‹ [Les Cancans]Chapitre 132 sur 297 · CONVOI NOCTURNE · texte numérisé non relu

CONVOI NOCTURNE

A minuit, une voiture s'approcha de la porte de Sainte-Pe'lagie, et plusieurs hommes de inuivaise siine en descendirent. Ils écoutèrent long-teuips en silence, puis parlèrent b«s, puis frappèrent mysti;rieu>ement à la porte de la prison, qui, cette fois, s'ouvrit sans difticulte', sans doute parce qu'elle n'avait qu'un cadavre à rendi-e — C'était celui de l'infortuné Jacobéus; les motichards le lièrent sur le haut du fiacre , comme ils eurent fait d'un ballot, et l'un d'eux dit au cocher : a Au cimetière! » La voiture fit un peu <ie bruit sur le pavé, le corps rendit un son lugubre et sourd à l'oreille du cocher, qui frappa ses chevaux pour n'y pas songer, et bientôt on arriva au bord de la fosse.... Là, ni prêtres, ni flambeiux, ni larmes, ni prières. Des agens de police, beaucoup d'agent de police experts à tuer, à essuyer la nuit les traces du sang, à creuser silencieusement la terre, à enfouir une victime, à étouffer tous les soupirs.

Et pourtant Jacobéus avait un père , une femme , des enfans , de nombreux amis dont d avait fallu , par des mensonges astucieux , par de lâches menées, tromper la tendre vigilance! Mais quand le jour se fut levé, ils accoururent en fovile vers ce^te tombe privée de deuil; on les vit s'y agenauilier religieusement, et l'on crut même les entendre mêler, aux saintes paroles qui procurent le repos aux âmes , ces mots : Justice et vengeance 1

Page 1