LES FLÉAUX
La guerre civile , la guerre étrangère probable et prochaine , des émeutes partout, des charges de cavalerie sur le peuple, dans les rues de Paris , des assassinats dans les prisons , des bruits accrédités dempoisonnenieos publics....; des massacres, des
(i) Compris les accessoires.
lambeaux palpitans aux mains d'un peuple trompé et furieux; une peî-ie horrible qui tue comme la foudre, voilà le tableau que nous avons sous les yeux; voilà sur quoi Louis- Philippe rôf^ne,- voilà la prospeVile' annoncée audacieusenient par Casimir Peiier ! El c'est au niornent où tant de calamités pèsent sur la France, que nou^ entendrons un homme odieux, un magistrat, Cadet Gassicourt , enfin, s'ccrier : « Ce- sont les royalistes qui empoisonnent le peuple! » O monstre impie ! ! ! va , la main qui porta la torche incendiaire dans nos provinces, celle qi.i aipjuisa le poignard de Louvel, celle qui traça la première l'appel à la rt'vollc, celle qui reçoit aujourd'hui l'infâme salaire de laut de crimes, celle-là, san» doute, ne répugnerait pas non plus à préparer le poison , et c'est au cri de vive /'ere/c/- qu'elle le dislribucrait.
Mais non, nous refusons de croire à ce forfait e'poiivantable. Noujil n'existe pas, pour l'honneur de l'humanité entière, d'hommes assez pervers pour concevoir l'horrible pensée d'im empoisonnement géne'ral ! C'est bien assez qu'il s'en soit rencontre' d'assez lâches pour planger volontairement la France dans l'e'tat affreux où nous la voyons aujourd'hui ! C'est bien assez qu'il s'en soit rencontré pour voter la misère et la servitude de la France, pour appeler sur elle la peste par la révolte de Pologne, pour demander des lois d'exception, pour proscrire une famille entière de rois, pour sanctioimer le divorce, pour diviniser Marat, Robespierre et Carrier, pour présider à la destruction des autels, pour ordonner ce nouveau massacre des priions, pour faire charger des soldats français sur leurs concitoyens, pour plonger dans le» fers quiconque n'applauduait pas à l'usurpation ; c'est bien assez, sans doute, que de teh hommes aient vu le jour, aic-nl respiré le même air que nous , sans que nous ayons encore à redouter des forfaits d'une nature inconnue jusqu'ici. Laissons , laissons AL Cadet de Gassicourt , et avec lui le XJonsiitutionnel et la police, exhaler leur rage impuissante. Le peuple a déjà fait justice de leur atroce calomnie. Un moment égaré, il s'est ai rêté ^ur le bord de l'abîme ; il a reconnu la voix qui l'excitait encore au crime ; c'e>t la mêuie qui l'abusa quinze ans par de fausses pioinessiîS; c'est celle qui autrefois lui parlait de liberté, de souveraineté, de conquêle>, de trône à bon marché; c'est celle qui promettait lahondance, et a donné la faim ; qui promettait la gloire, et a donné la honte; la paix, et a semé les discurdes; la liberté ^ ea&n, et u'a donné que des fers H la icort.