‹ Les canadiens-français de la Nouvelle-Angleterre [microforme]Chapitre 20 sur 190 · RES · texte numérisé non relu

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Quelques années plus tard, en 1886, épuisé pur le travail et une maladie cruelle, supportée avec ,une patience héroïque, Ferd. Gagnon, mourait à l'âge de 36 ans, mais son œuvre était assurée,

Le journalisme canadien était fondé.

Le Travailleur, dirigé aujourd'hui par M. E. Tardivel continue avec habileté et talent, l’œuvre de Ferdinand Gagnon. D'autres écrivains ont suivi la même carrière. L'on sera sans doute surpris d'apprendre que les Canadiens ont, dans les Etats de l’Est seulement, 12 journaux hebdomadaires ou bi-hebdomadaires. .

Cette presse rédigée, en général, dans un esprit très catholique, entretient parmi les émigrés les sentiments patriotiques et l’usage de la langue française,

Les sociétés Saint - Jean - Baptiste allaient se multiplier de plus en plus, et toutes, adoptaient avec enthousiasme, le programme patriotique formulé par la grande convention de 1874, au Collège Ste Marie de Montréal.

“ Notre Religion, Notre Langue et nos Mœurs.”

Ces sociétés comptent aujourd'hui 210 centres avec 30,840 membres dans la Nouvelle-Angleterre seulement.

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Elles ont rendu, à mon avis, des services précieux à la cause canadienne aux Etats-Unis. Grâce à elles, les Canadiens se sont connus et rapprochés. Ils sont ainsi devenus plus forts pour résister aux influences adverses qui les menaçaient de toutes parts. Dirigés par des hommes énergiques, et presque toujours en commu-

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—. nion d'idées avec leurs prêtres, elles ont aidé efficice- 4 de ment à la fondation des couvents et des écoles parois- M siales, comme aussi à leur soutien. Dans bon nombre de 1 localités, la Société de Saint-Jean-Baptiste a servi de À vel base première à la fondation de la paroisse canadienne. È ind Elle faisait le recensement des Canadiens, puis envoyait à bre. ses citoyens les plus influents plaider près de l’Evêque ! na- la cause de la paroisse séparée. 4 aux Il y a eu des misères, je le sais. Quelle société humaine à en est exempte ? Certains centres se sont montrés hostiles ù has aux prêtres, leurs chefs naturels, d'autres ont parfois î ile cherché à favoriser leurs intérêts matériels, par des moyens peu favorables à la moralité, et se sont vu justement barrer le chemin. Mais en somimne, les sociétés ue Saint-Jean-Baptiste ont été et sont encore des auxiliaires que précieux pour le prêtre, elles peuvent aider puissamment nde à garder au sein des familles la religion et l’usage de la sal. langue fra: \çaise.

Si ces sociétés voulaient avoir leur pleine efficacité pour le bien général de la cause canadienne aux Etats- Unis, je me permettrais de leur faire les suggestions suivantes.

1° A la prochaine convention générale des Canadiens vec que l’on propose de mettre en tête des .constitutions ent. diverses de la société quelques articles commune où

l’on fasse entrer des principes catholiques plus accentués (ce fut malheureusement ce qui manqua à la fondation de la première société Saint-Jean-Baptiste canadienne, son acte de baptême n’est pas très orthodoxe.)

2° Qu'il soit entendu que le curé, chef officiel de la paroisse canadienne, est âussi, par devoir, le Chapelain obligé de la société de Saint-Jean-Baptiste.

, Soumettrefau ballotage, le choix du prêtre comme chapelain, est incompatible avec la dignité du pasteur, et le caractère religieux que la société de Saint-Jean- Baptiste entend bien conserver.

Douze journaux canadiens pour guider leurs compatriotes, les soutenir dans la revendication légitime de leurs droits, et entretenir chez eux le patriotisme et l'usage de la langue française ; 210 sociétés de Saint-Jean-Baptiste, comptant parmi leurs membres, les médecins canadiens et les citoyens influents de chaque paroisse, secondant les efforts du prêtre et s’associant partout à la fondation d'écoles paroiïssiales, de couvents canadiens-français ; de nombreuses associations ayant pour but le secours mutuel, l'instruction ou des amusements honnêtes ; voilà certes des forces qui prouvent une vitalité puissante chez ces canadiens émigrés.

Groupez toutes ces forces autour de la citadelle commune, la paroisse catholique canadienne, et vous com-

prendrez que les Canadiens-français, des Etats, peuvent .

se flatter légitimement d’avoir des chances sérieuses de stabilité et d'avenir.

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