SONT- ILS DROLES
Un bon Picai'd veut, bon gré, mal gré, que nous snehions ce qui se passe dans les Chambres ! Vainenient le public , persuadé que ces messieurs ne font que de la bouillie pour les chats, tourne rapidement le iéuillel pour arriver au chiffre qui indique la somme que nos honorables demandent pour leur peine, ou le nombre de nouveaux soldats qu il lautpour maintenir leurotig«;chie, l'obstiné Picard (i), ()Our nous forcer à prêter attention à
(1) La GazeMe ik Picardie traduit en vers les séances de» Ciiamfircs.
leurs babioles parlernentaires., met en ver-, charmaiis les scance» Momnifères des pairs et des députes. Grâces lui soient renduesf Sans lui, je ne me serais jamais doute de ce (jue font nos ci-devant seigneuries et nos soi-disint honorables; mais depuis qu'il a mis en vaudevilles toules leurs drôleries, je sais tout, j entends tout, je vois tout ce qiu se passe dans leur boutique, et j'en suis si content, que je vais tout de sviite f.iire une Lelle pétition, pour demander qu'il soit alloue, au miui^lèie de l'instruction publique, une somme suOisimle pour niettie eu mu.sique et en ballets les sc.'ues législatives si joliment riincVs par notre aimable Picard. Je ne vois que (e luoyen pour rendre vraiment populaires, et pour faire peuelier bien avant dans tous Ijs eœurs, par les yeux et par les oreilles, les admirables panlomimes du juste-miiieu.
Que! charme cJ'ailleurs , de n connaître le lourd Guizot dans un entrechat, l'assommant Dupin dans un pas de zephir , le tortueux Sëbastianidans l'imbrogl.o d'une chaîne anglaise, c te. ! Et lorsqu'enflii le ballet se lerniineia par une figure d'enseruble exécutée par tous uos ba'adins ])c!itiques, quels transports! quels tonnerres d applaudisseraens!
LES JURONS POLllIQUES.
L'on jurait bien avant la rc'volution , cv lie de 8g, s'entend, la grande , la fameuse , celle de Mirabeau » t des socie'lés populaires , et non celle de M. Guizot et des bauqu'ers. Alors les rois, les grands peisonuages avaiei;t un jui'on de famille, un juron hcre*dit?ire, comme les armoiries, comme l'ëpee d i gentilhomme; ou le fai. ail rele:)tiraux jours solennels de combats ou de carrousels, mais jamais il n'e'iait profane par la colère. Pdques- Dicu! disait Louis XI; puis Charles VIH , sou successeur, fit monter /;)flr/ey'our7?/Vu sur le trône \-^vivi>^ foi de gentilhomme, qui fut prononce' luie (bis à Pavie, et dans les fers de Charles- Quint; puis eutin le beau, 1 historiciue , le popidaire ventresaint-gris! qu'on a couië en bronze sur le Pont-Neuf. Comme tout va eu dëgëne'iant dans ce rnoude, le juion subit ie même sort; il courut les ru.es et les places publiques, avili , dégrade', sonnant aux oreilles de la brute, et prodigué dans les fume'es du vin et de la haiue ; de nos jours ou veut le réhabiliter, diton, et luidonuer hospitalité' dans les salons du ministère. «F -
moi le camp! » a dit M. Casimir Pe'rier, pour proclamer l'entrée du juron au conseil ; ooui , le juron prend place à mes côtes ; il est tombe' de la bouche des rois , celle des laquais l'a ramasse'; aujourd'hui le premier ministre s'en pare et s'en glorifie ; que ce soit la foudre dont j'e'pouvante les ventru» de la
Chambre; qu'ils jurent par mon juron favori , comme autrefois l'on jurait pnr le Styx et les paroles rlu maître; que le juron pre'side au conseil, lui donne son nerf et son énergie , et le ministère sera sauvé.... — Monseigneur, la signature vous attend. —
F -moi le camp! — Monseigneur, la Ch.nmbre rc'siste aux
resolutions que vous voulez lui impose)'. — Qu'elle me l' le
camp ! — Monseigneur, Lyon s^e révolutionne. — Que Lyon me f le camp. — Mais, monseigneur, la misère esta son comble, la France est siu- im abînîc; elle languit, elle meurt, si vous ne lui apj orlez pa-> le remède que ses mau.x exigent! — La misère' la Fiance! que voulez-vous dire .^ est-ce à l'ordre du jour? Le budget, l'impôt, voilà noire affaire; tout est là, le reste n'esl rien : que la misère et la France me f.... le camp. » On demande si la France t...ra le camp?