LE CHAPERON BOUGE
Approchez, mesenfans, je vais vous raconter une histoire mervei lieuse et véritable qiîi s'est passée il n'y a pas long-lemps.Elle vessemï^le à un viens conte que vous connaissez tous. Ainsj j'espère que vous n'aurez pas peur comme le petit Casimir, qui tremble toujours :
Il était une fois un Grand-Papa, surnommé le héros des deux mondes, qui ayant beaucoup d'enfans et petits-enfans , mit sur la têle de chacun d'eux un petit chaperon rouga, afin de les distinguer de plus loin, c.îr il avait la vue très-courte. Or un \t)ur f! les envoya chercher leui* \neille grand'mèrc (L'BERTE
BEPUBLÏCAINE), qui clait i entrée tlaiis son repaire Icnt'brciix depuis vingl-ciii([ ans. Vous savez tous ce fjui se passa dans leur voyage, qui duia trois jours. Vous vous rappelez sans '.'oiite aussi qu'ils rencontrèrent un monstre rampant à mille Ictes voraces, qui , après les avoir flatte's pour mieux les attirer dans le pie'ge , les devança au repaire de leur gvand'mère , ht croqua d'ime seule bouchi'e , et se revêtit aussitôt des habits tricolores de la défunte. Mainîenant donc voici les chaperons rouges qui arrivent , et fraj;pent à la porte de celle qu'ils croient leur grand'raère. Le monstre , d'une voix hypocrite , leur demande par le trou de la serrure : Qui va ià ! — Ce sont vos enfans, Mère- Liberté' , les petits chapeions rouges qui viennent se réjouir avec vous. La porte s'ouvre aussitôt, et voilà les enlims crédules qui sautent au cou delà fausse grand mère, qui s était retirée dans la partie la plus obscure de l'antre poin* mieux les tromper. Mais tout à coup l'un d'eux lui dit : Oh ! ma grand'mère, que vous avez de grands bres ! — < '.'est pour mieux vous empoigner, mon entant. — 01»! ma giand'mère , reprit un autre, que vous avez de grandes oreilles ! — C'e^t pour mieux entendre les conspirations et frapper à temps, mon enfant. — Untroisiènie ajouta : Oh! ma grai.d'mcre, que vous avez de grands yeux! — C'est pour mieux vous espionner, mon enfant. — Oh! ma grand'mère, que vous avez ime grande langue î dit le quatrième. — C'est pour mieux tromper, mon enfant. — Alors un autre osa lui dire : Oh ! ma mère-grand'mère que vous avez une grande bouche! — C'est pour mieux avaler les budgets, mon enfant. — Enfin le phis hardi s'e'cria : Oh I ma grand'mère, que vous avez de grandes dents! — C'est pom" mieux vous de'vorer, mon enf&nt; et en disant cela, le monstre se jeta sur les chaperons rouges , et les mit net en pièces.