‹ Les Canaux De La Garonne A La LoireChapitre 28 sur 40 · D : RE · texte numérisé non relu

D : RE

l'un des leurs. En réalité il est l’auteur de deux des trois projets, illes a étudiés consciencieusement sans prendre parti. En tous cas, au tracé par les hauts plateaux il fait des réserves qui équivalent à une condamnation : dépense, navigation lenteet pénible; à tel point qu’en 1828, à une époque où le principe des chemins de fer était encore très discuté, il laisse percer ses préférences pour une voie ferrée sur ce projet de canal.

Aujourd’hui ce tracé n’est plus guère défendu que par l'arrondissement de Bergerac. Il semble qu'en persistant à en réclamer l'exécution l’on soit hypnotisé par des mots, par l’expresion : canal de Bergerac à Diou.

L'onne voit pas bien quel avantage la région bergeraçoise retirerait d’un travail aussi difficile à exécuter. Parla Dordogne navigable, à partir de Bergerac même, elle est reliée à Libourne et à Bordeaux, et si l'on adopte le tracé vers Montluçon ou vers Saint- Amand, elle aurait dans la diterivière de Dordogne, un bras, un embranchement pour le rejoindre, etil semble que par cette bifurcation elle aurait plus de prospérité commerciale à espérer de Limoges et de Montluçon que par « son » canal des hauts plateaux.

Plus compréhensible est la tentative faite en faveur de ce projet par la Chambre de commerce de Tulle, qui demande la concession pure et simple de ce canal, le seul dont le tracé traverserait le département de la Corrèze.

Mais la Chambre de commerce de Tulle se place à un point de vue tout à fait spécial, Ce n’est pas principalement comme voie navigable qu’elle envisage la création du canal. Elle se propose d'utiliser comme force motrice les eaux de la haute Dordogne et le canal ne serait pour elle qu'un moyen d’alimenter constamment les chutes projetées. Elle ne réclame d’ailleurs qu'une voie à petite section.

Ce dernier projet n’est donc qu’une déformation du tracé étudié par Brisson et soutenu par Bergerac. Sans contester son intérêt purement régional, il ne répondrait pas aux idées qui ont présidé à la loi du 5 août 1879 à savoir : que les projets de jonction de la Garonne à la Loire doivent assurer des relations non seulement locales, mais aussi des communications entre les diverses parties de la France du Sud- Ouest et de l’Est et constituer une branche maîtresse

du réseau national de navigation intérieure.

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