‹ [Les Cancans]Chapitre 112 sur 297 · ORDRE PUBLIC ET STRICTE JUSTICE · texte numérisé non relu

ORDRE PUBLIC ET STRICTE JUSTICE

On nous écrit de la Vendée :

« Monsieur le rédacteur,

« Ancien militaire , et vivant paisibleinent dans mes foyers, je ne suis pas soupçonne de carlisme, mais je suis pe'ne'tré de sentimens d'honneur, et, à ce titre, je de'nonce au public la conduite atroce qu'a tenue un détachement dans la commune de Chavagne.

« Des militaires s'etant pre'sente's, le i5 du courant, à dix lieures du soir, à la me'tairie de la petite Permouillère, le nomme' Auvinet, fermier, les supplia de n'y poinl pénétrer, sa femme étant dans le moment le plus laborieux d'un accouchement. Maigre ses supplications et ses efforts , ils y entrèrent brutaiemeut , et s'y livrèrent aux plus indiscrètes comme aux pins inutiles recherche?. Le lendemain ils revinrent encore tians cette maison , où ils ne trouvèrent de nouveau que les cadavres de celte malheureuse vendéenne et de son nouvean-nc : la première était morte de.s suites du saisissement que la violation à main armée du domicile conjugal lui avait cau^-è.

« Je (lois à la ve'rite' de dire encore que ni la douleur ni les

fn-ières du fermier Auvinet, doublement infortune', n'ont pi es empêcher de violer ce qu'il y a de plus sacré , même chez les peuples nomades : la dc'ceiice ci le respect dus à la sépulture ; ils ont, pousse's par une sauvage curiosité, soulevé le linceul qui couvrait les restes de cc'te mère de famille, et ont voulu (jiie son mari , qui venait de perdre deux autres enfans dans la même semaine, fût le témoin de cette barbarie.

«Et c'est dans ces malheureuses chaumières, où planent la mort et la misère , qu'un gouvernement, si patient à supporter des outrages qui tacheront les pages de notre histoire , vient faire une ridicule parade de la bras.'oure de ses soldats !!!

«Je m'y connais mal, si la nation la plus chevaleresque du monde se trouve à faise sous un gouvernement qui a aussi peu de dignité!! !

« Agréez, etc. » [UAmi de l'Ordre.')

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