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Seigneur. La première réunion se tenait toujours chez elle, et après le chant et la prière, un repas somptueux était servi. A Noël, chacun allait lui rendre ses hommages, et ses tables étaient toujours chargées des meilleurs comestibles. Quelqu’un était-il frappé de maladie, grand’/maman était la première à le savoir, et elle envoyait ses serviteurs panis prendre soin du malade, $i un enterrement avait lieu, les restes du défunt étaient transportés dans sa maison, où l’on récitait des prières pour le repos de son âme. Lisant beaucoup, elle savait toujours trouver des mots de consolation pour les affligés. Mme de Langlade mourut en 1818, et, au mois de novembre 1823, s’éteignit ma grand’mère,
‘ «Du mariage de Domitilde &e Langlade et de Pierre Grignon sont issus neuf enfants, dont sept fils et deux filles. Pierre et Charles reçurent leur éducation au collége de Montréal, et revinrent, en 1795, à la Baie-Verte. Augustin, Louis, Baptiste, Domitilde et Marguerite se préparaient aussi à partir pour Montréal quand survint la mort de leur père, en novembre 1797. Les autres enfants ne purent recevoir l'instruction collégiale, à l'exception de Louis. Pierre, étant l’aîné, prit la direction des affaires de son père. En peu de temps il devint un personnage important ; il fat nommé agent de plusieurs compagnies, etc. Il mourut en 1823. Son fils Robert se fixa à la Butte-des-Morts, mais Bernard resta à la Baie-Verte, où il a Jempli plusieurs charges de confiance, telles que celles de greffier de la cour, de shérif, etc. 11 épousa l’ainée des filles du juge Lawe, et eut de ce mariage cinq enfants, trois fils (dont un seul survit—le juge David Grignon, de la Baïe-Verte) et deux filles. Augustin Grignon s'établit à Kaukauna et s’occupa de traite toute sa vie. Charles habitait Oshkosh; Baptiste, Paul et Amable firent aussi le commerce des pelleteries.
«Mon père, Louis Grignon fit d’abord la traite, en compagnie d’Augustin Grignon, en 1801. Dans la guerre de 1813, il obtint une coramission de lieutenant ; mais il fut constamment engagé depuis dans le trafic des fourrures. Mon père était un homme inswuit, et il fit élever ses enfants avec tout le soin possible. Lui et le juge Lawe furent malicieusement vilipendés. Des hommes de leur position auraient pu épouser des femmes riches etintelligentes, mais ils avaient trop d'honneur et de sentiment religieux pour abandonner leurs femmes et leurs enfants, comme font plusieurs autres dans ce siècle de lumières. En ces temps-là, on savait apprécier la vertu. Les colons vivaient simplement et innocemment, payaient leurs dettes et avaient la banqueroute en horreur. »
Ce qui nous a intéressé particulièrement dans le livre de madame French, c’est une poésie de sa composition, qui ne couvre pas moins de treire pages, dans laquelle elle chante les gloires et les vertus de Charles de Langlade, le pionnier du, Wisconsin. Ce poëme s6 termine par la stance suivante :
The relicts of the past are in decsy; Another people owns the land to-days, And every where the word «progression » is engraved; But still a name, most dear to memory : De Langlade’s 18 atid ever moré will be ÀA'noble name by History’s bright annals saved.
«Les reliques du passé disparaissent ; un autre peuplé possède le 80l-aujourd’hui; et partout est gravé le mot ‘progrès: ; il reste cependant un nom bien cher à notre souvenir: de Langlade estet sera toujours un noble nom sauvé de l'oubli dans les pages Urillantes de l’histoire. »