LA SAISIE SOUS LES VERROUX
Je l'évite partout, partout il me poursuit. C'était pendant l'horreur
ÂTBAI.IE.
Le pauvre M. Goujetl il ne revenait pas de la platitude de son mandat. (M. Goujet est ce petit commissaire si rnarquois, si égrillard , qui m'a souhaité la bouiie année dernièrement. ) Il venait saisir les Cancans à Sainle-Pélagie. Le juste-milieu le lui avait dit...; il est de celte force-là. M. Goujet tournait et ►^^«to^tmait le mandat entre ses mains avec le pudiq':e embarras
tfiîn hoinriie qui n'ose; le tout \mr maDici-e d'cxciue , pour atloucir l'a prête de la mosuie.
Le loyal homme! il se donnait vraiment bien de la peine, et cela ponr n'en pas être recompense', car, au moment oh il ajustait le s.itin ombilical, au moment où il déroulait la trousse d'exccntion , voici venir le plus ronflant charivari que jamais oreilkî 'le commissaire ait savouré. Oîi ! vrai , Persil lui-même n'en eût pas fait fi.
Rici; n'est précieux, rien ne donne du prix à un charivari comme lu surprise; la sienne fut complote. Le pauvre M. Goujei ! qui pourrait rendre son ei)ahisscincnt , la virginale pâleur de son fsont chenu , la proUihcrance de sci yeux , qui menacèrent c'c quitter leur oibile à la première explosion.... Oh! SD.iis, le voilà qui veut se fâcher, je crois qu'il se rebiffe? Non, M. Goujcl, non, ne laites pas de ces espicgleries-là.... Prêtezvous de bonne f^râoe au divertissement; une derni-licure est bientôt p;î."sce.... îîclas! oui, je com[irends combien il est dur [)Our Uii i)ou commissaire d'être surpris dans l'exercice de ses fonctions pai" un chavivari. filais, après louî , vous n'êtes pas plus délicat que Gisquet, q-ii en a goiltc les douceurs. Eh puis ,
pour le peu ijue vous soyez sensible à riuirmouie! C'était
un rotilemeut de cris, un tonueire de hui'es à ébranler la prison. Pauvre Goujel, combien son cœur dc'voue' dut souffrir! Que le procès-vctbal fut losi^ à rc'i!i{:;er , pe'nible à écrire, surtout malaisé ensuite à déchiffrer. Ah! qu'il est doux d'être commit-saire ! Je ne dis rien des diiux flimbeauxqui l'accompagnaient. Personnages muets, comparses dans la pièce , leur rôle n'avait rien que d'extrcuiement rétréci; le charivari ne les regar.iait pas; l'un d'eux ccpentiantse trémoussa à un cri d'à bas les fnaackards! c[ui lui arriva en basse-taille par le guichet ; c'élait pitié de voir tant d'orgueil à 25 sous par séance.... Mais '.I faut que tout te monde vive.