V. Star Montréal, 26 Décembre
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Les Américains eux-mêmes semblent du reste en avoir pris leur parti : Voici ce que le Commercial Advertiser un grand journal do New-York, disait dernièrement à ce propos.
“ Les habitants du Canada débordent par dessus nos frontières. La victoire remportée par les hommes de la race anglaise, sur les plaines d'Abraham, est vengée par les femmes de la race de Montcalm. La Nouvel'e-Angleterre est vaincue. Les essaims détachés de la ruche française prennent possession du terrain. Les descendants des Pilgrims multipliant moins rapidement que leurs ancêtres se rarefient d'année en année. Les jeunes gens de la Nouvelle-Angleterre, suivant le fameux conseil d'Horace Greely, s'en vont à l'Ouest, au Sud, partout,
pour échapper à la concurrence des nouveaux-venus dont l’activité surpasse la leur et qui semblent avoir pour mission de couvrir la terre La Nouvelle-Angleterre des aïeux est en train de disparaître. ” (Commercial Advertiser, Octobre 1890).
Ce mouvement ne peut désormais que s'accentuer et grandir. C'est le développement naturel d’un peuple béni de Dieu daus ses familles, et qui, n'ayant pas de
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DE LA NOËVETEE-ANOLETÈNRE 153
colonies, s’empurera forcément des pluces inoccupées chez ses voisins.
Un autre élément facilitera beaucoup cette invasion pacifique.
Quand'les Canadiens du Canada arriveront en masse à la frontière ainéricaine il# trouveront là plus d'un dèmi million de leurs compatriotes qui lès ont quittés dépuis peu de temps, pour s'établir partont dans les villes de la Nouvelle-Angleterre. Ils travaillent dans les manufactures, ils sont dans le commerce, ils s'emploient aux industries diverses, déjà une grande partie de la main d'œuvre leur appartient, de plus, ils ont la paroisse canadienne organisée absolument comme en Canada, et sont bien décidés, tout'en remplissant loyalement leurs devoirs de citoyens, à rester pourtant Catholiques et Français.
Les plus pessimistes admettront bien, je pense, que dans de telles conditions ces hommes ont chance de garder leur religion et leur langue, au moins pendant 30 ans. Or dans 30 ans, où seront rendus les Canadiens de la rive Sud du St-Laurent ?
Encore une fois, faisant abstraction de toute spéculation politique, et men tenant aux éléments les plus élevés de ia Nationalité, je le demande, qui empêchera ces hommes de se reconnaître comme frères, et de ne plus former par le cœur et la langue, qu'un seul et même peuple ?
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Les Aïnéricains chercheront - ils à empêcher cette fusion ? Je ne le pense pas. Il faudrait pour cela aller contre la force naturelle des choses, et priver des hommes libres de privilèges auxquels ils ont des droits inaliénables, en un mot, il faudrait persécuter. Quelques fanatiques, derniers restes des anciens puritains, ont bien cherché, il est vrai, à pousser leurs compatriotes dans ces voies de violence, mais ils n'ont réussi jusqu'ici qu’à prouver leur impuissance absolue. L'opi-
nion publique a condamné et flétri ces convulsions.
hideuses du puritanisme expirant.
Du reste, pourquoi voudrait-on persécuter quand on donne pour base à la constitution, la liberté la plus complète et la plus sincère ?
Pourquoi prendrait - on des mesures prohibitives contre les Canadiens-Français quand on invite toutes les nations de la terre à venir occuper les territoires immenses de la Grande Ré sablique ?
Dès lors .,':° les nouveaux-venus obéissent aux lois de leur pays d'adoption, qu'ils contribuent par leur travail à développer la prospérité matérielle et nationale, l'Américain a le bon sens de comprendre qu’il n’a pas à s'occuper de la religion que ces hommes professent dans leurs églises, ni de la langue qu'ils parlent à la maison.
Les Allemands à l'Ouest sont au moins 4 millions. Ils gardent encore leur langue et les vsages de ia vieille mère-patrie. L:s Américains ont-ils jamais songé à
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D'ailleurs les Canadiens-Françnis des États de l'Est, seront bientôt, et trop nombreux et trop influents, pour qu'ur parti politique quelconque, ° voulut-il, osât leur disputer des privilèges qui, apres tout, sont le patrimoine sacré de chaque homme libre, quelque soit le drapeau qui flotte sur sa tête.
CONCLUSION
L'élément canadien-français fournit déjà un appoint considérable à l'Église dans les États-Unis de l'Est.
Selon la prédiction de Mgr de Goesbriand, les Canadiens-Français accomplissent une mission providentielle ; ils concourent pour leur part à la conquête pacifique, au nom de la religion, du sol de la Nouvelle Angleterre.
Quand les froissements causés par l'invasion quelque peu brusque et imprévue des Canadiens seront oubliés, que les vivacités de la iutte pour l'installation de paroisses et d'écoles distinctes seront calmées, quand enfi les catholiques américains comprendront mieux ce que les Canadiens-Français, dans l'intérêt même de leur foi religieuse, demandent par leur programme patriotique, et cesseront de se montrer hostiles ou défiants, alors Canadiens et Américains catholiques, ralliés
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ensemble autour de la croix pour défendre ou réclamer des droits communs, pourront assurer à l'Église catholique une position magnifique dans ce pays qui fut le berceau et resta longtemps la citadelle du protestantisme américain.
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IIème PARTIE
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