RAISONNEMENT SIMPLE
Ah! monsieur, j'ai bien <iu malheur! Chaque fois que je saute, je me casse un bias ou une jambe. — Irabécille, ne saute plus.
Voilà Ihisloiie du peuple.
En 8g on lui tlit ; Si tu venï ôtro libre , il faut changer ton drope;iu , assassiner ton roi et détruire ta religion ; il le crut ; mai» cela fait, au lieu de In liberté, il ent la misère, h terreur, le maximinn , les septeiDbriseurs , les novaiie.s, et enfin vingt ans de guerre et de tyrannie. Epuisé, ruine', n'en pouvant plus, il reprit son drapeau , ses lois et sa religion. Avec eux revinrent le travail, la piospc'rite, la paix et l'abondance. Que ne s'y tint-il ? Mjis bêlas ! en i83o on lui dit encore : Si tu veux être libre, il faut changer ton drapeau , chasser tes rois et détruire ta religion. A pesne y eut -il consenti , qu'au lieu de la liberté', il vil encore arriver la misère, les de'sordres, la faim, la persécution et la peste. Miinteiiant , s'il me demandait mon avis, je ne balancerais pas, je lui dirais : L'expe'rience est pour toi la plus sage des leçons , ccoutc-la ; que les faits te parlent plus haut que les discours.
5i la Constifution da i83o et les autres journaux que la pplice te vend pour un son sur le Ppnt-Neuf , le disent : Peuple français, tu es plus heureux que sous Charles X, ne reponds pas, mais aussitôt retourne dans ta maison, ef: là , si tu vois la gaieté sur le front de ta mère , le sourire sur les lèvres de ton épouse ou de ta sœur, si l'abôndaix;e est sur ta table, dis avec assurance : « Les journaux qu'on me distribue ont raison, je suis heureux. » .Mais si, au lieu de ce tableau consolant, tu vois de grosses larmes sillonner les joues de ta famille , si toi-même tu te sens affaibli par la douleur, dégradé par la misère , si le travail manque à tes mains laborieuses, repousse avec indignation ces Feuilles perfides, dis-leur : «Vous m'avez trompé, car je suis malheureux, et sous la restauration je ne l'étais pas. »