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PAROISSE SAINT FRANÇOIS-XAVIER

Curé fondateur : le Rév. J. A. Aùdet (1868 ..,.)

La première église St Joseph avait été bâtie sur une coUiBe, à mi-chemin entre Burlington et Winooski qui comptait bon nombre de Canadiens.

En 1868, la population de ce village ayant beaucoup augmenté, l'Evêque résolut d'y fonder une nouvelle paroisse. U obtint de Mgr de St Hyacinthe un jeune prêtre qoi venait d'être ordonné. C'était le Rév. J. A Audet.

Le 4 mars 1868, du haut de la colline de St Joseph, Mgr de Goësbriand, montrant à M. Audet le village de Wiixooâki : " Mon cher curé» lui dit-il» voilà le champ

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" do VOS travaux. J*aî loué une salle pour y dire 1& " messe. J'y ai fait placer 100 bancs, vous commencerez *' Dimanche prochain. Faites de votre mieux, travaillez, " débrouillez-vous." — " Très bien, Monseip;neur, mais " pour louer les bancs, quel sera votre tarif ?" — Mon " t \rif ? mais je n'en ai pas ; faites comme vous pourrez. " Les Canadiens sont pauvres et peu donnant, vous le *' savez. Si vous pouvez avoir $250 pour vos bancs, ce " sera très beau. Cela couviira à peu près le prix de la " location et les frais du culte. En attendant, logez-vous " à révecha"

Le Dimanche suivant, le jeune curé était au milieu de ses ouailles.

La salle venant à peine d'être finie, l'on n'avait pas encore eu le temps d'enlever les barriques de plâtre et les boîtes à chaux qui avaient servi aux travaux. M. Audet prend une de ces boîtes, la dresse debout et pose eu travers une planche propre, ce fut l'autel. Les chandeliers faisant défaut, il colle les cliandelles sur la planche, et la messe commence. La salle était comble il y avilit là plus de 400 Canadiens.

A la fin de la messe, Monseigneur arriva, et jetant un coup d'œil rapide sur l'installation. — " C'est bien, mes " enfants, voilà un bon commencement, prenez bien soin " de votre curé, Dieu vous bénira."

Le temps était venu de frapper le grand coup, e'es(-à-

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dire, de louer les bones. Ce début devait avoir des résultats importants, non-seulement pour la paroisse nouvelle, mais aussi pour bon nombre d'autres centres, qui songeaient dàs lors à se séparer.

Les Canadiens étaient-ils capables de fonder des paroisses à eux et de faire vivre leurs prêtres ? Telle était la question qui allait se résoudre à Winooski.

M. Audet avait préparé d'avance tout son plan de bataille. La messe finie, il adresse à ses Canadiens une chaleureuse allocution, leur exposant la situation et les exhortant à faire leur devoir avec générosité. Puis, selon ses propres expressions, " quand il les eût bien " dans la main et qu'il vit les yeux leur flamber dans la " tête, " il mit les bancs à l'enchère.

Le résultat dépassa toutes les espérances.

Le soir,de retour à l'Evêché, Monseigneur lui demanda : " Eh bien, M. Audet, vos bancs se sont-ils loués 200 piastres ? — Mieux que cela. Monseigneur — Comment, mieux que cela ? Avez- vous eu $300 ? — Encore mieux que cela. Monseigneur, devinez — Etes-vous allé à 4 ou 500 piastres — Tenez, Monseigneur, reprît M. Audet, regardez, et il lui montra un énorme rouleau de billets ; mes bancs pour l'année sont loués 1600 piastres et voici le paiement du premier quartier.

" Vous le voyez, l'affaire marchera. "

Le bon évêque n'en revenait pas de surprise et de joie. Les larmes aux yeux, il dit au jeune prêtre : " mon " cher curé, vous venez de m'apprendre un grand secret, '* c'est que pov/r réussir avec les Canadiens, il faiU lev/r •• donner des prêtres Canadiens,*'

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Ce fat là désormais' le programme de révêqos de Burlington. L'année suivante (1869), il s'en allait faire une campagne en Canada pour recruter des prêtres Canadiens, et il écrivit en faveur des émigrés la lettre touchante dont nous avons parlé plus haut

M. Audet se mît à l'œuvre pour organiser sa nouvelle paroisse, et la Providence lui vint en aide d'une manière bien opportune. Il y avait à Winooski un Canadien nommé J. Leclaire. Dieu lavait béni dans ses entreprises, cet homme était devenu riche, mais, ce qui valait mieux encore, il était resté bon Canadien et chrétien excellent. M. Leclaire offrit au Curé de bâtir l'église à ses frais, ne demandant qu'à être remboursé du capital» et encore quand on le pourrait

Les intérêts, il les abandonnait à Dieu.

M. Âudet accepta, bien entendu, une offre aussi i^énéreuse. Il fit construire une grande église surmontée de deux belles flèches de 158 pieds de hauteur. Comprenant rimportance do l'école paroissiale pour garder la religion et la langue française chez les enfants, dès le début de son administration, et avant même d'avoir une église, il ouvrit une école modèle, qu'il confia aux Sœurs de la Providence de Montréal

Les Canadiens, v^oulaient bâtir un presbytère. M. Audet les encouragea à ramener de l'argent, puis,

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quand on eût collecté une somme assez ronde, il leur donna une instruction solide sur les bienfaits de l'éducation, et, à la place d'un presbytère, les décida à bâtir un grand couvent pour les enfants des deux sexes. Cette académie fut terminée en 1878. Là plus de 500 enfants canadiens reçoivent aujourd'hui une éducation catholique et française.

En 1888, après avoir bien logé et le bon Dieu et les bonnes Sœurs, M. Audet crut qu'il était temps enfin de se bien loger lui-même. Il fit les choses en grand, efc se bâtit un des plus beaux et des plus comfortables presbytères de toute la Nouvelle-Angleterre.

Eglise et presbytère sont dans une , situation magnifique, sur le sommet d'une colline où l'on domine Id village de Winooski et la ville de Burlington, avec un^ perspective très étendue sur le lac Champlain et la chaîne des Adirondaks.

L'ensemble de ces constructions a coûté plus de $60,000.

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