‹ [Les Cancans]Chapitre 142 sur 297 · FINIS CORON AT OPUS · texte numérisé non relu

FINIS CORON AT OPUS

A une certaine époque de l'année , l'ours , retire' dans sa lanière, lèclie ses pattes, la marmotte s'endort , l'escargot se claquemure dans sa coquille, le hanneton s'enterre, le papillon devient chenille , le juste-milieu devient bête : nous y voilà. Le malheureux ! il s'e'tait berce de la douce idée qu'il était l'esprit ou au moins le cœur de la nation, et il s'est trouve' qu'il n'en e'iait que l'estomac , le sac pansu , qui absorbe goulûment la substance alimentaire du penple.

Or maintenant , à force de digestions laborieuses , le voilà inerte et sans chaleur aucune ; il se débat entre le choléra et la honte ; ces bons de'putés si exacts au dîner, si chauds au vote, l'ont planté là au premier cri d'alarme; leur devoir n'allait pas jusqu'au courage , leur fidélité jusqu'au dévouement ; et leur popularité est venue mourir au retour dans les houras d'un charivari!

C'est pitié de voir comme toute cette sale machine se détraque !

D'un autre côté , il y a relâche au grand théâtre gouvernemental, par indisposition des acteurs; et si le public sifle les doublures, ma foi , encore quelques jours, et tout sera dit ; chaain croira avoir rêvé juillet et sa suite : l'un dira en se frottant les yeux : «Ah! mon Dieu ! j'ai cru être roi; l'autre, j'ai cru être ministre. Ah! parbleu, ajoutera un troisième, j'ai bien cru que j'étais un grand homme, et me voilà toujours Gros- Jean comme devant. » Tout le monde l'aura échappé belle.

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