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D'ailleurs, après avoir déraciné les colons.des vieilles paroisses pour les transplanter dans les forêts du. Nord; et la vallée du St-Jean, M. Hébert, et Mgr Labelle luimême, ont dû laisser au temps et à la natalité des familles, le soin de fortifier leur œuvre et de l'étendre,. La paroisse nouvelle va tout d'abord, enfoncer solidement ses racines dans le sol, puis elle grandira, puis, à son tour, elle enverra de nouveaux essaims prendre possession des grandes forêts du Nord.
Nous sommes ainsi ramenés à la théorie pratique du R. P. Lacasse, Elle assure un progrès que rien ne peut ralentir et, de plus, elle offre un moyen certain d'élargir également de toutes parts la patrie Canadienne.
Or, d’après cette théorie, sur l'autre rive du St Laurent, la colonisation doit naturellement se porter au Sud, c'est-à-dire vers les frontières américaines,
Nous l'avons dit plus haut, depuis quelques 25 ans, ce mouvement est commencé. Dans le diocèse de St Hyacinthe, il y a aujourd’hui plus de 100,000 Canadiens, plus de 50,000 dans le diocèse de Sherbrook, et de nouvelles paroisses se forment, chaque année, dans la Beauce, en arrière de St Joseph et do St François.
Bientôt, ces paroisses Canadiennes, serrées les unes contre les autres, comme les rangs d’une armée en ordre de bataille, arriveront en face de la ligne 45ème et des territoires où flotte le drapeau de la république américaine.
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Qu'arrivera-t-il alors ?
Une simple ligne géographique, des institutions politiques, quelque peu différentes de celles du Canada, sufiront-elles pour arrêter ce flot d'hommes descendant vers le Sud ?
Ces obstacles ont-ils arrêté les colons de la vallée de l'Ottawa et de la province d'Ontario ? Et cependant, pour des Canadiens de Québec, Ontario n'est-il pas un pays différent du leur et par la religion, et par la langue, et même par la politique, au moins en ce qui regarde les intérêts locaux.
Malgré ces difficultés, malgré les résistances d'un élément anglais tenace, hostile même à l'invasion, cherchant à l'entraver par tous les moyens possibles, la poussée canadienne a fini par l'emporter. Les Canadiens se sont infiltrés partout dans les comtés d'Ontario, limithrophes de la province de Québec, et bravement, il continuent à marcher vers l'Ouest,
Seront-ils donc moins heureux quand ils se trouveront au Sud, en face d’un élément qui, loin d'offrir la même force de résistance, tend au contraire chaque jour à se désagréger et à se disperser de toutes parts ?
Les Américains, on le sait, abandonnent en grand nombre les fermes de la Nouvelle-Angleterre, Ces fermes ne doivent cependant pas retourner à l’état sauvage. Qui donc les occupera ? Les Irlandais ne veulent
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pas cultiver, ils préfèrent s'agglomérer dans les grandes villes. Essaiera-t-on d’implanter sur ces terres en friche des colonies étrangères arrachées à une patrie lointaine, quand tout à côté, il y a un peuple essentiellement agriculteur, et qui demande une place de plus en plus large au soleil, pour ses nombreux enfants ?
Encore une fois la poussée canadienne se fera bientôt sentir au Sud, comme elle se fait déjà sentir à l'Ouest.
Ce sera la poussée puissante, irrésistible d’un peuple trop à l’étroit dans ses frontières politiques, et qui, pareil au flux des grandes eaux, envahira forcément les contrées voisines.
Voilà ce qui arrivera quand la race canadienne aura achevé d'occuper l'espace relativement restreint qui se trouve entre la rive sud du St Laurent et la frontière américaine, ce que nous nommons aujourd'hui les Cantons de l'Est. Il ne faudra probablement pas plus qu'une autre génération d'hommes pour accomplir cette besogne. Alors la grande invasion commencera.
Déjà même nous pouvons assister aux premières applications de la théorie que je viens d'exposer.
Jetez les yeux sur les comtés américains de l’État de New-York, du Vermont et du New-Hamsphire qui avoisinent les frontières de la province de Québec. L'invasion y est déjà aussi avancée que dans les cantons de l'Ouest. La paroisse canadienne franchissant la ligne
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a planté des rejetons vigoureux sur le territoire américain.
“ Le Comté de Clinton, au nord de l'État de New- “ York, sur une population totale de 55,200 âmes compte “aujourd'hui 26,300 Canadiens-Français. Un grand “ nombre d’entr’eux sont propriétaires de bonnes fermes, “et dans les villages, ils ont presque tous à eux une “ petite maison et un acre de terre. La majorité du “ comté est catholique et l'élément américain diminue “ rapidement chaque année. ”
(Guide français de la Nouvelle-Angleterre page 988)
Même phénomène dans le Vermont et le New-Hampshire.
Les Comtés de Franklin et d'Orléans de Chittenden et d’Essex limitrophes du diocèse de Sherbrook et de l’Archidiocèse de Québec, se remplissent de Canadiens Ils sont là plus de 20,000, et déjà à Franklin, Alburg, Highgate, Montgomery, Enosbuig, Newport, Barton Island-Pond ete, bon nombre d’entre eux se livrent à la culture. Ils attendent leurs frères de la Beauce qui de leur côté, s'avancent rapidement à leur rencontre. Bientôt les uns et les autres se donneront la main pardessus la frontière, !
Même phénomène encore chez les Acadiens de l'Est. Eux aussi envahissent le Maine. Dans la vallée de la Madawaska, il y a déjà 12 belles paroisses francaises comptant au delà de 18,000 âmes.
1 Les journaux annoncent qu'un syndicat vient de se former parmi les pe visses de l'Est pour acheter les terres vacantesdu New-Hampshire. C'est un ommencement d'application de la théorie que j’expose,