‹ [Les Cancans]Chapitre 134 sur 297 · L'HOMONYME · texte numérisé non relu

L'HOMONYME

Pour Dieu , dites-inoi , je vous prie , comment se porte le

gros cliose ; donnez-inoi des nouvelles de chose ; c'est là mon premier cri en m'cveiilant chaque iTiatin. Oh! la santé' de clmse avant tout-, il est si essentiel à la vie des Cancans, ce pniivre gros, gra'^ et bête! Sans lui, que deviendrions-nous? Nous, feuilles Ic'gèrcs, en bulle à tanf de re'quisitoires , chose est notre grande ressource , noire providence dans les jours de se'cheresse. Manquons-nous d'un article ponr compléter la huitième page , vite, chose est en avant ; tout lui va , chansons, cpigrammes, bons mots. A son nom , le lecteur le plus maussade se déride , le front le plus ue'buleux s'e'claircit; cAo.yp est aux Cancans ce qu'Odry est au Vaudeville, ce qu'est Dupin à la Chainbre ; il lait la recette. Aussi il faut voir jusqu'oii va notre tendresse pour sa personne ; au moindre dan;^er qui le menace , nous souimes en l'air ; un poil qui tombe de ses favoris nous donne la chair

de poule. Hclas ! dernièrement des misérables l'avaient

pendu en effigie. Un autre, plus perfide encore, l'e'pouvante au coin d'une borne. A cette nouvelle, nous sommes devenus blancs comme neige, nous sanglottions déjà comme le ge'ne'ral Bertrand le jour qu'il baisa l'empeigne sacrée des bottes de Sainte-Hélène. Oh! je le répète, conservez-nous chose! choyez chose, engraissez chose, enrichissez bien chose, c'est l'unique fruit qui reste de notre glorieuse révolution de juillet. Pauvre et sèche cre'ature ! que serait-elle devenue sans chose? jamais le choiera, ni le budget, ni la police n'auraient pu la îaire aimer autant qu'elle me'rite de l'être ; il lui fallait chose.

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