‹ [Les Cancans]Chapitre 84 sur 297 · LE VAMPIRE · texte numérisé non relu

LE VAMPIRE

Le 4 janvier, avant le jour, quatre recors et un commissaire se présentent rue de la Sourdière , n° i c . Ils frappent à la porte. La maîtresse du logis, effrayée, se jette en bas du lit , et leur ouvre.

«Madame, nous venons arrêter votre mari, accust; d'embauchage.

— Messieurs , mon mari n'est pins ici.

— Ah ! il s'est donc évade , le coquin ; où est-il ?

— Hélas ! messieurs , bien loin d'ici !

— Oli! oh ! la police l'aura bientôt rejoint !

— Que n'y est-elte déjà !

— Comment ! vous le désirez ?

— Oui, messieurs, de tout mon cœur.

— Eii ce cas , conduisez-nous ver-: lui.

— Je ne demande pns mieux , car il me tardait de l'aller voir Cependant , perroettez-tnoi de ra'habiller convenablement pour une telle cBtrevue. (La dame passe dans un cabinet, et reparaît bientôt en grand demi , avec la triste coiffure de la veuve.) Allons , messieurs , je suis prête , suivez moi.

— Où donc? reprend le commissaire inquiet.

— Au Père-Lachaise !

— Il est donc mort ?

— Oui , messieurs , depuis quatre mois ; et la veuve ajouta , en versant un torrent de larmes : J'ai cru que, lassé de déchirer les vivans, le juste-milieu avait résolu de ^'attacher aux morts...» Le commissaire interdit balbutia quelques excuses, et retourna promptement vers Gisquet, pour lui apprendre que la mort , rivalisant de zèle avec lui, lui disputait ses victimes.

[Histoncjuc.)

Qu'est-ce qu'une saisie de pamphlet, auprès dei autres attentats du pouvoir? Qu'est-ce qu'une saisie des Cancans encore ? Oh! rien , rien , une légère s.ntisfaction du procureur du roi , nnG. habitude de commissaire de prî'rc ; u;^ enil>arras de plus

pour le juge d'irtslruction , Iraletant cldjà sou^ le poifls des procôs qui surprissent de lonles parts. Une saisie est la moindre des choses aiijourd'lmi ; il fant faire eft'ort pour en parier, même quand elle est ricconipnpne'f; decirronstances aggravantes, comme cette dernière , q'ii était ordonnce à la poste long-temps avant l'impression. Passons-la donc sous silence; mais notons, pour l'cdification de In France , que la poste n'est plus désormais qu'une division dé la préfecture de police, qu'elle obe'it à Gisquet, qu'elle livre aux mouchards les dépôts de confiance.

Bien, très-bieu , messieurs, arrêtez les Cancans! surtout attendez que le timbre et !e port soient pay<'s; c'est toujours autant de pris. Mais ne croyez jias po(U- cela sevrer la France des écrits qui lui plai-enl ; ne croyez pas pour cela qu'elle ne lira plus que vos feuilles ministérielles, insipides et slipendi('es : non, non , rien n'y fera ; la France veut des Cancans, elle en aura î

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