Colson, Transports et Tarifs, p
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Ce tracé a du reste été jugé par M. Aimond dans un rapport déposé au Sénat en 1902 au nom de la Commission parlementaire des grands travaux publics où il est dit : « Le développement (du canal) se fait en plein pays granitique et dans la région la plus montagneuse de la France. L’altitude du bief de partage est trop élevée et multipliera outre mesure les écluses. La profondeur des gorges au fond desquelles coulent la Sioule et la Dordogne interdira l’accès du canal aux populations riveraines. »
Il ne faut pas oublier en effet que les canaux doivent surtout attirer les marchandises lourdes et encombrantes. Celui qui connaît ces régions accidentées voit que le paysan, le commerçant, l’industriel hésiteront à engager des véhicules chargés dans les routes en lacets, d’accès difficile, bordées de ravins, qui conduisent du haut plateau au fond des gorges de la Dordogne, du Chavanonet de la Sioule.
Au reste quelles marchandises auraient à envoyer ou à recevoir parle canal les populations riveraines ?
Nous sommes là, sur les confins de la Corrèze et du Cantal et dans la partie traversée du Puy-de- Dôme, dans une contrée où la principale forme de l’agriculture est le pacage, le principal produit le mouton et aussi quelques bœufs. Le transport de ces animaux vers les marchés de Lyon ou de Paris n'est guère indiqué par voie d'eau. Il n’y a pas ou presque pas de cultures de céréales, d’où besoin d'engrais minime et exportation de grains nulle.
E. Richard PF