LYON
Que la faim au visage hiJeux, aux membres de'charne's , raotrj dans son repaire ; que le d(.'se<poir ctoulîe sa plaiB4c; que
la miscie cjche sous des haillons sa plaie profonde et doiiloureiii^e ; qu'enfin celte rnultilude de rnaliieiireux qui foiuitiille , qui pullnle, qui souffre, qui ronge, qui hurle, disparaisse : voici Varc-en-ciel!
Ici, la victoire demantle grâce, Vlicroismc est honteux, la bravoure s'humilie... Combien pesaient vos pavc's , braves canuts?., une pièce de soie , un morce.-iu de pain ?.. c'est trop peu.
Les iiôlre.s pesaient seize cents millions et des pots-de-vin
Cach'"-"'^'"^ ' '
ez-vous
Ah! du moins, qu'on les laisse vivre... Ils ne vaincront plus : que dis-je? ils sont prêts à tir.ser eux-mêmes les rubans dont on va deVorer le sein de nos braves, humilie's de le^ avoir obtenus en combattant conti'e des frères qui demandaient du pain.
Laissez-les vivre , messieurs du 7 août , car ils ont ele grands dans le combat , et génércujc après la victoire. Quels excès avez-vousà leur reprocher? Ont-ils, comme vos exemples pouvaient les y autoriser, dclrnit des palais, dévaste des églises, renverse' des autels, abattu des croix, profane les saints mystères? Onl-ils , coname vous, encombré les prisons de suspects de toutes le> opinions, et même de leurs compagnons de révolte? Montrez-nous les trésors qu'ils ont dissipés, les emplois qu'ils ont usurpés. Les a-t-on vus, comme vous, préiérer les richesses à l'honneur? Ont-ils ravalé par leurs actes la dignité du nom français? Ont-ils fait à leurs alliés des promesses iailacieuse.s et [ erfides? Ont-ils causé le malaise dont la France entière souffre et se meurt? Non , ce n'est psas à eux qu'il fuit attribuer les malheurs de la patrie. Et si tant de voix géniiv^ent, si tant de bras soûl désœuvrés, si l'on voit des mères abandonner leurs enfaus à la charité publique par l'impossibilité de les nourrir; si chaque jour des malheureux, | oussés par le désespoir, se précipitent dans les flots, ne les accusez pas : cherchez, cherchez ailleurs les coupables!