‹ Les canadiens-français de la Nouvelle-Angleterre [microforme]Chapitre 87 sur 190 · PAROISSE NOTRE-DAME DU SACRÉ-CŒUR · texte numérisé non relu

PAROISSE NOTRE-DAME DU SACRÉ-CŒUR

Curé fondateur. ...Rév Uhs Crevier Dèm: Curé.........Rév, La Leduc

En 1871, le Rév. Chs Crevier, prêtre du diocèse de Montréal, fut envoyé par Mgr O’Reilly à North Adams pour y fonder une paroisse Canadienne.

Actif et insinuant, M. Crevier sut bien vite se concilier la bienveillance des catholiques et des protestants de la ville. Au prix de 400 piastres par année, il loua une vieille chapelle sur Center street, et y commença les offices divins. Puis il se mit à la recherche d’un terrain favorable pour la future église.

Sur la rue commerciale de North Adams, au sommet d’une colline d’où l’on domine toute la ville et les vallées avoisinantes, il acheta un vaste emplacement avec une maison qui devait servir de presbytère,

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L'ou se mit à l’œuvre, mais l’entreprise fut plus difBcile qu'on ne l'avait pensé d'abord. Le terrain était argileux. Pour soutenir une construction comme celle que l’on projetait d'élever, il fallut faire des fondations en ciment qui coûtèrent plus de 15,000 piastres.

Cependant tous les obstacles furent surmontés.

En 1875, les Canadiens prenaient possession d’un beau soubassement, entièrement hors de terre, de 180 pieds de longueur par 18 de hauteur, Ce soubassement devait plus tard servir d'écoles de paroisse.

Durant dix longues années, tous les revenus de l'église allèrent à payer les intérêts de la dette contractée par tous ces grands travaux, et à amortir quelque peu le capital. Mais les Canadiens de North Adams s’enauyaient de rester dans ce soubassement, quelque beau qu’il fut : il leur fallait une église.

En 1885, M. Crevier se mit à l’œuvre, et bientôt une flèche élégante de 190 pieds d’élévation, alla porter dans les airs la croix du Sauveur, et annoncer le plein succès de l’entreprise.

Fatigué par ces travaux incessants, le brave curé sentit alors le besoin de prendre un peu de repos.

À ce moment, — coïncidence heureuse —, M. Ls Leduc,

de West-Troy, dont l’église venait d’être la proie des

flammes, se trouvant en visite à North Adams, accepta de remplacer temporairement M. Crevier qui partit pour un voyage en Californie,

À son retour, constatant les résultats heureux de l'administration de son substitut, et souhaitant, du reste, une position plus tranquille que North Adams, M Crevier quitta définitivement sa cure pour s’en aller à Indian Orchard succéder à M. Ducharme qui venait de mourir,

M. Ls Ledue devint alors curé en titre de North Adams.

2ème Curé : Rév. Ls Leduc (1886-... 2

L'extérieur seul de léglise était terminé, mais le nouveau pasteur entreprit aussitôt de finir l’intérieur, bien résolu d’en faire un des plus beaux temples de la Nouvelle-Angleterre.

L'on se souviendra longtemps de la fameuse soirée, où les paroissiens de North Adams, électrisés par la parole ardente de leur jeune curé, souscrivirent si généreusement pour la décoration de leur église.

M. Leduc voulait faire exécuter un magnifique autel en bois, qui devait coûter au moins 2,000 piastres.

Deux Canadiens, MM. Vadney et Matthieu Owens, se chargent de la dépense.

Il fallait des autels latéraux, en rapport avec le maître-autel qu'on allait élever.

Mme Vadney, ne voulant pas le céder en générosité à son mari, donne son billet pour 500 piastres.

Le Dr Matte souscrit 500 piastres pour l’autre, et Mme Dr Matte donne 200 piastres pour la lampe du sanctuaire.

I! fallait quatre grandes statues, de $100.00 chacüne. Des jeunes gens s'unissent et les paient.

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Il fallait un Chemin de Croix. La congrégation des jeunes filles s’en charge.

[1 fallait des verrières ; les autres sociétés et des familles particulières les promettent.

Bref, dans cette séance, on avait souscrit plus de 5,000 piastres qui furent bientôt fidèlement versées entre les mains de l'habile pasteur. $Ses désirs furent réalisés. En 1889, il finit l’intérieur de l’église, l’une des mieux décorées de toute la Nouvelle-Angleterre.

Non content d'avoir déjà contribué généreusement à payer le maître-autel, M. Vadney voulut encore doter la paroisse d'un orgue de 3,000 piastres. Enfin en 1888, l’on plaça dans la tour un carillon de trois cloches, du prix de 1500 piastres.

Voilà ee que les Canadiens de North Adams ont fait, en quelques années pour Dieu et leur église. La dette est encore considérable, il est vrai; mais grâce à la générosité des paroïissiens, comme aussi à l’habileté du pasteur, — un véritable homme d’affaires, — cette dette sera liquidée avant longtemps.

Les Canadiens de North Adains sont, à bon droit, fiers de leur église. Elle fait leur gloire aussi bien que l’admiration des Américains de la ville qui viennent la visiter en grand nombre.

En 1888, M. Leduc acheta une grande maison bâtie par M. Crevier, tout à côté de l’église, et en fit un cou-

vent pour les Sœurs de Ste Anne qui, en 1890, ont pris la direction des écoles.

Elles ont 540 élèves auxquelles elles enseignent l’anglais et le français. La langue n'est donc pas en danger de se perdre de sitôt dans cette localité.

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North Adams a déjà donné naissance à une autre paroisse Canadienne, South Adams, à trois milles de distance.

Or, voici que M. Leduc vient de finir à Williamston, une église en briques, du prix de 10,000 piastres. Cette église aura avant longtemps, elle aussi, son prêtre résident.

C'est le champ particulier que cultive avec zèle son vénérable assistant, le Rév. Joseph-Magloire Rioux, ancien curé de Saint-Flavien (Québec). La piété de ses Canadiens du Grey Lock et de Williamston, le zèle qu'ils montrent pour la religion, lui rendent la vie américaine très supportable à North Adams.

Il ne s'ennuie pas trop du Canada.

Quand M. Crevier commença son œuvre, il y avait

150 familles Canadiennes dans la ville et la vallée de North Adams.

Aujourd’hui, dans un rayon de 4 milles, il y en a 1250 avec tout près de 7,000 âmes.

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Les prophéties qui annonçaient l'absorption des Canadiens, en quelques années, ne sont pas, on le voit, en tr.in de se réaliser, au moins à North Adams.

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