LA FIÈVRE DE DEPLACEMENT
que cette statistique atteste est sans doute en grande partie le fr.uit de notre civilisation qui a rendu les voyages si faciles ; mais elle est aussi beaucoup l'œuvre d'embaucheurs sans scrupules qui se font métier de vanter partout la richesse et les beautés de telle et telle région.
Sur les millions qui se eont laissés prendre par ces réclames habilement déguisées, que de déçus ! Les déplacements continuels d'un Etat à l'autre en disent long sur ce sujet; mais ils no disent pas tout. Car il arrive souvent qu'un Canadien, après avoir épuisé ses dernières ressources pour
66 rendre dans la localité qu'on lui a tant vantée, ne r'^trouve plus les moyens d'en repartir, malgré son désir de le faire.
J'ai beaucoup voyagé dans le Michigan et le Wisconsin, surtout dans les centres Canadiens-français. Il y a là de cent à cent cinquante mille Canadiens-français, la plupart établis depuis longtemps. Un grand nombre se sont rendus dans l'Ouest, il y a trente ou quarante ans, pour travailler dans les chantiers. La masse d'entre eux