‹ [Les Cancans]Chapitre 141 sur 297 · LE DÉPART DES DÉPUTÉS · texte numérisé non relu

LE DÉPART DES DÉPUTÉS

Air du roi d'Yvetot.

Ah ! pour nous , de'pute's ventrus ,

Quel pre'sage sinistre !

C'en eyt fait, l'on ne dîne plus

Chez le premier minisire.

Le grand homme a le chole'ra ; Et celui qui s'y frottera ,

L'aura.

Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah ! Sauvons-nous ; ne restons pas là , Là, là.

Cependant il respire encor ;

Et, malgré sa souffrance, Il a prononce' le mot d'o/-

Sans la moindre arrogance. D'Auber.... n'était qu'à deux pas, Et pourtant il ne broncha pas,

Hclas !

Oh! oh! oh ! oh! etc.

Le fléau qui ronge Paris

Consterne la province ; Allons rassurer le pays

Sur la saute du prince.

Depuis que nous sommes ici , Nous l'avons assez, Dieu merci,

Farci.

Oh ! oh ! ob ! oh ! etc.

Si vous nous voyez pâlissant ,

Ce n'est point la panique ; C'est de notre grand dévoûment

L'effet patriotique.

He'las ! aurions-nous du malheur.

Si l'on traitait notre vigueur

De peur !

Oh! oh! oh! oh! etc.

S'il s'agissait de faire un roi , Ou de saigner la France, Nous pourrions, malgré noire effroi , V Réchaufl'er la séance.

Mais , braverons-nous le danger Pour disputer à l'étranger

Alger ?

Oh! oh! oh! oh! etc.

Evitons de la Faculté

Le procédé féroce.

Quel affront , pour un député ,

De mourir sous la brosse !

Avec Poulot , nouveau César, Nous mourrons tous sur un rempart ,

Plus tard.

Oh! oh! oh! oh! etc.

La peste n'est pas le seul mal

Que notre âme redoute ; De toutes parts, un cri fatal

Nous force à faire route.

De partir n'est-il pas grand temps , Quand on ne voit plus que des gens

Tout blancs ?

Oh ! oh ! oh ! oh ! ah! ah ! ah! ah! Sauvons-nous ; ne restons pas là , Là, là.

BERARD, auteur et éditeur, à Sainte-Pélagie, et rue de Sèvres, n» 94.

Iiupiinieiie de G.-A. Dentu, rue d'Erfurth, n. 1 bis.

Page 1