‹ [Les Cancans]Chapitre 58 sur 297 · LE DIVORCE · texte numérisé non relu

LE DIVORCE

Honneui" à M. de Scbonen ! il a compris les besoins de l'e'poque; il a senti que dans un t^mps où le divorce était ini fait accompli partout : dans le gouverneii.ent, avec la gloire et la prospérité nationale; dans la litk'ralure, avec le goûi elle bon sens ; dans les mœurs , avec le vieil honneur et le désintéressement de nos pères, il était temps de l'introduire dans le mariage. Honi.eiu" donc à lui ! il a donné à ce lait une sanction légiiialive. Plus de liens éternels! plus ce contrats durables! tout se brisa, tout se nivelle à la hauteur des kunières et de nos besoins; les époux se iéparenî , le> fils et les pères le pourront bientôt; les peuples et les rois, constitutionnels ou autres , n'ont entre eux qu'une liaison passagère, Iruit ou caprice, et que le caprice peut détruire. Un jour au.ssi , ce grand mot de divorce sera prononcé entre eux. La dispute est déjà dans le ménage ; ïarc-rn-ciel a beau intervenir au milieu de l'orage domestique, il n'est pas probable qu'il fasse cesser la tempête, et se taiie la foudre qui gronde dans le lointain

Oui , l'application de la loi-Schonen sera générale et univers-3lle; mais un seul divorce n'aura jamais lieu tant que le justemilieu sera au pouvoir c'est celui de la Fiance avec la

misère.

Arrêtez ! arrêtez ! empoignez-moi ce grand conspirateur ; vite, M= Persil! un mandat d'amener contre lui : il n'y a pas de temps à perdre. Et vous, petit Gisquet, où êtes-vous donc? Accourez, laissez- là vos pols-de-vin : il s'agit bien d'autre chose, ma foi,.. Il s'agit de votre pKice ; il s'agit de tout le juste-milieu d'un coup. Allons , alloiis , que vos gendarnx» y

vos assommeiirs , vos rnouchaiils se lèvent; que tout ce que vous avez de cacliot-. disponibles s'ouvre. Geôliers, bourreaux, valets de bourreaux, alerte! une potence, un carcan, des poucetles... Ah ! si Vidoc était là ! il aurait bientôt fait de courir sus, et de lapprchender au collet. Mais ce n'est pas une raison pour le laisser échapper... Courez donc, dcpêchez-vous.v.

Ah! enhn , le voilà, nous le tenons Approche, scélérat de

conspirateur i approche, misérable carliste. C'est donc toi qui prétends renverser du trône le meilleur des rois bourgeois? Ah ! ah ! c'est encore toi qui révoltes les canuts et qui cause la misère du peuple! Réponds, iidâine , comment t'appeiles-tii? — Comment je m'appelle? je m'appelle L'IMPOT ! ! !

^% Vous ne cessez de me dire que l'ouvrage ne va pas, et cependant je vois une quantité de gens qui n'en peu vent phis de veilles et de fatigue. — Où donc ça? — Tenez, regardez. — Ahl parbleu, ce iont des gendarmes qui arrêtent des suspects, des commissaires qui saisissent, des huissiers qui assignent de malheureux débiteurs, des crieurs qui vendent des meubles en place publique , des commis qui enregistrent des faillites, des procureurs du roi qui requièrent , des geôliers qui ouvrent des cachots, des mouchards qui épient, des bourreaux qui marquent et des tambours qui rappellent. — Ne sont- ils pas bien occupes tous ces gens-là . — C'est juste.

^'^^ Mirabeau, sur son lit de mort, disait : o II ne me reste plus qu'à me couronner de fleurs ; » le préfet Dumolart dit aux Lyonnais : « Revêtez vos habits de fêles. »

^% On dit qu'on n'a rien crie'. — Pardonnez-moi , on a crie' à bas! — Pourquoi, je vous le demande, crier à bas! à des gens qui sont loiijours sur le ventre?

^% Un L de plus, et l'affaire des canus eût été à peu près de la compe'tence du général Mouton.

^*^ On assure que dimanche dernier, entre neuf et dix heures du scir, un homme, à la barrière de Sèvres, a crié : P^ive Louis-Philippe ! Cela mériie confirmation.

^% Peu a peu tout se découvre : on sait maintenant, à n'en pouvoir douter, que c'est la police qui nous a fait assommer. Uu peu de patience, ei l'on connaîtra les assassins du duc de Bourbon , les incendiaires de 1829 , les démolisseurs en cliefàe l'Archevêché et de Saint-Gerraaiu , les voleurs de médailles, etc., etc. , etc.

^.'^^ On dit que le général Delort a demandé cun congé zà la Chambre', et a /été prendre le commandement de sa division, zalin de sauver ^encore un eonp la France.

^*^ On annonce M. de Gaspan'n. — Est-ce le régicide? — Non, il est mort; c'est son fils. — Vite, une préfecture. — 11 l'a. — Que veut-il donc? — De l'avancement. — Qu'a-t-il fait.' — Il a menti officiellement pour soulever les passions populaires contre les royalistes. — Qu'on lui doime une seconde préfecture plus imporlanîe que la première ; il cumulera par l'ntcri-ni' On ne saurait trop taire pour récompenser un zèle si honorable.

^^ Vive l'egalitc! maintenant un chifFonnier peut devenir pair de France, comme on sait; un valet peut aussi se faire marquis , comte, voire même duc , et le petit-fils d'un cocher peut aller beaucoup plus loin.

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