‹ [Les Cancans]Chapitre 140 sur 297 · ESQUISSES · texte numérisé non relu

ESQUISSES

LE REPUBLICATîf.

Sous la restauration , il avait sur sa cheminée les bustes de Roberspierre et de Marat. Jusqu'à midi il restait en bonnet rouj^e, lirait le Constitutionnel , le Figaro, fabriquait une constitution , souscrivait en laveur des réfugies portugais. Le soir, il allait au club chez LafayeKe, ou au thcâlre, applaudir le Tartufe ou Mazaniello. Il pe'rorait sur la tombe de Lallemand ou du ge'ne'ra! Foy.

Aujourd'hui il est à la Force, ses bustes sont au greffe, son bonnet rouge est laccre par les coups de sabre de l'ordre public; il ne lit plus ni le Constitutii.nnel ni le Figaro , qu'il appelle renégats. Il traite Lafayette de vieille 1 été ; il fait vingt constitutions par jour pour le bonheur du peuple. Le soir, il chante la Marseillaise en dessinant une poire et un niveau d'acier sur la muraille

LES LIBe'rAUX.

Comme électeurs, ils fournissaient le côte' gauche de capacile's ronflantes; comme jurés , ils acquittaient le pamphelet incendiaire, la lithographie licencieuse et le couteau-poignard. ^ Comme marchands , ils fournissaient les bonnes maisons de leur quartier de beurre frais et de moutarde fine. On trouvait sur leurs comptoirs le Constitutionnel, Paul-Louis Courrier, le F'o/rai're-Touquet , la biographie à 5 sous , et la tabatière à la Charte. D'aucuns avaient pour principe de pousser aux émeutes, de propager la haine du dioit divin, et de garder leur chapeau quand la pioces-ion passait. Leurs enfans criaient vive la Charte! avec une chemise blanche , une blouse bleue et une ceinture rouge , au moyen de quoi ils étaient moniteurs à la mutuelle , et jetaient de la boue aux frères des écoles chrélienneSc

Aujourd'hui ils fredonnent la Parisienne, ils sont décorés et vont à la cour ; mais l'impôt les tue , la honte les lue ; ils sont tout débiffés, maigris, passés; leur fenni'e a le choléra ; leur boutique est à vendre. Le premier coup de rappel les fait mettre au Ut. Il y a un an , quand on les interrogeait sur les affaires, ils répondaient : «Cela va bien, n Six mois plus tard, ils disaient : « Cela reprend. » Il n'y a que trois mois qu'ils balbutiaient encore : « Cela reprendra. » Maintenant Us répondent affirmativement et l'oreille basse : « Cela va mal. «

LES TENTRUS.

Pas de fi,2;ures plus cafardes , pas de colonne vcrtcbrnie plus souple, pas de voix plus flatteuse, pas de mains plus empressées à taire auprès d'un roi i'ofllce de valets, pas de gens plus habiles à soutirer une somme, une faveur , une place , à recommander un parent au budget. La re'volution les trouva gras et lâches, riches et ingrats, nobles et parjuses; les barricades ne les trouvèrent nulle part , le troue bourgeois les trouva partout ; la peste les trouve en route.

Souscription ouverte à Poitiers, au bureau de la Gazette, pour les Cancans.

1° Par un arai du Re^'enant, i fr. — i° Par des ouvriers légitimistes de Chatellei'ault (Vienne), 3 fr. — 3° Par un henriquinquiste, qui prétend que l'on devrait appeler Chose.... Machine, attendu que ce nom lu\ convient beaucoup mieux, I fr.

Souscription ouverte a Agen, au bureau du Me'morial.

1° Une dan.e légitimiste qui verrait avec autant de plaisir la fin de la révolution qu'elle a eu de peine à en voir le commencement, 2 fr. — 2° Un royaliste aussi partisan du juste-milieu que du choiera, i Ir. 3° Un patriote dont la figure est devenue du double plus longue, depuis la destitution de Lafayette, 5o c. — 4° Un empoisonneur qui ferait avaler à M. Cadet de Gassicourt toute sa boutique, si jamais ils se trouvaient tête à tête, pour lui apprendre à calomnier lâchement les carlistes, et qui lui dira son nom, s'il veut venir à sa rencontre, i fr.

A Paris.

M"*^ B , légitimiste du septième arrondissement, 2 fr.

A Cherbourg.

Le Comité' de la soeie'té de Défense mutuelle de Cherbourg , lo fr.

^""^ On s'e'tonne de la modicité' du don de Louis-Philippe en faveur du peuple ; on a tort : les rois donnent toujours au prorata de leur dignité'. Les Bourbons donnaient lo millions, le roi-citoyen donne 6o mille francs.

* De qui chose descend-il ? Qu'importe, pourvu qu'il descende.

*^ Par de'cision du juri , V Histoire de France est un pamphlet contre Louis-Philippe.

^*^ On prétend que le roi-citoyen a dit à M. de Bondy : Vous avez eu tort de refuser les 12 raille francs de la duchesse de Berry : qui refuse vckuse.

* Aujourd'hui c'est à qui le premier vous donnera son remède ; l'un vous recommande de vous tenir chaudement, l'autre de manger peu , celui-ci de porter du camphre , celui-là de prendre garde à telle ou telle chose nuisible; moi je m'en tiens, avec mCs amis , au simple conseil que voici :

Craignez d'avoir besoin des bienfaits de Louis-PhiUppe.

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