GROS GRAS ET BÊTE
AiH de Marianne , ou J^ otrc. fortune est faite.
Nargue d'une élude importune, Laissez reposer votre esprit :
L'embonpoint mène à la flàrtnne; Le ventre donne du cre'dit.
Le pius inepte
Est un adepte ; Dans notre siècle, on juge un homme au jx>ids :
Devant sa graisse
Chacun s'abaisse; On l'applaudit, il emporte les voix.
Amis, mettez- vous dans la tête, Domptant l'orgueil qui vous a nui , Qu'il ne faut, pour plaire aujourd'hui, Qu'être g«os, gras et bcte. (Air.)
D'un repas où son art préside , Ramponnean voit lerer le jour, Et bientôt son zèle inire'pide Le conduit à sa basse-cour.
Là, par centaine,
Vivent du Maine Eq bons amis et coqs et dindonneaux.
Son œil mesure
A l'encolure Ceux qui viendront embraser ses tourneaui; Puis, saluant roi de la fête Certain chapon qui se tient coi :
« Celui-ci , dit-il , sera roi } « Il est gros, gras et bête. » [bis.')
Jaloux de fixer la victoire , Bien des rois bravent les combats.
Harpagon n'aiiue pas U gloire, Et l'honneur ne le se'duit pas.
Ce qui l'excite ,
Ce qui l'agiLe, C'est l'or qu'il lient, c'est l'or qu'il veut tenir;
Car l'avarice
Est son grand vJce , Et nuit et jour il pense à s'arrondir. Chez lui, point de penchatis honnêtes, Pas un sentiment géucVeux; En un mot , il ressemble à ceux Qui sont gros , gras et bêtes. {lisi)
BERARD , auteur et éditeur, à Sainte- Péla^^ie , et rue de Sèvres, ii" 94.
Imprimerie de G.-A Desto, rue d'Erfurlh, 11° 1 bis.