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Peut-être lu manière silencieuse dont cette émigration s’est opérée explique-t-elle pourquoi jusqu'ici les écrivains catholiques des États ne paraissent pas s'en préoccuper. Ils ignorent, sans doute son étendue, et, par conséquent, son importance pour la cause catholique.
En cela, du reste, rien d'étonnant, puisque, même en Canada, des hommes instruits, des prêtres sont encore, à ce sujet, dans une ignorance étrange. Ils restent toujours persuadés que les pauvres can: diens émigrés aux États, ne pratiquent plus aucune religion, qu’ils perdent leur langue et leur nationalité, et qu'ils se fondent rapidement dans la masse des protestants américains.
Il est temps de rendre justice à ces vaillants catholiques. Seuls, sans alliés, sans sympathies effectives de la part de leurs anciens compatriotes, aidés seulement par leurs prêtres canadiens, ils ont réussi, en vingt ans, à faire les œuvres magnifiques que nous venons d'énumérer.
Il est temps de croire à l’importance de ces centres catholiques, à la force de cohésion qui, depuis vingt ans, a su maintenir la religion et la nationalité canadiennefrançaise au milieu de difficultés de toutes sortes.
Il est temps enfin de reconnaître que la Providence semble avoir réservé à ces Canadiens une mission considérable dans les États de l'Est, et de les aider généreusement à la remplir.
Pourquoi donc persister à nier des résultats aussi clairs et aussi consolants ? D'où vient cette disposition obstinée à déprécier les efforts heur:ux de ces Canadiens
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émigrés. et: à leur refuser toutes chances de stabilité pour l'avenir ? A toutes les preuves que nous leur fournissons, ces hommes répondent : “ Oh ! vous exagéres, vous. vous faites illusion ; les paroisses canadiennes ne tiendront pas, elles sont destinées à disparaître bientôt à quoi bon s'intéresser à ces émigrés ? Ils sont perdus pour la religion peut-être, pour la nationalité canadienne certainement”
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Si vous mettez en suspicion le témoignage sincère des amis des Canadiens émigrés, du moins vous accepterez, j'espère, celui de leurs ennemis. Or, voici ce que je trouve dans un grand journal de Boston, l'Américain, du 28 décembre 1889. Il s’agit des dangers que le catholicisme fait courir à la foi protestante dans les États de l'Est.
.. Le Komanism ent déjà une terrible puissanee dans notre pays. Il domine New-York et exerce une influence considérable dans beaucoup de villes et de cités de la Nouvelle-Angleterre. Mais à cette force romaine, il faut encore ajouter le pouvoir ultramontain français que, jusqu'ici, nous avons complètement ignoré.
Songez-y donc, Américains patriotes, les Jésuites français ont conçu le projet de former une nation catholique avec la province de Québec et la Nouvelle-Angle:crre, et ce projet de rendre la Nouvelle-Angleterre catholique-française a déjà pris des proportions capables d’alarmer les plus optimistes,
Les Français sont plus d’un million aux Etats-Unis, et selon toute probabilité, 350,000 dans la Nouvelle-Angleterre. Ils remplissent vos fabriques, achètent vos fermes, s’introduisent daus vos
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