‹ Les Canadiens de l'Ouest [microforme]Chapitre 48 sur 49 · CONCESSION DE L'EMPLACEMENT DE LA VIÈLE DE DUBUQUE · texte numérisé non relu

CONCESSION DE L'EMPLACEMENT DE LA VIÈLE DE DUBUQUE

A tous ceux qui les présentes lettres verront : Salut, savoir : faisons que nous, Julien Dubuque, minéralogiste, résidant à la mine d'Espagne et actuellement en la ville de Saint-Louis des Illinois d’une part,

Et Auguste Chouteau, négociant domicilié en cette dite ville . de Saint-Louis, d'autre part,

Sommes convenus et accordés de notre propre mouvement et volonté, en présence des témoins cy après nommés de ce qui suit, savoir :

Que moi, Julien Dubuque, par ces mêmes présentes, reconnais ét confesse avoir ce aujourd’hui vendu, cédé, quitté dès maintenant ét à toujours et promets de garantir de tous troubles, dettes, douaires, hypothèques, évictions, substitutions et autres empêchements quelconques, au sieur Auguste Chouteau, négociant susdit, à ce présent accéptant acquéreur pour lui ses hoirs et ayants-causes, savoir une terre contenant soîixantedouze mille trois cent vingt-quatré arpens de terre en superficié, à prendre au sud d’une concession obtenue par moi dit Dubuc, de M. le baron de Carondelet, ainsi qu’il est spécifié par le décret de ce dernier, daté à la Nouvelle-Orléans, le dix novembre mil sept cent quatre-vingt-seize, placé au bas de la requête par moi présentée au dit Sieur baron de Carondelet, et

dont la dite requête et décrets cy dessus mentionnés ont #té enregistrés au régistre de Sieur Antoine Soulard, arpenteur du territoire de la Louisiane, la susdite concession contenant environ sept lieues de front au Mississipy sur trois de profondeur, à commencer depuis les côtes d’en haut de la petite rivière Maquanquitois, dans l'endroit où elle arrive au fleuve Mississipy jusqu'aux côtes Meyquabinongue, dans l'endroit où elle arrive également au dit fleuve Mississipy : les soixante-douze mille trois cent vingt-quatre arpens de terre vendus par moi susdit Dubuc au dit Sieur Auguste Chouteau, seront limités et pris à commencer de la partie sud de ma dite concession à la côte Meyquabinongue, sur trois lieues de profondeur, et remontant le fleuve au nord, jusqu'au parfait complet des dits soi- £ante-douze mille trois cent vingt-quatre arpens, et comme un établissement par moi formé et que j’occupé aujourd’hui se trouverait englobé dans les dits soixante-douze mille trois cent vingt-quatre arpens de terre cy-dessus mentionnés et vendus, je me réserve par ces mêmes présentes la juste quantité de quarante-deux arpens de front au Mississipy sur quatre-vingtquatre de profondeur au dit endroit de mon susdit établissement; or, comme cette même quuntité de quarante-deux arpens de front sur quatre-vingt-quatré de profondeur 8e trouverait alors de moins pour compléter les dits soixante-douze mille trois cent vingt-quatre arpens cy dessus par moi vendus au dit Sieur Auguste Chouteau, moi susdit Dubuc, je m’oblige par ces mêmes présentes de faire livrer les dits quarante-deux arpens sur quâtre-vingt-quatre de profondeur dans un autre endroit de ma susdite concession, dont les dits quarante-deux arpens feront front au Mississipy, et les quatre-vingt-quatre arpens seront en profondeur,

Nous, susdits Dubuque et Chouteau, convenons et accordons de notre propre mouvement et volonté d’avoir chacun en particulier pleine et entèère jouissance des dits soixante-douze mille trois cent vingt-quatre arpens de terre cy dessus mentionnés tant pour les mines que pour la culture de la dite terre cy dessus vendue par moi, dit Dubuc, et acquise par moi susdit Chouteau, excepté néanmoins que moï, dit Dubuc, n’aura la dite jouissance que pendant ma vie durante, m’obligeant de ne

vendre, transporter ni aliéner la dite jouissance à qui que ce:

soit sous peines de toute nullité au dit droit d'exploitation des mines et culture de la dite terre par moi cy dessus vendue, et en faveur de la dite jouissance d’exploitations des mines et culture à moi accordée par le dit Sieur Chouteau pour et pendant ma vie durante; tous les travaux, fourneaux, bâtiments,

défrichements, etce., par moi faits sur la dite terre resteront au dit Sieur Chouteau après le dit terme cy dessus mentionné de ma vie durante, afin que le dit Chouteau ses hoirs et ayantscause en entre en pleine et paisible possession, et en jouisse comme de chose à lui appartenant après mon décès.

Cette présente vente faite par moi Dubuo pour le prix et somme de dix mille huit cent quarante-huit piastres et soixante sols, que par ces présentes je reconnais avoir reçu comptant des mains du dit Sieur Auguste Chouteau, et dont par ces présentes je lui donne pleine et entière quittance et décharge, voulant en faveur du dit payement que le dit Sieur Chouteau entre en pleine et paisible possession du susdit terrain dès ce jourd'hui, et en jouisse lui ses hoirs et ayants-cause comme de chose à lui appartenante, me démetant et désaisistant de la susdite quantité de soixante-douze mille trois cent vingt-quatre arpens de terre ey dessus mentionnés en faveur du susdit payement de la somme de dix mille huit cent quarante-huit piastres et soixante sols par moi reçus des mains du dit Sieur Chouteau, et sans que mes héritiers, exécuteurs ou administrateurs puissent en aucune manière rappeler de tout ce qui est cy dessus mentionné et stipulé. Car ainsi a été convenu et accordé, promettant, etc., obligeant, etc., renonçant, etc. J

Fait-et passé en la ville de Saint-Louis des Ilinois, le vingt

octobre de mil huit cent quatre et la vingt-neuvième année de |

l'indépendance américaine.

En foi de quoi, nous susdits Dubuque et Chouteau, avons signé les présentes en présence des Sieurs Marie-Philippe Leduc, greffier, Bernard Pratte et Manuel-Gonzalez Moro, et aussi apposé notre sceau le jour et an que dessus; les nots réciproquement et de la vingt-trois et vingt-quatrième lignes rayés nuls.

« AUGUSTE CHOUTEAU, «J, DUBUQUE.

‘M. P. Lepuc, st

. x"GONZ. MORO,

« BERNARD PRATTE. »

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