PAR ANGOULÉÈME, CONFOLENS ET CHATEAUROUX
Ce tracé qui n'avait pas été étudié par Brisson a été imaginé par l’ingénieur en chef Daigremont.
Chargé d'examiner, en vue de la mise à exécution de la loi du 5 août 1879, les trois itinéraires précédemment proposés, il avait conclu dans son rapport du 17 octobre 1879 à les rejeter tous les trois et il adoptait un nouveau tracé, par Angoulême et Chàteauroux, aboutissant au canal du Berry près de Bourges.
La Commission des inspecteurs généraux et le Conseil des Ponts et Chaussées ayant retenu ce tracé et celui sur Candes, qui avait à cette époque la faveur du ministère des Travaux publics, l'ingénieur en chef Dingler fut chargé de les examiner à nouveau, ainsi que le projet par Périgueux-Limoges-Montlucon, rejetté par Daigremont.
Dingler aboutit, nous l'avons dit, à peu près aux mêmes conclusions que son collègue : abandon du canal sur Candes, préférence pour le tracé Angoulême- Châteauroux sur celui Périgueux-Limoges, seule une petite variante était introduite : le canal projeté
aboutirait à Saint-Amand-Montrond sur le Cher
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au lieu de se terminer au voisinage de Bourges.
Le projet Dingler comportait en outre un embranchement sur Limoges et un autre sur La Pallice.
Ce projet se caractérise essentiellement par un trait qui le distingue de ses concurrents : le dédain des facilités accordées par la nature.
Tandis que le tracé par les hauts plateaux et celui par Limoges s’efforcent d'épouser la configuration orographique et hydrographique des régions traversées,de profiter des vallées et des lits des cours d’eau, le tracé Dingler repose sur un principe tout à fait opposé : créer le plus possible de plans d’eau et réduire au minimum le nombre des écluses. Aussi n'empruntant que sur une longueur relativement faible les vallées de l'Isle, de la Vienne et du Cher, il n'hésite pas à traverser dépressions et rivières. Il franchit la Charente par trois fois, la Tardoire, la Vienne, la Gartempe, la Creuse, l'Indre et l’Arnon. C’est dire l’importance des travaux d'art qu'entrainerait l'exécution de ce projet.
En repoussant ainsi les indications et les commodités données par la nature, Dingler a voulu s’attacher à réaliser le plus court trajet virtuel en se passant autant que possible d’écluses. Dans ce but il a imaginé de créer artificiellement d'immenses biefs.
Le principe du canal est le suivant : étant donné deux points à la même altitude il faut les réunir par un plan d’eau.
En conséquence le tracé comporte trois grands
biefs :