AUTRE TEMPS AUTRES MOEURS
La quasi-le'gitimite' vient de faire son coup il'Etat, et le peuple est reste impassible : pas un coup de fusil n'a c'te tire, pas un pave n'est sorti de son alignement , pas un atelier n'a e'ic vidd (il est vrai qu'ils le sont tous) ; mais pas un cri ne s'est fait entendre ! ainsi on n'appareillera pas à Cherbourg le vaisseau de l'exil , on ne jugera pas un seul homme à mort-civile, et les ponts-levis de Ham ne s'abaisseront pas pour de nouveaux hôtes.
Pourquoi cela.... ? Ne serait-ce qu'au solstice d'été que les coups d'État seraient dangereux? ou bien n'est-ce que de la main des rois le'gitimes que le peuple les repousse ?... Non, ce n'est pas cela.... Les choses ont change' de face, l'opposition dans nos mains est l'arme de la sagesse et de la patience, l'opposition, dans les mains de nos adversaires, c'iait l'expression de leur haine, de leur jalousie, d'une ambition avide et dcmesurc'e. Ils semblaietit appeler l'ille'galite' de tous leurs voeux, ils atteud.iient impatiemment l'heure de la révolte ; leurs arsenaux étaient prêts, l'or e'tait compté; chaque -conjuré, comme une senîinelle vigilante, était à son poste et n'attendait que le signal. Les trois jours ne firent qu'achever l'œuvre que quinze années de perfidies avaient préparées.
Non, non! le coup d'État de i83i n'éveillera pas la révolte, il n'excitera ni transport ni colère ; on haussera les épaules et voilà tout; il n'étonnera même pas , car il va bien à ceux qui l'ont fait ; il est des bouches qui peuvent mentir sans tromper : on s'y attend toujours !
Frappez donc, frappez encore, hommes à bon marché, ne craignez pas, notre heure n'est pas sonnée.... Eh î ne faul-il pas que nous voyons jusqu'oîi peut conduire le chemin que vous avez pris ; il ne manque à l'avenir qu'une leçon. Un jour vous la donnerez, mais nous ne fierons rien pour en hâter l'instant, ce n'est pas nous qui vous inviterons à des fêtes de famille pour vous foire danser sur un abinie ! Nous ne vous souriron*
pas avec la haine Hans le cœur, nons ne vous tendrons pas une maiw perfide en tenant l'autre sur un poignard prêt à vous Ciapper, mais nous aurons nne voix pour préparer la ju.stice ! et cette voix aura du retentissement.