AVEZ-VOUS RÊVÉ CHIEN? AVEZ-VOUS RÊVÉ CHAT
Ce soir là M. Vivien s'etail couché de bonne heure.
La joui'no'e av;iit éltf excellente; il y avait eu beaucoup de dénonciations, quantité d'arrestations claiideslines, tons les nrionchards s'étaient dialinguJs, et les prisons delà prélechire étaient au grand complet.
Aussi se disail-il en niellant son bonset de nuit : « On neut dormir en paix cpiand on a faille bien. »... Admirable rédexion! Le sommeil du juste! c'est cela!... Eh bien, il se trompait, car à peine avait-il fernu' l'œil, qu'un cauchemar épo-uvantable s'empara de ses sens, et vint jeter la lerreur dans son esprit!
Il lui semblait que dix-huit millions de parapluies, d'ombrelles, de cannes à dard, de bambous, de sarbacannes dansaient la gavotte autour de lui, et le pressaient galamment de prendre part au divertissement.
D'abord il fait une horrible grim ice, et s'excuse sur ce qu'il ne sait pas danser. Mais ime jeune houssine de la compagnie s'avance, et bon gré mjl gré le force à déguerpir du lit , et à prendre place au bal... Il en était à son troisième entrechat, quand son valet de chambre, réveille en sin>3Ut, accourut. Vous hgurez-vous l'ctonnement de ce fidèle serviteui' à la vue de son cher maître exécutant une gavotte? D'abonI il pense que c'e:^l peut-être ime répétition, et qu'incessamment il y aura bal à la cour ; mais son illusion se dissipe bientôt à la vue des gan)bades et descabriole^ démesurées de son maître. Le pauvre homme se perd dans ses conjectures. M. le préfet e^t-ii devenu fou ? Est-il sous l'influence de queLpie songe libéial qui l'agite , ou de quelque lulin du mouvement, qui le force à agir contre son opinion? Dans tous les cas, se dit-il, cela ressemble fort à une peti e émeute intestine; or, je connais ua remède contre les émeutes... Cela dit, il s'arma d'un énorme clysoir rempli d'eau filtrée, et voulant amener la chose à bien, il proiiteadroitement d'un moraentoù le danseur exécute ime figure favorable à rexécution , et zeste, il lui adîninislre la lotion Lobeaii sans en perdre une seide goutte.
L'efiét fut aussi prompt que salutaire; le somnambule, atteint dans sa partie la plus scu->ible, po.issi un cri auquel le valet sournois répondit [lav ces mo'.s : J^ive le juste milieu ! pardon de la liberté grande.
a Vous avez nu bon roi, disent-ils à ceux qu'ils veulent con- « vertir, r.n honnête honmie de loi , pourquoi ne l'aimeriez- « vous pas? C'cil un devoir^ après tout; il faut l'aimer, et puis,
« n'êtes-vons pas Français? Ah! qu'il est beau d'ctre Frau-
« çais! son pays avant tout ! En conscience, vous lui devez le s.i-
«< crifice de votre op'nion. Allons, mellez-y du vôtre : nous « comptons sur vos principes, sur votre patriotisme
Oh! n'achevez pas, c'e-t trop fort, niessieurs les come'dJeiis, un peu de pudeur i songez qu'il n'y a guère phi.s d'un an que TOUS nous prêchiez la rc'volte 1 ! !
La guerre d'Alger fut un coup de maître'
La cause e'tait un couj^ d'éventail.
Bientôt la France changea comme un coup de théâtre.
Et cela pour un coup d'état.
lMai>i l'Ang'eterre nous pre'pare un coup de jarnac.
Le roi de Hollande vient de faire un coup de tête.
Sa victoire est un coup de main.
Le'opold tira pourtant un coup de canon.
Qui lui servit comme un coup de vent.
La Russie frappe un coup de foudre,
La pauvre Pologne attend un coup de grâce.
Pour moi qui jette un coup d'œil.
Je vois bien qu'on nous re'serve un coupfouré.
Qui donc nous sauvera ? un coup du ciel.
Le Thiers de la Chambre des de'putes vaut-il un homme ordinaire ?
H y a trop de perruques dans la Chambre hau'e, il nous faut maintenant des pairs verds.
La me'decine re'trograde , on revient aux vieilles drogues.
Le ministère marchca puisqu'on chante partout ça ira.
La f)erruque de M. de Se'monvilie a cte' volc'e hier soir, la police est sur ses traces.
Le gouvernement alie'ne les forêts de l'Etal, nous savons bien de quel bois il se chauffe.
Si le gOMvernement se di'ienninnit à n'avoir pins qu'une chumbre, j e>pt're bien qu'il dimiMuerait son loyer.
Je ne m'ttonne pas si Vidoc fait des merveilles dans la Ven> de'i', on lui a donne carte blanche.
LE CHOLËRA-MORBUS.
Maintenant , c'est le cholera-morbus qui apparaît , f|!ii , pour montrer ce qu'il snit faire, sème 5o millions de cadavres entre rindc , oïl il a pris naissance, et le pays que nous habitons. Sa marche (inièbre, lente et progressive, laisse à l'homme le temps de rc'ilcchir, il semble dire : Je m'arrêterai si vous vous corrigez....
J.e choli'ra-morlîus aime surfout les champs de bataille , il va de l'un à l'antie, il s'y complaît , il s'y nourrit.
C'est de l'cgalité qu'on demande, on en aura, le chole'ra donnera celle des tombeaux : toi qui veux être souverain , qui crois en avoir canquis la puissance, chef ou satellite de la rc'volle , toi qui provoquas par ton exeniple celte guerre de l'Orient à la(juel!e la contagion de l'Occident sera due, viens avec moi dans ta maisoi! ; là est la récompense : vois-tu ton vieux, père expirant ? C'e>t toti ouvrage ; entends-tu les cris «le'chirans d'une épouse atlorc'e ? c'est ton ouvrage ; tu comptes, c'est le dernier de tes enfans, il paie de sa vie ta coupable extravagance! sois libre maintenant, jouis de Ion indépendance! oh! race inibrtimée, mallieureux peu|>Ie que nous sommes, faut-il que tant d'orgiieil !.... Nos vieilles lois, nos vieux maîtres, nos vieilles habitudes nous eussent proservcs; mais rien de tout, cela
Ce carliste le prend bien au sérieux. J les entendre , nous devrions le choléra-morbus à la révolution de juillet, dont celle de la Pologne J'ut le résultat. « Car, disent-ils , sans la révolte des Polonais , les Russes n'eussent pas apporté de l'Asie ce terrible fléau sur les bords de la f^istule, d'oiL les grandes années que nécessite V effervescence révolutionnaire le répandront infailliblement par toute l'Europe.