LA CONDITION SOCIALE DES CANADIENS
au milieu desquels il vit : —
" A VOUS de chercher à enrayer l'émigration. Le train de vie qu'on l'on
mène là-bas est navrant. Et ponr me servir des expressions d'un journal américain, quelles froides et ^sinistres prisons que œs fabriques de coton de Ja Nouvelle-Angleterre : Le père qui j'entre n'entraîne pa-s que lui seul, il entraine sa descendance; il n'étiole pas que sa vie, il flétrit celle des siens pendant plusieurs générations. S'il ne se crétinise pas, c'est peut-être qu'il y est entré tard ; mais il n'en est pas de même de ses enfants. Or, je vous le demande, quelle race pouvons-nous voir sortir d'un homme et d'une femme qui se sont emmuraillés dans les manufactures à l'âge de dix ou douze ans et dont les enfants auront le même sort Messieurs, si ce n'est pas le crétinisme à la troisième génération, c'est le dépérissement physique et moral ; c'est la perte irréparable de cette supériorité intellectuelle et physique que le ciel a donné à notre sang pour en faire un meilleur usage. Il me semble que les enfants de la province de Québec, province dont les terrains incultes sont immenses, auraient d'autres destins en réserve que celui d'enrichir les Américains par un travail ardu et pénible."
E>"BICHIR LES AMÉRICArS'S,
voilà bien le rôle des nôtres aux Etats-Unis ; car les capitaux, le pouvoir, sont aux mains des Américains qui façonnent les lois de manière à garder pour eux le profit sur le travail des émigrants qu'ils attirent chez eux. Et c'est pour jouer ce rôle que l'on s'impose la douleur de se séparer de ses parents, que l'on expose la Foi de ses enfants 1 Car en effet sous