HISTORIQUE
Le problème de la jonction par un canal du bassin de la Garonne au bassin de la Loire est déjà bien ancien.
Il fut peut-être envisagé par Sully, Colbert, Riquet ou les Trudaine, et si son étude ne semble pas avoir fait beaucoup de progrès depuis qu’il est revenu sur le tapis, vers 1879, ce n’est pas une raison pour s'en désintéresser, mais au contraire pour que l’on s’efforce de le faire sortir des cartons administratifs et de démontrer l'opportunité, toujours plus grande, de son exécution.
Dès 1827 l’éminent ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Brisson étudiait la création d'une grande ligne navigale de Bordeaux à Bâle ou à Huningue et il envisageait si l’on pouvait chercher à établir cette ligne en remontant la vallée de la Dordogne, pour atteindré ensuite celle du Sioulet et gagner successivement celle de la Sioule, de l'Allier et de la Loire.
Examinant les travaux d'art qu'exigerait cette grande voie il concluait en ces termes : « En résumé la communication de Bordeaux à la Haute-Loire présentera 425 kilomètres de canal à ouvrir, dont
2.600 mètres en deuxparties souterraines; 601 mètres pour la somme des pentes en différents sens à rache. ter par écluses et 161 kilomètres de longueur de rigoles pour desservir les points de partage (1). »
L'inventeur de ce {projet marquait l'importance de cette ligne de communication pour les régions du centre de la France. Il ne se dissimulait cependant pas les difficultés de son exécution et de son exploitation et après une étude théorique consciencieuse, justifiée par l'intérêt de la création de relations entre Loire et Garonne, il paraissait peu disposé à proposer l'adoption de ce tracé :
« Les difficultés, écrit-il (2), que peuvent offrir à « l'assiette du canal les vallées de la Dordogne et « du Sioulet, surtout dans leurs parties supérieures, « et le grand nombre d’écluses peuvent rendre « l'exécution de ce canal dispendieuse et la naviga- « tion lente et pénible. L'importance de cette ligne « de communication pour les provinces centrales « de la France devra, du moins, appeler l’attention « sur la possibilité d'y remplacer la navigation par « un chemin de fer. »
Ce projet qui trouve encore des défenseurs dans l'arrondissement de Bergerac, aurait, d’après ses partisans,reçu l'approbation du Conseil général des Ponts et Chaussées vers 1837 ou 1838. Mais malgré nos recherches au ministère des Travaux Publics
1. Brisson, Essai sur le système général des navigations intérieure de la Franre, p. 27.