‹ [Les Cancans]Chapitre 167 sur 297 · V\\\\\\\VV\\1\\\\\*\V\\\1\\V*VV\\\\\V\\\'V\*\V1\\V%%%\\V · texte numérisé non relu

V\\\\\\\VV\\1\\\\\*\V\\\1\\V*VV\\\\\V\\\'V\*\V1\\V%%%\\V

l.E PARDON.

Qui doue a prononcé le mot de grdce en laveur des prisonniers vovalistes ? Qui donc a osé dire : « Louis-Philippe leur fera j^ràce. >< Louis-Philippe, lui, grand Dieu I faire (jràce aux royalistes 1 et de quel d:oil nous flétriraii-il de sa faveur? qu'il l'exerce encore sur les malfaiteurs, elle leur est acquise; mais pour nous, nous^a'en voulons pas. Nous la repoussons tomme une insulte, comme une dérision. Non, non , les royalistes ne sont pas encore tombés assez bas pour recevoir leur grâce de'celui à qui jadis ils l'ont faite. Est-il donc si loin de nous ce temps cù Louis- Phi'ippe , moins fier d'un nom qui portait avec lui je ne sais quel analhême^ vint à deux genoux implorer son pardon etceluidesa famille. Je crois le voir encore , je vois le monarque ^ le relever avec bonté eu l'appelant son fils j plus tard , une insigne faveur le rapprocha du trône, et le titre à'Altesic roj-ale qu'il ambitionnait , scell-a l'entier oubli du passé. Et c'est le même homme aujourd'hui qui prétendrait nous faire grâce I ^désolation ! mais, non, non , il ne le peut pas. La révolte ne concède pas le droit de clémence . elle ne donne que le pouvoir de persécuter , de verser d,u sang , de charger de chaînes l'honnête homme et de l'insulter ensuite quand il est désarmé. Que Louis-Philippe, l'élu des barricadels, en uie largement , à lui permis; que les cris déchirans de ses victimes lui parviennent à toute heuie , et l'assiègent sans remords ; que du rivage de l'exil la voix d'uu vieillard frappe son oreille avec ces mots : « Je te pardonne. » Qu'une héroïque princesse dise encore : <• Mou père, ce sont de bonnes gens. » Que deux enfans s'écrient en levant Içurs mains innocentes vers le ciel : « Mon Dieu ! notre oncle nous aimait tantîjl... » Que de tels souvenirs s'attachent à lui sans' l'émouvoir , je le crois ; mais que jamais son nom retentisse dans nos cœurs à la suite d'un bienfait; qu il voie nos mains s'étendre vers lui dans un élan d'amour et de recounaissaucc , et que nos vœux l'entourent comme une bénédiction du Ciel. Non, jamais. Oh ! qu'iUnous laisse nos fers, ils seront moins lourds à porter que son pardon : qu'il nous laisse avec eux notre gloire , notre orgueil, notre sécurité , compagne de rinuoceuce, notre confiance dans la justice de notre cause , et celte noble iidélité au malheur , qu'd ne sait pas honorer • mais aussi , que tous ses efforts ni son cxenjple même ne sauraient flétrir.

Qu'il nous laisse , en un mot , tout ce qu'il ne saurait nous ôter : savoir: notre vieil honneur et notre attachement à nos premiers sermens. Qu'il garde le vestç; nous n'y prétendons rien, nous ne voulons rien de lui que ^cs rigueurs, parce

qu'elles nous houoieut , connue dos père* s'honoraient de la haine du sien.

Il ferait beau voir nos nouas royalistes cités à la suite de ses libéralités bourgeoises: et de quel crime sommes-nous donc toujjables pour subir un j^areii affront? Avons-nous faibli devant nos juges , quelqu'acliarncs qu'ils se soient montrés contre nous? A-t-on vu quelque chose en nous qui ressemblât à de la crainte?... Des larmes... , oui, la police cliarjjée d'épier nos moindres émotions, heureuse sans doute de savourer nos angoisses , a recueilli ({uelques larmes furti^es sur les joues de nos frères accusés... Elle s'est hâtée d'en porter la bonne nouvelle à la cour, << Pvéjouissez vousl a-l-elle dit, ils ont pleuré , les royalistes ont pleuré. » Ah I on vous l'a déjà dit, vous n'entrez pas dans le secret de ces larmes-là, et vous vous trompez étrangement, si vous les croyez parties d'une âme timide , ou seulement ébranlée. Non. quand l'homme dévoué à notre manière se vuit arracher à sa cause, son cœur peut s'émouvoir sans doute; mais s'il pleure alors, c'est de n'avoir plus que des larmes à lui donner.

Page 1