles d'Augustin Grignon, morte depuis bien des années. Il est souvent mentionné, dans les rapports de la Société historique du Wisconsin, comme ayant fait plusieurs dons à cette institution.
JOSEPH ROLETTE
Jean-Joseph Rolette, chef de la famille canadienne de ce nom, vint s'établir en ce pays vers le milieu du dix-huitième siècle. Epris des armes, des aventures, il s’enrôla dans les troupes françaises, qui, à cette époque, traversaient l'Océan en bien trop petit nombre pour pouvoir lutter avant:geusement contre les forces écrasantes de l'Angleterre. La guerre terminée, il ne songea pas à retourner en France, et il se fixa permanemment dans le pays, qui venait de trouver un nouveau maître.
Jean-Joseph Rolette avait à cette époque trois enfants : deux fils et une fille. L’aîné portait ses pré-
noms, “i, lout jeune encore, il se dirigea vers les pays d'en haui, où il passa plusieurs années à faire la traite. Ce commerce lui réussit parfaitement, et il revint à Québec, après avoir fait des bénéfices considérables.
A l’âge de trente ans, Rolette, second du nom, épousa Angélique Lortie, et il eut de cette union plusieurs enfants : Jean-Joseph, — l’objet de cette esquisse biographique, — Charles-Frédéric, Hippolyte, Laurent, Lucie, Julie, et une autre fille dont le nom de baptème nous est inconnu.
Lorsque la guerre éclata avec les Etats-Unis, Rolette ne fut pas lent à offrir ses services aux autorités militaires, et il se distingua comme officier dans les milices canadiennes, qui contribuèrent si vaillamment à repousser l'invasion, Au commencement du siècle, il vint s'établir à Nicolet, où il mourut le dix-neuf mars 1828, à l’âge avancé de quatre-vingtdix ans.
La fille cadette, Marie-Josephte, épousa un officier important de l’armée anglaise. D'une beauté remar- » quable, d’une grande distinction de manières, Mlle Rolette avait su inspirer une passion ardente au major Holland. Celui-ci demanda la main dela jeune et belle Canadienne; mais son père ne voulut pas consentir à une alliance avec un homme qui, naguère encore, avait fait verser le sang français sur les plaines d'Abraham. Tout au contraire de la demoiselle canadienne mentionnée par M. de Gaspé ?, et qui refusa, dans de semblables circonstances, la main d’un riche officier de l’armée de Wolfe, Mile Rolette, écoutant plutôt sa flamme que les répugnances patriotiques de son père, persista dans ses amours, et un enlèvement en fut le résultat.
4 Les Anciens Canadiens, p. 308.
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Plusieurs enfants naquirent dè cette union: Frederick-Brehm, John-Frederick, Charlotte, Suzanne et George Holland. La plupart reçurent leur éduca-. tion dans les premières institutions d'Angleterre.
Le major Holland occunait, près de Québec, une magnifique résidence, connue ‘core aujourd’hui sous le nom de Holland Housr i;! :imait à exercer une large hospitalité. Il se ::4 : initié avec le duc de Kent, durant son séjour au Canada—de 1791 à 1794—et il reçut fréquemment sous son toit ce prince, le père de la reine Victoria.
S'étant réconcilié, quelque temps après son mariage, avec la famille Rolette, il lui procura l’honneur d’avoir plus d’une fois la visite du duc de Kent. Le nom de Joseph Rolette se trouve au bas de l'adresse qui fut présentée au prince royal par un grand nombre de citoyens de Québec, le quatre février 1794, à l’occasion de son départ pour la Nouvelle-Ecosse.
Joseph Rolette naquit à Québec, le vingt-trois septembre 1781 1. Il entra de bonne heure au séminaire de cette ville, et il y fit avec succès un cours complet d’études.
Lorsqu'il lui fallut se choisir un état, ses parents espérèrent lui voir embrasser la vie sacerdotale;
1 Voici le texte du certificat de baptême de Rolette:
‘Le vingi-queirs septembre mil sept cent quatre-vingt-un, par nous, curé de Québec, soussigné, a été baptisé Jean-Joseph, né hier au soir du légitime mariage de Jean-Joseph Rolette, absent, et d'Angélique Lortie ; le parrain a été Pierre Langlois, et la marraine, Louise Carignan, qui ont signé avec nous.
« AUG. D. HUBERT, Ptre.