‹ [Les Cancans]Chapitre 252 sur 297 · SALMIGONDIS HISTORIQUE · texte numérisé non relu

SALMIGONDIS HISTORIQUE

Qu'est-ce que l'iiistoire ? L'histoire, dit un ancien , devrait être un mirouer dans lequel les enfans Jeraient bien de se mirer, à celle fin de devenir meilleurs que leurs pères.

Or, pour rendre nos fils meilleurs que nous, et en vérité ce n'est pas bien difficile , il ne faut pa.s éparf>ner les mi- Fouers. Je viens d'en consulter un qu'on ne peut trop recommander à ceux qui veulent utilement s'instruire (i).

En jetant les yeux sur ce tableau , j'ai été frappé des passages suivans :

<t Sévère fut un prince très-généreux et un tyran trèsi( crue!, »

La cruauté et fa oénérosité peuvent très-bien aller ensemble : la révolution de 91 ne nous parle-t-elle pas d'un prince qui dépensa son immense fortune, et au-delà, pour se faiie porter au trône j d'un prince qui avait des tyrans, des bourreaux, des massacreurs à ses gages , et qui signa la mort f^'e son roi , qui était aussi son parent ?

« Caracalla fut plus cruel que son père , et n'eut aucune de ses bonnes qualités... Son avarice lui fit rendre un édit qui déclarait citoyens romains tous les sujets de l'empire, parce que les citoyens payaient des droits dont les autres étaient exempts... >»

Morbleu ! s'il en était ainsi chez nous, i! y a long-temA que Louis-Philippe, bon gré mal gré, nous aurait rendu ce beau titre de citoyens... Mais non, Top ne finance plus pour le porter : bien loin de là , il y en a un qui se fait payer gros la peine qu'il prend de l'accoler à son autre titre volél

(i) Tableau chronologique, synchronique et synoptique de VHisloire universelle de VÊglisn et de l'Histoire de France; par A. F. James. A Paris, librairie catholique d'Ed. Bricon, rue du Vieux-Colombier, n° 19, et au bureau des publications de la Foudre. Prix i fr. âb cent. ; color'ié, 2 fr.

Passons de Caracalla à Pliilippe-l:Lf,alit(j.., 'Quel saut! ) Avez-vous .Uî son bistoiîf: ; »;?.. En voici les dernières lignes :

.. Ainsi péritj renié , trahi par ceux qu'il avtiit eus à ses " îï^ges , celui qui avait déciiaîné contre son roi r,oule§Jcs « passions du peuple. Ses courtisans le perdirent en lassu- ■< rant qu'il était iié pour usurper ur.e couronne ; iis !e flat— « taieiit. Ils lui conseillèrent des forfaits (ju'il commit de <■ mauvaise grâce; ilsne l'épouvantaient pas, ils le gênaient; " il n'aima jamais que l'argent, c{u"jl recueillait sans délica- << tesse pour le dépenser sans discernement. Il était émineni- « ment fait pour les jouissances viles, et nullem.?nt pour les << conspirations ; la mturc iui avait donné le goût des volup- « lés ignobles, on fut obligé de lui greffer l'autre. Si les <i cvéneinens avaient suivi leur cours , il n'aurait eu que la '< célébrité du vice, la i évolution îui a valu V immortalilé <■ du crime. >■

Tout cela soit dit en passant à propos de l'iiistoire Cjui , Tjour r.tppaler notre première citation , « devrait être un mi- « rouer dans lequel les enfans feraient bien de se mirer, à « celle fin de <levenir meilleurs que leurs pères ».

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