LE DÉPART DES DÉPUTÉS
Air du roi d'Yvetot.
Ah ! pour nous , de'pute's ventrus ,
Quel pre'sage sinistre !
C'en eyt fait, l'on ne dîne plus
Chez le premier minisire.
Le grand homme a le chole'ra ; Et celui qui s'y frottera ,
L'aura.
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah ! Sauvons-nous ; ne restons pas là , Là, là.
Cependant il respire encor ;
Et, malgré sa souffrance, Il a prononce' le mot d'o/-
Sans la moindre arrogance. D'Auber.... n'était qu'à deux pas, Et pourtant il ne broncha pas,
Hclas !
Oh! oh! oh ! oh! etc.
Le fléau qui ronge Paris
Consterne la province ; Allons rassurer le pays
Sur la saute du prince.
Depuis que nous sommes ici , Nous l'avons assez, Dieu merci,
Farci.
Oh ! oh ! ob ! oh ! etc.
Si vous nous voyez pâlissant ,
Ce n'est point la panique ; C'est de notre grand dévoûment
L'effet patriotique.
He'las ! aurions-nous du malheur.
Si l'on traitait notre vigueur
De peur !
Oh! oh! oh! oh! etc.
S'il s'agissait de faire un roi , Ou de saigner la France, Nous pourrions, malgré noire effroi , V Réchaufl'er la séance.
Mais , braverons-nous le danger Pour disputer à l'étranger
Alger ?
Oh! oh! oh! oh! etc.
Evitons de la Faculté
Le procédé féroce.
Quel affront , pour un député ,
De mourir sous la brosse !
Avec Poulot , nouveau César, Nous mourrons tous sur un rempart ,
Plus tard.
Oh! oh! oh! oh! etc.
La peste n'est pas le seul mal
Que notre âme redoute ; De toutes parts, un cri fatal
Nous force à faire route.
De partir n'est-il pas grand temps , Quand on ne voit plus que des gens
Tout blancs ?
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah! ah ! ah! ah! Sauvons-nous ; ne restons pas là , Là, là.
BERARD, auteur et éditeur, à Sainte-Pélagie, et rue de Sèvres, n» 94.
Iiupiinieiie de G.-A. Dentu, rue d'Erfurth, n. 1 bis.