‹ [Les Cancans]Chapitre 59 sur 297 · PÉTITION AU JUSTE-MILIEU · texte numérisé non relu

PÉTITION AU JUSTE-MILIEU

Air : Daignez m'épargner le reste.

Grand juste-milieu, mon be'ros, Astre de gloire et de puissance, wSuspends un peu les grat.ds travaux , Et laisse respirer la France.

Trop de biens, sur elle entas.se's, Produiraient (|ue!(jue effet funeste.

Grâce ! grâce ! c'en c^t asssz ; Daigne nous épargner le reste.

Depuis que tu vis de la paix , Ta face est rouge et rebondie , Ton teint me semble bien plus frais Et ta boiuse plus arrondie.

Ce budget, lourd aux estomacs, Mon fils , ne t'est pas indige-.le.

Ah ! quand tu seras assez gras.

Daigne nous épargner le reste.

On dit qu'un jour tu fus vnillant , Vaillant autant que don Quichotte; Qu'à l'aile d'un moulin à vent Tu fus pendu j)ar la culotte.

Dès lors, dégoûté des exploits

Tu rougis !... ah ! c'est trop modeste; Ta culotte y resta , je crois ?

Daigne nous raconter le reste.

L'étranger granrlit tous les jours , Aux dépens de notre puissance; Devant lui, tu gardes toujours Le cha[K!au bas et le silence.

Il veut, il flemande beaucoup, Et tii te rends ;iu moindre geste :

Pent-ctre, quand il aura tout, Que tu sauvas garder le reste.

A Lyon , les pnuvres canuls.

Four devenir tes camarades , l'endsnt trois jours se sont battus Stu' d'hc'roïq.iei barricades :

Ils comptaient sur un peu de pain ; Ils n'ont reçu qu'nn nianiCe^te.

Hëias ! pu!r,qu'ils mourront de faim , Daigne leur épargner le reste.

Si tu crains que le sort ja'o'ix Nous force, un jour, à t'econdnire, f- reviens noire ju.^ie courroux; Va-t'en sans te le faire dire.

De tout ce que tu nous promis On le tient qiiitie, je l'atteste; Emmène avec; toi tes amis , Pour nous débarrasser du reste.

AVIS

Quelques personnes, justement rn ••'contentes de recevoir mes écrits par la prtsle et sous le couvert de l'anonyme , et m'attribuant sans doute cette démarche inconvenante, se sont erapresse'es de me les renvoyer par la même voie.

Je (lois leur déclarer que je ne suis pas l'auteur de ces lettres anonymes; j'ai toujours tenu à honneMi de signer mes écrits, tant publics que particuliers , car je méprise l'homme qui craint ou roiigil de se nommer.

A l'avenir, je ne recevrai que les lettres affranchies.

BERARD, auteur et éditeur, rue de Sèvres, n° 94.

Se vend chez Martin , rue de Richelieu , n° 63 ; au Cabinet littéraire de M""*^ Henri, Palai>- royal, galerie d'Orléans, n° 197, côLé du jardm ; au Cabinet de corre>pondance des journaux, place de la Bourse, n" 9; et chez les principaux libraires et cabinets littéraires de Pari- et des provinces.

Impiimerie le G.-A Dektd, rue d'Erfurth, n° 1 bis.

IMPERTURBALES.

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