RENDEZ -MOI MA PART
Ma foi, que ceux qui ont nomme' Louis-Philippe, le gardent, je ne demande pas mieux. Qu'ils lui abandonnent leur pai l de souveraineté, qu'Us lui paient de grosses contributions, si cela les amuse; qu ils se de'clareut ses petits sujets, si le copui' leur en dit, je m'en moque ; pour moi, qui n'ai participe' en rien à sa nomination , je ne vois pas poiuquoi je serais oblige' de lui gagner sa vie , je ne vois pas pourquoi , ime fois qu'il reste bien prouve' que je ne lui ai pas donne ma voix, je ne réclamerais pas ma 33 millionième part de trône populaire et autres accessoires dont il jouit à mon détriment.
Ah! si le commerce allait, si les temps nVt lient pas si durs, je ne dis pas; j'aurais pu me donner la satisfaction d'avoir fait lui roi. C'est toujours agrc'able de pouvoir dire à ses amis : c'est moi qui l'ai mis là, c'est mon ouvrage; mais, aujourd hui, on y regarde à deux fois, le ne'ccssaire doit passer avant tout, et puis, d'un autre côte', pas la j)lus petite reconnaissance; il agit en toutcomme s'il ne me devait rien. Il a dans sa manche un nomme Persil , un nomme' Gisquet , (jui sont constamment à mes trousses, l'un, pour s'emparer de mes cancans , el l'autre, de ma ])ersoniie, toujours sous le prétexte que j'insulte à la majesté citoyenne, comme si celte majeslc-ià n'était pas repartie sur chacun de nous en particulier. Mais je \iks où ces Messieurs voudraient en venir; ils trouveraient commode de m'evincer pour les aIF.iires faciles et lucratives. Mais ils feraient un bon gros roi , de petits princes, diverses princesses i ils donneraient des bals, des festins, tout cela sans ma participation; on ne m'appellerait que les jours du paiement et dans les grands dangers; ces jours-là on me dirait : homme-souverain, la patrie réclame ton bras et ton argent. Votre serviteur, pas si béte ; je veux être de tout ou de rien , et comme le tout n'est pas grand chose, je me relire, je reprends ma part, et redeviens ^ouveraln et monaruue, je ferai la paix ou la guei le quaiul bon inc semblera ; la paix, {{uand elle sera honorable; la gnerre', quand elfe sera juste. Par exemple, aujourd'hui, \c suis en ;^ucrre
ouverte avec M. Giscjuet ; j'ai mênje ëpi'ouve' des ccliecs, mais je ne suis pa-. vaincu ; je n'aî pas fui, j'ai ce'dc au nombre, et, chose étonnante , c'est encore lui qui m'a fait proposer la paix. Mais je lai refuse'e en monarque h'gitime, c'est-à-diie , la li'.le hante. Non, non, [)oint de paix avec Gisquet ; c'est un fbrljau
3ui ui'a pris en tr.ûtre , cjui a fait le si 'ge de ma capitale penaiit la nuit, et m'a sai4 sur mon trône, au n)ilieu de la reine et des enfans de France, et entoure de mes fidèles serviteurs, mon cliien et mon chat, qui, he'las ! ne pouvaient rien pour ma dcl'en^e. N'iniporte , j'ai nomme une re;;ence à mon fils , qui n'a que douze ans, et lesalïairesdu royaume n'eu vont que mieux. Tout prospère, le commerce refleurit, les fonds montent , la liste civile se re'duit presqu'à rien , plus de courtisans à ma table , la rcgente n'entend pas raison là-dessus. Enfin ça va si bien da:is mon petit royaume , que j'ai peur que l'envie n'eu prenne aux autres.
«En travaux nou-» commençons tout, et nous n'achevons « rien, a dit le sauveur Diipiu, dans la séance du lo janvier; « et, à l'exception du Palais-Royal, je ae vois rien d'achevé. »
Eh bien! monsieur l'avocat, je n.i pense pas du tout comme vous ; je vois, au conîraiie , beaucoup de choses qui sont achevées, et qui , par ma foi, méritaient bien de l'être.
La [première qui me santé aux yeux , c'est La royauté' citoyenne. J'espère, maître i3upin, que vous ne me conteslei'ez pas cellelà ? à moins qne pur pudeur, car vous y avez mis la main, vous ne voulussiez vous eu excuser.
La seconde qui me sauie encore aux yeux, c'est la liste civile. Ah ! j'espère qu'elle est joliment achevée, et qu'on n'y ajoutera plus rien
La troisième, c'est la chambre des pairs; la dernière fournée l'a aclieve'e, ou je ne m'y connais plus. Mais, où diable aviezvous donc les yeux. Monsieur Dupin? plus je vais, et plus je découvre de fini et de perfection dans les œuvres du juste-milieu. Osez dire , par exemple , que la gloire et la prospérité' de la France ne sont pas achevées? niez, si vous le pouvez, (jue nos relations amicales avec les puissances ne sont pis entièrement finies? Je conçois que dans^votre ardent désir d'e'difier, vous vous laissiez aller à ia peine, en voyant ce malheureux fosse des Tuileries qui n'en finit pas de profondeur. Je comprends encore vos regrets à l'aspect d'un budget qui ne s'élève pas autant que vous pouvez le dcsirer ; mais tranquillisez-vous, nous en verrons heureusement la fin. Tenez , il y a dans le ministère dû i3 mar^ un homme adroit qui a , je crois, mission de tout terminer. Pour moi , je l'en crois ti ès-capabie . c'est même au point que si le monde n'était pas fini , il me semble qu'il pourrait bien finir dans ses mains.
Bigarrures.
^*^^L Gisquet, eu signant les mandats d'arrealalion , s'cj^ trouve' tout à coirp arrêté par la peur.
* M. Gisqnet nie que la conspiration des tours soit l'œuvre de ses mains. ... Il est manchot !
* La police fait tout avec des-tours.
^*^ Il y ama de-; poignards dans noire ^ra7ir/f-ro?^T^/><7//o//, car plusieurs des agens qui sont venus nous arrêter en avaient sous L'urs gilets. {Hislorique.)
^% Les commissaires avaient surtout l'ordre de saisir le> pièces d'argent suspectes... . Les malins!
^% On assure qu'on a vole' ^\o millions à la banque. On ne dit pas s'il v a eu quelqu'un de pendu dans cette alFaire là.
^^ La France a beau rouler dans l'ab'ime , il v a toujours quelqu'un qui dit : Foueltc cocher.
^^ Le nœud de la cravate du prince de Conde n'ëlait pas le nœud Gordien ; la France l'a eu bientôt de'lie'.
^*^ S'il fallait en croire les !64 qui ont signe' la fameuse protestation, et bien d'autres aussi, Louis-Philippe serait roi sans sujets! — Pas possiMe? Ecoulons.... Quelqu'un dit-il le contraire?.... — Oui, certes, tous ceux qu'il paie.
j*^ Les bons offices de M""® la duchesse de Berri auprès du duc de Bourbon, bien ) -lus encore que les honteuses intrigues auprès de
jyjme fief ^ ont y;,|^, g,, jjis du duc d Oric'ans le riche he'ii-
tage des Cond('s. En même temps les menées revolutionnaii es du duc d Orléans ont valu à la duchesse de Eerriet à son fils i'exil , et la confiscation de ses droits heVt'ilitaires.
Nous voudrions savoir comment nous y prendre pour dire, sans nous compromettre, ce qu'ont Vcdu au duc de Bourbon luimême , les libéralités de son te^iament.
^*^ Bridoison (i) , ou le Journal des Gobe-Mouches , tel est le titre piquant d'im écrit périodique qui vient de paraître.
Les auteurs s'adressent à tme classe si nombreuse par le temps qui court, qu'il faudrait uicltrc fkux chevaux de plus à la mallc"posle pour servir leurs abonnes, si ce journal devenait réellement celui des gobe-mouclies.
Ils sont presque tous dans le^i filets du Constitutionnel^ du Messager Ou des Débats ; ils ne pourront de long- temps s'en dépêtrer. C'est là qu'ils se mirent, qu'ils se com[ilp,ibent. Je conseille à liridoison de cherclier autre part des abonnes : il est digne d'en trouver dans une autre c!;isse de leeteui-s.
Air ; Mon galoubet-
Arrêtez donc ! arrêtez donc !
Criait Gisquet avec malice :
C'est uive conspiration.
(1) Rue Notre Dame-iles-Vicloires, n"36, etchez Dentb, au Palais- Royal.
Oui, mais, messieurs de la police, Quand loule la France est complice , Arrêtez donc ! arrêtez donc ! (ùis.)
Arrêtez donc ! arrêtez donc !
Au ministre prêtez main forte.
On enlève. Dieu! quel affront!
Le tlrapeau cjui brille à sa porte.
Oui, mais, c'est le vent qui l'emporte.
Arrêtez donc! arrêtez donc! {/hs.)
Arrêtez donc! arrêtez donc!
Vous ferez une boucherie ,
Belges, votre ardeur me confond;
Louvain paraît; plus de furie,
Et c'est Guillaume qui vous crie :
Arrêtez donc! arrêtez doue! [ùis.)
Arrêtez donc ! arrêtez donc !
Députes , vous plongez la France
Dans l'abîme le plus profond.
Ali roi , que votre voix encense ,
Vous votez l'or de l'indigence :
Arrêtez donc! arrêtez donc! {bis.)
Arrêtez donc ! arrêtez donc !
Sujets! Non, ce titre nous blesse;
Sacbez qu'il n'est plus de saison.
On put le porter sans bassesse
Quand votre roi n'était qu'allasse.
Arrêtez donc! arrêtez donc! ]j [ùis.)
Arrêtez donc ! arrêtez donc !
Ce maitrii fripon qui se joue
Avec l'crr qu'il puise à .^oison.
Son char trop plein rompt sur la roue ;
Le voilà lornbê dans la boue :
Arrêtez donc! arrêtez donc! [ùis.)
Arrêtez donc ! arrêtez donc !
Llordre qui règne à Varsovie
Et l'ordre qui règne à Lyon.
Arrêtez la foudre ennemie
Qui vient ravager la patrie.
Arrêtez donc ! arrêtez donc ! [bis.)
Arrêtez donc ! arrêtez donc !
Vains efforts, il fuit notre plage ,
L'enfaKt qui porte un si beau nom.
S'il repasse près du rivage,
Crions-lui bien fort , au passage :
Arrêtez donc! arrêtez donc! [bis.)
BER ARD , nuleur et éditeur, à Sainte-Pclaçrie.
Impiimciio do G.-.\. DEî.rt;, rue d'Lifuitli, n*^ 1 bis.