A BAS LA MISÈRE
Le temps des vivat etcles ovations populaires a fui loin , bien loin tle nous. J bas la misère est le cri des populations sffamc'es:
T^ivreen iravinUant , ou mourir en combattant,
mettent sur leur bannière les pauvres eanus de Lyon! Malheureux ouvriers! comme vous ont trompe's ceux qui vous taisaient espe'ier cpie les cailles vous tomberaient toutes rôties! Voyez où vous en êtes!
En leur donnant la mort, comme font vos frères du Lyonnais , vous croiriez peut-être vous venger. Mais, non, ces fabricans libeiaux qui diminuent vos salaires, au lien de les doubler comme ils vous en flattaient lorsqu'ils vous appeîaientauxariiies, ne voulaient pas vous tromper; ils n'étaient, comme V(,us,que les cre'dules instrumens des vrais ennemis de voire prospérité' et de la leur : ils en ont e'te' les premièi es victimes. Leur donner la mort, comme font vos frères de Lyon, ce serait vous ôter à vous-mêmes votre dernière ressource et jusqu'à l'espérance d'un nieil'eur sort. Les morts ne font |)as vivre les ouvriers et prospérer les manufactures. Le désordre et la violence n'engendrent que misère.
Vous manquez de travail, parce qu'il n'y a pas de confiance; il n'y a pas de confiance, ]iarce qu'on n'est pas d'ace rd et qi l'on se craint mutuel'ement. Dan> 1 Ouest et dans le Midi l'on veut Henri V ; dans l'Est , Napule'(/n ; dans le centre , la re'publiqiie ;
à Paris, le ju^te milieu Avec des volonte's si oppcsées, il est
bien diflicile de s'entendre!
Si, comme les enfans, nous potivions tirer à la courtepaïUe, pour en finir j'y donnerais volontiers mon consentement Cependant il y aurait toujours au moins trois { arlis
mécontens, et je voudrais contenter tout le monde.... Hé bien ! que chacun prenne ce qui lui convient , et qu'après cela on vive en
bonne imtelligence, «©mine font nos Toisins les Suisses. Là, chaque canton a le gouvernement qui lui plaît , et le pays ne s'en trouve pas mal. Il a plu aux habitans de Neufchâtel de prendre pour chef" de leur république le roi de Prusse, ils l'ont pris depuis [)lusieurs siècles , et leurs affaires n'en vont pas moins bien. Ils prendraient un roi de la Cochinchine, qu'ils feraient bien, à mon avis, s'ils y trouvaient leur compte.
Pourquoi n'en serait-il pas de même en France? Quatre gouverneinens, quatre ministères, quelle ample matière à cancans ! ma fortune serait faite.