MERE
waukee ; une compagnie de tirailleurs; les Yagers noirs, les tirailleurs de l’Etat de Wisconsin ; les Dragons; plusieurs compagnies de pompiers ; les restes du défunt; ies premiers colons au nombre de douze environ: le maire et le conseil municipal; la chambre de commerce; le barreau ; un grand nombre de citoyens à pied et en voitures.
« Le cortége s’avança dans la direction du haut de la rue Principale, au son d’une musique funèbre, se rendit à la rue Jackson, puis s’arrêta à l’ancienne résidence du défunt, pour y faire la levée du corps ; il descendit ensuite de nouveau la rue Jackson, se dirigeant vers la cathédrale de Saint-Jean.
«Avant l’arrivée du cortége, la cathédrale avait été ouverte pour admettre les dames seulement, et toutes les places, mises à leur disposition dans l'intérieur, étaien: prises depvis longtemps.
«Le cercueil fut placé dans l’église entre une double haie de militaires qui se tenaient debout, la tête nue, tandis que ceux qui formaient partie du cortége allèrent occuper les siéges qui leur avaient été réservés.
«Une foule immense envahit bientôt l’église.
Hommes, femmes et enfants se pressèrent au point de ne former, pour ainsi dire, qu’une masse compac'e. C'était un spectacle attendrissant de voir ces milliers de personnes, visiblement émues, qui venaient assister à cette cérémonie, et entendre l'éloge funèbre du fondateur de Milwaukee. Il y avait au moins cinq mille personnes dans l’église, et plusieurs autres milliers, n'ayant pu y avoir accès, se tenaient à l'extérieur.
«L'intérieur de la cathédrale était orné de tentures de deuil, jue l’on avait disposées avec beaucoup de
goùt. L'évéque présidait la cérémonie. Le P. Teardon prononça l'éloge funèbre de Salomon Juneau er termes véritablement éloquents. Il passa en revue la carrière du fondateur de Milwaukee, et sut faire ressortir habilement ses nombreuses qualités personuelles et les plus beaux traits de sa vie de pionnier et d'homme public.
« Après le service divin le cortége se reforma pour conduire au cimetière du Calvaire les restes du défunt. Le: façades de beaucoup de mAaasins et de boutiques, sur la rue East-Water, étaieni tendues de noir. Partout dans la cité, les citoyens exprimaient les profonds sentiments de regret que leur faisait éprouver la mort de Salomon Juneau. C'était un deuil général.
« Milwaukee peut être fière de cet événement, si triste qu’il soit. La vertu n’est pas éteinte dans le cœur de notre peuple. Nous savons encore honorer le digne et vertueux citoye”. Si nous n'avons fait que notre devoir, cette journéc par ses incidents, offrira, cependant, quelque consolation à ceux qui ont dû se séparer pour toujours de celui qui était naguère le principal ornement de leur cercle de famille. »
Ces témoignages sont plus que suffisants pour montrer le respect universel que le fondateur de Milwaukee— Juneau le noble et le bon 1— avait su mériter par une vie irréprochable et vouée tout entière au bien de ses concitoyens. Nous croyons
1 Commercial history of Milwaukee by C. D. Holton.
cependant devoir en consigner quelques autres, pour rendre cette démonstration encore plus complète.
4 Peu de temps après la mort de Juneau, le juge Hit Larrabée proposa le toast suivant dans un banquet A qui eut lieu à Ripon: «Salomon Juneau, pionnier du Wisconsin ! Puisse sa mémoire durer aussi longfi temps que des cœurs dévoués et sincères battront qe sur le sol du Wisconsin ! Puissent son intégrité et i: sa vie sans tache servir de phare à ceux qui le suivront!»
Gabriel Franchère, qui fut à même de bien connaître Juneau, rendit l'hommage suivant à sa mémoire dans une communication, qu’il adressa de New-York, le &ix décembre 1856, à un journal de Montréal :
«Comme vous vous intéressez à tout ce qui est
canadien, je prends la liberté de vous transmettre À quelques articles publiés par les journaux américains REF à l’occasion du décès et de la sépulture de feu Salo- 4 mon Juneau.
«Juneau s'achemina vers les contrées sauvages, nie il y a à peu près trente-huit ans, et finit par s'établir comme commerçant ou traiteur avec les Indiens qui habitaient alors le Wisconsin. Son poste de commerce était à l’entrée de la rivière Milwaukee. En 1834, sa maison était le seul établissement. Les [LES Sauvages vendirent au gouvernement des Etats-Unis ie leurs terres de chasse ; le Wisconsin fut immmédiatement constitué en territoire, et est devenu depuis (es " : un des Etats florissants de l'Ouest.
«Milwaukee était alors la propriété de Juneau. Il commença de suite à concéder des emplacements, et à former le noyau d’une ville, qui compte aujourd’hui quarante mille âmes.
«L'éducation de Juneau consistait tout simplement à savoir lire et écrire. Il n’est pas étonnant qu’il ait été la dupé d'hommes entreprenants. Petit à petit, ils ont eu l’adresse de s'emparer de la propriété de Juneau, qui, à son décès,.ne laissa pas grand'chose à sa nombreuse famille. Je dois lui rendre la justice de dire qu’il ne négligea rien pour procurer une bonne éducation à ses enfants, et qu’ils sont bien placés pour l'avenir.
«Juneau était mon ami: j'aime à reconnaitre que dans toutes ses négociations d’affaires, il a toujours montré de l'intégrité et de la bonne foi, sacriflant son patrimoine pour s'acquitter honnêtement envers ses créanciers.
«Si je vous écris aussi longuement, je ne le fais que dans le but de rendre justice à la mémoire de l’un de nos dignes compatriotes.» .
L’honorable Morgan L. Martin, de la Baie-Verte, qui se lia d'amitié avec Juneau pendant de longues années, nous écrivait, le dix-huit septembre 1875, dans les termes suivants : « Je connus Salomon Juneau en 1828, et j’eus des rapports commerciaux avec lui depuis cette année jusqu’à sa mort. Je puis dire que c'était un homme généreux, dévoué, honorable et de la plus stricte intégrité. Ignorant la valeur de l’argent, il le dépensait largement. Ce fut sur mes représentations qu’il conserva pendant un certain tempsles terrains qu’il possédait à Milwaukee, et il se trouva riche soudainement. Je fus celui qui ls ñ nommer premier maître de poste de la ville, en dépit de ses objections. La ricnesse qu'il avait acquise en si peu de temps ne lui fut guère utile, car il laissa peu de chose à sa famille. »
Juneau à laissé peu de biens à sa famille, mais il lui a donné des exemples de vertu, d'honneur, de probité, bien préférables à“la richesse: C'est Shakespeare qui a dit que le meilleur héritage est l'honneur: No legacy is so rich as honesty. Et un autre grand poète a bien dépeint l’honnête homme —ce que fut Juneau dans toute l'acception du mot— lorsqu'il le représente comme la plus belle œuvre du Créateur :
An honest man’s the nopblest work of God !,
Membre de la Société historique du Wisconsin, il lui à fait plus d’une donation libérale pour .nrichir ses archives historiques et sa galerie de ;"inture. Dans le rapport qu'il publia en 1857, le comité exécutif de cette association suggérait de perpétuer par quelque témoignage public le souvenir de cet homme qui avait été le bienfaiteur de la ville.
Juneau avait un extérieur véritablement remar. quable. Il était d'une haute taille—plus de six pieds —et droit comme un chène ; ses traits étaient d’une grande régularité, son front large et découvert, ses yeux vifs et perçants. Il y avait dans toute sa personne un air de grandeur et de noblesse qui imposait le respeci. C'était, nous dit 1n écrivain américain, le plus beau représentant de sa race qu'on eût jamais vu.
De son mariage avec Josephte Viau, il avait en treize enfants, dont six fils et sept filles. Paul et Narcisse ont tous deux obtenu le titre d’honorable et ont siégé dans la législature du Wisconsin, Narcisse, l’ainé, est aujourd’hui établi au Kansas, sur la réserve‘des Sauvages. Paul a été tué accidentel-
1 Alexander Pope, Essay on Man.
lement à Juneau, comté de Dodge; sa femme demeure près de Milwaukee, et quelques-uns de ses enfants dans la ville même. François, Eugène et Louis-Amable Juneau habitent tous le Wisconsin ; le premier, à Theresa, comté de Dodge; IL second, près d’Appleton, et le troisième, à Milwaukee, où il exerce le métier d’imprimeur. Bonduel Juneau a émigré à Shaunon, Illinois, ainsi que sa sœur, Henriette, mariée à un M. Fox. Thérèse a épousé M. R. White, de Milwaukee, et Hélène, un nommé Walter, de Fond-du-Lac; Mathilde et, Isabelle ont terminé leurs jours à Milwaukee, il y a quelques années.
Aucun monument n'a encore ëtè élevé à la mémoire de Juneau par la ville de Milwaukee, quoiqu'il soit depuis longtemps question de lui décerner cet hommage de la reconnaissance publique. Son portrait orne seulement la salle de l'hôtel-de-ville, ainsi que plusieurs bureaux publics. Un historien récent de Milwaukee exprime fortement l'espoir que bien des années ne se passeront pas sans que l’on élève une statue en l'honneur du fondateur de la ville. Nous devons dire, toutefois, que le nom de Juneau a été donné à une division électorale du Wisconsin et au chef-lieu du comté de Dodge.
Terminons par la strophe naïve qu’un poète américain a consacrée au souvenir de Juneau, dans une ode à la ville de Milwaukee :
Juneau 80 fair, and whose wit was s0 keen,
Came here in the year eighteen bundred eighteen ; Au Indian trader ot fame and renown,
Lived on the East Side, called Juneau’s town ; And, in fact, was the King of the place.
So many and bold, with à dark, hazel eye
Always told you the truth, and never a lie ;
This pioneer man of his race.
Se ET TERRES Æ
es Le pre
Julien Dubuque est d’origine normande. Le premier de ce nom en ce pays—Jean Dubuque—venait de la paroisse de la Trinité, diocèse de Rouen, et se maria à Québec, en 1668. Ses descendants allèrent habiter plus tard le district des Trois-Rivières, et, c’est le dix janvier 1762 2, que Julien Dubuque vit
4 Dubuc, Dubucq, Dubuque.
? L Duguc J.-BTE, né en 1641, paroisse de la Trinité, Evêché de Rouen, tils de Pierre Dubuc et de Marie Hotot. Epouse Françoise L’Archevêque, en 1668, à Québec. |
IT. ROMAIN, baptisé en 1671, marié en 1693, à Anne Pinel, mort
en 1711.
III. NOEL-AUGUSTIN, baptisé en 1707, marié en 1744, à Marie Mailhot, mort en 1783.
IV. J js, baptisé le dix janvier 1762, à Saint-Pierre-les-Becquets.
(Extrait du second volume inédit du Dictionnaire Généalogique des Familles Canadiennes par l'abbé Tanguay).
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