ET LE PLATEAU CENTRAL
Ce projet partant de Bordeaux coupe le bec d’Ambès et atteint Libourne, reliant ainsi la Garonne à la Dordogne. Il emprunte ensuite le cours de cette dernière rivière et la remonte jusqu’à son confluent avec le Chavanon qu'il suit jusqu'à sa source. Il franchit la ligne de partage des eaux des bassins de la Dordogne et de la Loire au col de Fayat, à la côte 709. Puis il descend les vallées du Sioulet et de la Sioule, arrive à l’Allier qu’il traverse et emprunte le lit de la Bebre pour aboutir à la Loire à Diou. Il comporte, en outre, un embranchement, partant du point de partage des eaux, sur Montiuçon.
Ce projet aété envisagé par Brisson, qui prévoyait pour son exécution, comme nous l'avons dit plus haut, 425 kilomètres de canal à ouvrir, 2.600 mètres de souterrains, 601 mètres pour la somme des pentes à racheter par écluses et 161 kilomètres de rigoles pour l'alimentation.
À première vue, si l’on jette un coup d’œil superficiel sur la carte, ce tracé semble présenter un
grand avantage au point de vue technique: il em-
prunte des cours d’eau sur presque tout son parcours.
Mais cet avantage est plus apparent que réel et ne résiste pas à l'examen.
Certes, de Libourne le canal suit le cours de la Dordogne qui est navigable jusqu’à Bergerac, jusqu’à Souillac même, alléguent les partisans de ce projet. Mais si l'on y regarde de près l’on constate qu'entre ces deux dernières villesla rivièren’est pas navigable eu toute saison. La Dordogne est un peu comme la Loire ; chaque pluie en fait un torrent et à lamoindre sécheresse ses eaux coulent à travers des sables et des graviers et n’ont que quelques centimètres de fond. “
Le régime de la Dordogne supérieure et ceux du Chavanon, du Sioulet et de la Sioule, dont le tracé suit le cours, sont les mêmes.
: Inutilisables par elles-mêmes ces rivières peuventelles du moins prêter parleurs vallées un concours efficace à l'exécution du canal ?
On peut en douter. Lorsque par suite de l’irrégularité du débit l’on ne peut employer le lit d’un cours d’eau le seul moyen d'utiliser la vallée est de creuser un Canal parallèle,
Or ce procédé n’est guère praticable en l'espèce. La Haute-Dordogne, le Chavanon, le Sioulet, et la Sioule coulent dans des gorges profondes et étroites ; si profondes et si étroites qu’à certains endroits, où l’on a eu peine à établir quelques routes taillées en plein roc dans le flanc même de la montagne, il